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Soldats bleus

par Pierre Loti

( Livre )
Table Ronde
312 p., 20.58 euros

ISBN : 2710308711

Le journal intime de Pierre Loti 1914-1918

1914 : Au tout début de la guerre, le capitaine de Vaisseau Pierre Loti, Académicien, écrivain célèbre vient d'être placé en retraite par le Ministère des Armés. Il exige sa mobilisation et son envoi au front. Officier de liaison, il parcourt la Marne, la Champagne, rencontre les poilus mais aussi tous les généraux;témoigne. Il découvre les villes sinistrées Reims, Bourges, raconte dans son style à la fois précis et épique l'horreur de la guerre. Mais en même temps, Loti continue à mener une vie mondaine dans les salons parisiens, voyage en Italie, passe des journées avec la Duse, l'Égérie italienne de la Belle Époque. Enfin, ce journal de guerre est aussi et surtout un journal intime où Loti laisse affleurer son éternelle mélancolie et nostalgie. Un Loti totalement inédit qui couvre toute la période 1914 - 1918. D'Ores et déjà considéré par les historiens comme la famille s'opposait à sa publication laquelle illustrée avec bande : inédit l'un des derniers grands témoignages littéraires de cette époque.


« Ce titre, Soldats bleus, pour les pages inédites de mon journal intime tenu entre 1914 et 1918, pages auxquelles sont joints certains de mes reportages de guerre parus dans 'L'Illustration', n'est pas de moi, mais il a la couleur des uniformes apparus en 1915, la couleur des hortensias, celle de la célèbre frontière vosgienne, celle de mon éternelle nostalgie; c'est malheureusement aussi "le bleu dont on meurt", pour reprendre le titre que des femmes turques avaient suggéré pour mon roman Les Désenchantées. J'étais à la retraite comme capitaine de vaisseau, depuis 1910, quand le conflit commença. J'ai immédiatement voulu mettre mon épée et ma plume au service de la France ; ce ne fut pas facile : on n'avait pas besoin dans les tranchées d'un marin, fût-il académicien, dira Pétain ! D'abord officier de liaison auprès du général Gallieni à Paris, j'ai ensuite beaucoup circulé sur les fronts du Nord, de Champagne, de la Somme jusque en Alsace reconquise, et même en Italie où j'ai vu dans les Dolomites les premiers téléphériques, ainsi que Venise en tenue de guerre. Mon journal, c'est tout cela : les tranchées, les blessés, les cimetières, les anonymes soldats bleus autant que les puissants de l'Élysée ou du Grand Quartier général, les femmes aussi, courageuses, et le bilan d'une vie pleine d'amours et de voyages. C'est l'arrière aussi : Paris, d'où j'ai négocié en secret mais sans succès avec les Turcs pour les ramener dans notre camp; Rochefort lors des retours dans ma maison orientale ; Hendaye et mon cher Pays basque. Au moment où j'arrêtai définitivement mon journal dans l'été 1918, un journaliste écrivit : "Un jour, les peuples ivres, les troupeaux glorieux, auront fini leur sabbat. L'Europe ne sera plus, sous le ciel, qu'une blessure immensément humaine. (...) Alors M. Pierre Loti rentrera dans cette maison de Rochefort où il est né. (...) Pour s'être penché sur le plus épouvantable sacrifice que les hommes aient jamais consenti à des hommes, pour avoir vu et respiré la plus énorme guerre qui ait pourvu à réduire et à fausser leurs destinées, il sera triste, beaucoup plus triste, et comme royalement triste"... » (Pierre Loti)

Édition établie par Alain Quella-Villéger et Bruno Vercier

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