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Le pois chiche

par Robert Bistolfi, Farouk Mardam-Bey

( Livre )
Actes Sud
1999, 90 p., 10.5 euros

Collection : Chroniques du potager - ISBN~: 2742724990


L'histoire d'un légume en même temps qu'un livre de recettes de cuisine de Tunisie, Grèce, Andalousie, Marseille...

De Platon à Sartre, en passant par Pline et Pétrone, Hâroun al-Rachîd et Charlemagne, Avicenne et Ysacus, Boccace et Rabelais, Georges de La Tour et Mistral, ce sont plus de vingt siècles de l'histoire de l'humanité qui sont ici évoqués en fonction de leur rapport à la plus modeste des Légumineuses : le pois chiche. Le lecteur saura enfin tout ce qu'il a toujours voulu savoir, et même davantage, sur le Cicer arietinum, ses origines méditerranéennes, ses pérégrinations, sa culture, sa valeur nutritionnelle, ses usages médicinaux, les événements historiques qu'il évoque, sa présence dans la littérature et l'art... Une bonne centaine de recettes, glanées autour de la Méditerranée, mais aussi en Iran et en Inde, lui sont ensuite proposées, avec des commentaires alliant érudition et humour.

« Depuis la recherche de l’apparition du pois chiche quelque part en Méditerranée orientale, ils le suivent dans ses voyages à travers le temps et l’espace qui lui ont ainsi donné ses multiples noms comme par exemple : her-bak dans l’Égypte pharaonique, channa en indien, garbanzo en castillan, himmas en arabe, cece en italien, hiyoko-mame en japonais, txitxirio en basque... Bref, parti de Méditerranée, on le retrouve progressivement à peu près partout sur la planète avec une histoire assez mouvementée.

À certains moments, il s’impose ainsi comme l’ingrédient majeur de potions magiques aux vertus les plus diverses : ainsi pour Ishaq ibn ‘Imrân (le grand médecin bagdadien du Xe siècle) "il accroît le sang et fortifie le corps tout entier". Pour Galien, Avicenne et quelques autres, il serait diurétique, calmant, anti-rhumatismal, vermifuge entre autres vertus curatives. Et, bien entendu, aphrodisiaque, comme le rapporte le botaniste arabe du XIIIe siècle Ibn al-Baytâr citant Oribase (qui, au IVe siècle, sous l’empereur Julien, rassembla les écrits des anciens médecins). Et comme le disent très justement nos auteurs : "La vérification empirique du bien-fondé des affirmations d’Oribase reste à la portée de tout un chacun"...

Par la suite, ici ou là, son prestige décline au point de le retrouver comme symbole un peu pataud des petits travers humains dans des proverbes qui, par exemple, expriment la surdité "Avoir un pois chiche dans les oreilles", l’agitation "Monter et descendre comme des pois chiches dans la marmite", ou encore l’ivrognerie "Être comme un pois chiche cuit"....
Et puis, ailleurs à d’autres moments, il revient en force pour devenir incontournable dans d’innombrables recettes de cuisine. » (extrait d'un article de Jean-Paul Chagnollaud, Confluence Méditerranée)

 
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