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Au pays des poissons captifs : Une enfance turque

par Nedim Gürsel

( Livre )
Bleu autour
Collection D'un lieu l'autre
Langue d'origine : turc
Traduit par Esther Heboyan
2004, 230 p., 18 euros

L'écrivain raconte le retour au pays des « poissons captifs », Balikesir, la ville turque de son enfance. Retour, aussi, sur lui-même via les autres lieux où s'inscrivent son histoire et celle de sa famille, à commencer par Istanbul et Paris, aujourd'hui son port d'attache. Et retour sur son œuvre, abondante et régulièrement traduite en français (pour l'essentiel aux éditions du Seuil), qui le place dans le cercle fermé des écrivains turcs d'audience internationale. Un texte intime qui, par petites touches, donne de la Turquie moderne une vision de l'intérieur.

« L'écriture n'est peut-être qu'une illusion. Mais c'est aussi une manière de sauter dans le vide, de défier la mort, surtout si les mots sont devenus une partie intégrante de votre être, une substance indispensable à votre vie, votre univers inéluctable en fait. Néanmoins, on ne peut vaincre la mort ni en donnant la vie à un enfant ni en traçant des mots sur la page blanche. Tout au plus, on peut soit procréer - en ce qui me concerne, j'ai une petite fille de neuf ans qui s'appelle Leyla comme ma mère - soit créer un monde imaginaire. Les enfants, au fil des ans, deviennent grands et, nul doute, beaux. Il en sera de même pour ma fille. Les mots, eux, un beau jour, s'éparpillent au gré des pages qui se dispersent au vent. » (l'auteur)

« Une absence peut décider d'une vie. La disparition de ses parents a créé un manque irréparable. Si Gürsel est exilé, c'est non seulement parce que les militaires turcs n'apprécient que modérément ses écrits, mais parce qu'il n'y a pas de retour possible. Il ne sera plus jamais chez lui. Toutes les maisons sont vides, les vrais voyages sont souvenirs et la mort s'amuse à le poursuivre avec insistance. Les phrases de ses livres se développent dans un univers de silence et de regret où le père disparu ressuscite sous les traits de différents personnages. L'écriture est aussi, parfois, une fidélité. » (extrait d’un article de Daniel Rondeau, L’Express, 21 juin 2004)

Traduction : Esther Heboyan

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