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Brouillages

par Jòn Hallur Stefànsson

( Livre )
Gaïa
Langue d'origine : islandais
Traduit par Éric Boury
2008, 298 p., 21 euros

ISBN : 978-2847201109

Roman policier

À Reykjavik, des couples coulent, des cadavres remontent à la surface. Björn, un architecte prospère et bien sous tous rapports, découche de plus en plus souvent... jusqu'au matin où il ne revient plus. Le flic chargé de l'enquête, brisé par un chagrin d'amour ; a les nerfs à vif. Il n'est pas le seul. Dans l'entourage de Björn - des gens très ordinaires : pas un moins dérangé que l'autre - tous s'entre-déchirent et chacun se consume, d'angoisse, de fantasmes, de rancune. Au beau milieu évolue un tueur à gages japonais, seul à échapper aux passions humaines. À moins que son cœur ne se mette, lui aussi, à faire des siennes... Stefànsson brosse avec un humour cynique un univers où la violence des désirs n'a d'égal que la mesquinerie du quotidien, où des personnages sous pression semblent courir à leur propre perte, tout en cherchant à sauver les apparences. Mais dans ce petit monde qu'est Reykjavik et sous la lumière permanente de l'été islandais, il est bien difficile de garder un secret.

« La société islandaise n’a peut-être pas de beaux jours devant elle, s’il faut en croire ses auteurs de romans noirs. Après Indridason et son sombre commissaire Erlandur, enquêteur au sens littéral des couches profondes de son pays, Thorarinsson et sa jeunesse plutôt à la dérive, voici un autre aperçu assez dramatique de l’Islande. Le roman de Stefánsson se présente comme un puzzle qui, petit à petit, fait converger des existences d’adolescents et de leurs parents, et celles des policiers enquêteurs, autour d’un homicide et d’une disparition. Sans oublier l’apparition, plutôt burlesque, d’un tueur à gages japonais, qui ne comprend pas comment, diable, on peut être islandais. Utilisant avec talent les ressorts d’une enquête criminelle pour mettre à jour l’état catastrophique d’une société où le cadre familial explose, laissant des adolescents meurtris, sinon meurtriers et des parents loin de tout principe de vie, l’auteur présente au fond les résultats effarants d’une enquête morale sur un état de déliquescence sociale assez avancé. » (extrait d'un article de Bernard Daguerre, Arpel)

« Brouillages met en scène un conflit de générations qui tourne à l'affrontement sanglant. Marteinn découvre que son père, Björn, un brillant architecte de Reykjavik, entretient une liaison avec Sunneva, la fille d'un associé qu'il a plus ou moins évincé et dont il pourrait être le père. Avec l'aide de son ami Hallgrimur, il va mener une enquête qu'il veut discrète. Mais lorsqu'on retrouve Björn dans le coma près du chalet d'été de la famille, où gît le cadavre de Sunneva, il n'est plus temps de laisser l'enquête aux mains de détectives amateurs. Valdimar, le policier chargé de l'affaire, est lui-même un bel exemple de ce conflit générationnel. Quand il vitupère sans cesse contre ces gens qui mènent une vie sexuelle dissolue et passent leur temps à fumer des joints, ce n'est pas aux adolescents qu'il pense mais à la génération de ses parents, et plus précisément à son père, ex-soixante-huitard. » (extrait d’un article de Gérard Meudal, Le Monde des livres, 28 février 2008)


Traduit de l'islandais par Éric Boury, titre original : Krosstré.

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