BiblioMonde

Assassinat de Lumumba (L')

par Ludo De Witte

( Livre )
Karthala
Collection Les Afriques
Langue d'origine : flamand
2000, 412 p., 26 euros

ISBN : 2845860064

Ce livre révèle les identités des assassins de Patrice Lumumba, le 17 janvier 1961, et les raisons de ce meurtre. Bruxelles et les Nations unies étaient d'avis que la liquidation de Lumumba était indispensable à la sauvegarde des intérêts des trusts exploitant la colonie. Écrite par le gouvernement belge de Gaston Eyskens, l'histoire de cet assassinat annoncé fut exécutée par les officiers et diplomates belges, aidés de leurs complices congolais.

Cet ouvrage a eu un grand retentissement en Belgique. L'auteur affirme que l'exécution aurait été commanditée par le ministre belge des Affaires africaines de l'époque, le comte Harold d'Aspremont. Cette publication a entraîné la décision, en mai 2000, du Parlement belge de constituer une commission d'enquête sur d'éventuelles implications du Royaume dans l'assassinat du Premier ministre congolais, Patrice Lumumba.

« Se basant sur les archives du ministère des Affaires étrangères, l’auteur affirme qu’à l’époque, Bruxelles avait donné des consignes d’éliminer Lumumba alors détenu à la prison de Thysville (Banza Ngungu) où il avait tenté de s’évader pour revenir au pouvoir dont il avait été limogé par le colonel Mobutu.

Pour le démontrer, Ludo de Witte s’appuie sur les témoignages personnels et des télégrammes diplomatiques qui révèlent que M. Pierre Wigny, ministre belge des Affaires étrangères de l’époque et M. Harold d’Aspremont Lynden qui avait en charge le portefeuille des Affaires africaines, avaient encouragé le transfert à Elisabethville de Lumumba et ses compagnons, sachant parfaitement que les sécessionnistes Moïse Tshombé et Godefroid Munongo avaient juré de les tuer. » (Alexis Kabambi, Afriqu'Info)

« Aujourd'hui, le sociologue flamand Ludo de Witte, rédacteur au parlement flamand, remet le dossier sur le tapis. Il a accédé à des archives, et il vient de publier un brûlot démontrant la responsabilité de la Belgique et des États-Unis dans l'assassinat du héros du nationalisme congolais : (De moord op Lumumba, Ludo De Witte & Uitgeverij Van Halewyck, Leuven, 1999). Le roi Baudouin lui-même, devant qui Lumumba avait prononcé un sévère réquisitoire le jour de l'indépendance, le 30 juin 1960, à Kinshasa, en sort éclaboussé. Ludo de Witte estime que la Belgique devrait officiellement présenter des excuses à la famille de Lumumba et au peuple congolais et qu'elle devrait, pour se faire pardonner, baptiser une place de Bruxelles du nom du héros nationaliste congolais. » (extrait d’un article de Olivier Badibanga, Afriqu'Info)

« Le 5 septembre 1960, le président congolais Kasa Vubu annonce la destitution de Lumumba et de six de ses ministres. Lumumba dénonce cette mesure anticonstitutionnelle et réplique à son tour par la destitution de Kasa Vubu. Le chaos est total, et il profite bien entendu à Kasa Vubu, qui jouit du soutien (notamment financier) de toutes les grandes puissances occidentales et des Nations Unies. Cependant, les représentants élus de la chambre et du sénat soutiennent Lumumba et lui accordent les pleins pouvoirs le 13 septembre. Le 14, un certain colonel Mobutu annonce la neutralisation des institutions politiques jusqu'à la fin de l'année et installe à leur place un collège des commissaires sous sa direction. Lumumba, qui reste encombrant, est placé en résidence surveillée et coupé de sa base à partir du 10 octobre. Il ne lui reste alors plus qu'à déplacer ses activités vers Stanleyville (l'actuelle Kisangani), où la population est entièrement acquise à sa cause et prête à en découdre. C'est de là qu'il espère reconquérir son pays et restaurer l'autorité légitime de son gouvernement. Les néocolonialistes savent que s'il atteint Stan, le peuple le suivra en masse et la partie risque d'être perdue. Il faut donc l'en empêcher à tout prix.

Le 27 novembre, Lumumba fausse compagnie à ses gardes et entame le voyage vers Stanleyville où l'attend une foule fébrile. Il est repris le 1er décembre, juste avant de traverser la rivière Sankara, dernier obstacle avant l'objectif. Il tente encore de s'évader et de se mettre sous la protection des casques bleus, mais ceux-ci lui annoncent qu'ils n'ont pas pour mission de protéger le premier ministre légitime. Il est capturé par les soldats congolais. Désormais, il est un prisonnier de droit commun et se voit enfermer dans un camp militaire près de Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa). » (extrait d’un article de Olivier Taymans,


« Le 2 décembre 1960 Lumumba est arrêté et jeté en prison à Thysville. Ici l'auteur souligne la non assistance de l'ONU dont les troupes n'entreprennent rien qui puisse assurer la sécurité de l'ancien premier minstre, mais qui se lancent aussi dans la chasse aux sorcières. Mais Lumumba fait prisonnier par la volonté de ses adversaires est une épée de Damoclès pour Léopoldville, Bruxelles et Washington. Il faut s'en débarasser avant que le tribun ne parvienne à renverser la situation en sa faveur et ne revienne aux affaires. Rien de plus facile que de l'envoyer à ses pires ennemis : ou Kalonji,"empereur" à Bakwanga ou à Moise Tshombe à Elisabethville. La deuxième alternative sera retenue in extremis. Ici la responsabilité de la Belgique officielle est établie de manière on ne peut plus claire, car c'est à coup de fortes pressions du ministre belge des Affaires africaines H. d'Aspremont Lynden sur Tshombe que le transfert sera arraché à ce dernier et exécuté. Lumumba, Mpolo et Okito transférés au Katanga y retrouveront non seulement les "Bantous" Tshombe, Munongo et cie,mais aussi les Officiers belges de l'assstance belge au Katanga. Le 17 janvier 1961 le calvaire qui commence à Léo en passant par Thysville s'achèvera sous les mains non seulement congolaises, mais aussi...belges. » (extrait d’un article de Aimé Bompere , CongoVision)

Dans BiblioMonde

Lumumba, un crime d’État

Les Secrets de l'affaire Lumumba

La Belgique et l'Afrique centrale de 1960 à nos jours

____________________________________________

Si vous commandez ce livre à partir de cette page, BiblioMonde touchera une commission et vous participerez ainsi au financement du site.

 
© BiblioMonde.com