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Armée de Vichy (L')

par Robert O. Paxton

( Livre )
Tallandier
Langue d'origine : anglais (États Unis)
Traduit par Pierre de Longuemar
2003, 588 p., 25 euros

Collection : Contemporaine - ISBN : 2847341390

Le Corps des officiers français (sous-titre)

« Dans cette thèse, soutenue à Harvard en 1963, remaniée et publiée en 1966 sous le titre Parades and Politics at Vichy. The French Officer Corps under Marshal Pétain, Robert O. Paxton met au jour quelques-uns des éléments qui vont structurer ses analyses ultérieures. La fonction principale de l'armée d'armistice a été de défendre la "neutralité" de Vichy, c'est-à-dire le choix de sortir définitivement la France de la guerre et de participer à la "Révolution nationale", la politique de rénovation intérieure du nouveau régime. Jusqu'en novembre 1942, avec la flotte et l'empire, cette armée symbolique constitue l'un des attributs de la "souveraineté française", maintenue par Hitler pour des raisons stratégiques et négociée par les hommes de Vichy (dont beaucoup sont issus de l'armée vaincue) dans le cadre de la politique de collaboration. Éclipsé par les ouvrages ultérieurs de Robert Paxton, ce livre n'avait jamais été traduit en français et il n'était connu que de quelques historiens. » (extrait d’un article d'Henri Rousso, L'Express, 2 février 2004)

« Le 22 juin 1940, l’armistice franco-allemand de Rethondes sanctionnait la lourde défaite de la France face à l’Allemagne hitlérienne. L’armée française, étant donné l’ampleur de sa débâcle, allait-elle disparaître ? Il n’en fut rien. "C’est notre chef qui est au pouvoir", écrivait dès le 1er juillet 1940 le général Laure, futur chef de cabinet du maréchal Pétain. Et de fait, tandis que le vainqueur laissait subsister en zone non occupée une armée provisoire de 100 000 hommes, tandis que l’État français s’arc -boutait sur la défense de l’Empire et de l’Armée d’Afrique, le gouvernement de Vichy accorda à l’institution militaire et au corps des officiers une place centrale. Non seulement ses cadres accédèrent aux plus hautes fonctions du régime, mais l’Armée de l’Armistice, l’"armée nouvelle", se voua à la création d’une France nouvelle, à travers la formation et l’encadrement de la jeunesse. Elle se voulut l’incarnation des valeurs de discipline, d’ordre et d’autorité méconnues – aux dires de ses chefs – par la Troisième République.

Robert Paxton s’attache ici à restituer, sans y adhérer du tout, l’état d’esprit des officiers français entre 1940 et 1944. La majorité adhéra au régime et à son neutralisme, tandis qu’une minorité agissante, tout en restant généralement fidèle à Pétain, prépara des moyens clandestins de mobilisation et, après la dissolution de l’Armée de l’Armistice en novembre 1942, adhéra à la Résistance à travers l’Organisation de résistance de l’armée (ORA). De fait, l’Armée de l’Armistice fut l’un des troncs principaux de l’armée de la Libération, elle donna à la France deux de ses maréchaux (Juin et de Lattre), et ses chefs d’état-major jusque dans les années 1970.

On comprend en ce sens que la question soit sensible. L’ouvrage de Robert Paxton, paru aux États- Unis en 1966, est resté inédit en français et réservé aux seuls universitaires. Les deux meilleurs spécialistes de la question, Claude d’Abzac et Christian Bachelier, la jugent "inégalée". Les recherches de Paxton, commencées en 1961, à la veille du putsch des généraux, marquèrent la rencontre d’un jeune chercheur étranger avec une période alors occultée de notre histoire, dans le contexte de crise de l’institution militaire provoqué par la décolonisation. Il s’appuya sur des journaux aujourd’hui encore inédits, sur les archives allemandes et américaines, sur des entretiens avec des officiers. L’ouverture des archives françaises, dont tiennent compte de nombreux ajouts et la postface historiographique de Claude d’Abzac, a confirmé l’essentiel de ses intuitions.

L’Armée de Vichy est donc la première étape d’une réflexion attachée – sans complaisance aucune – aux motivations des acteurs historiques et aux conséquences, souvent dramatiques et inexcusables, de leurs décisions. On y trouve de nombreux thèmes qui choqueront en 1973, lors de la parution française de La France de Vichy : la marge d’autonomie dont joua l’État français pour poursuivre ses propres projets; ses initiatives pour obtenir de l’occupant des concessions en échange d’une collaboration plus poussée ; les racines françaises de la Révolution nationale; la participation allègre de beaucoup de Français à un projet très éloigné des valeurs républicaines ; la volonté de sortir de la guerre et d’appliquer une politique de défense "tous azimuts" pour protéger l’Empire à la fois des Allemands et des Britanniques. » (présentation de l'éditeur)

Dans BiblioMonde

La France de Vichy, 1940-1944

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