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Amour circoncis (L’)

par Abdelhak Serhane

( Livre )
Paris-Méditerranée
Collection Documents-Témoignages
2000, 240 p.
Première édition : Eddif - 1996
ISBN : 2842720962

L’auteur laisse de côté toute l’hypocrisie de mise quand on évoque la pratique sexuelle en pays musulman. Le livre ne fait pas le procès de la culture traditionnelle qui permet à certains de trouver bonheur et équilibre. L’objectif de l’auteur est de dire l'angoisse du jeune Marocain écartelé entre deux types de société qui s'attirent et se repoussent : d'un côté, le monde conservateur où règne la loi de l'ancêtre et de la tradition; de l'autre, le monde de la liberté, du progrès, de l'individualisme. Cette opposition est une opposition de générations, source de conflits.
La socialisation du jeune passe par la conformité aux exigences sociales et religieuses qui interdisent aux jeunes gens d’avoir des relations sexuelles avec les filles avant le mariage. Cette conformité demande de la part de l'individu qui le veut, une bonne dose d'hypocrisie qui lui permettra de pratiquer d’autre forme de sexualité telle la masturbation, l'homosexualité, la zoophilie ou la prostitution.... L’important est de rester suffisamment discret pour que la société tolère ces formes de sexualités, alors qu’entre garçon et fille le tabou est absolu et la tolérance nulle. Un livre essentiel pour mieux connaître la sexualité dans le monde musulman.

1re partie : le jeune Marocain dans sa famille, à l'école publique ou coranique, et à la mosquée.
2e partie : vécu sexuel, l’identité et la socialité
3e partie : la culture marocaine et la sexualité


Extrait d’un entretien avec l’auteur

« Nous vivons dans une société qui ne reconnaît pas à l’amour, son statut de désir, de liberté et donc l’amour chez nous est circoncis comme par analogie à la circoncision du garçon.
Je crois que le hammam puisqu’on parlait du hammam, le hammam porte au plus haut point d’intensité le désir incestueux. C’est là en fait bon l’inceste n’est pas consommé mais dans le hammam, le désir est, porte à son point le plus haut de, pas de consommation, mais d’expression est c’est pour ça que par la suite la rupture avec la mère est difficile très difficile.
Le rapport que nous avons à la mère est un rapport très fort, très physique, très sexuel, entre guillemets, et c’est ce désir qui refuse de prendre fin, si bien que lorsqu’on arrive à l’age adulte, on vit toujours dans le prolongement ce désir de la mère qu’on n’a pas et l’on arrive très difficilement à rompre le cordon pour accéder à d’autres relations.
Mais ce n’est pas pour rien que la circoncision arrive à un moment pour séparer l’enfant du monde féminin. On coupe le cordon, on coupe le sexe, on coupe le sexe de l’enfant pour qu’il ne puisse pas aller ailleurs. C’est une symbolique.
On n’a jamais posé le problème sexuel comme étant un problème réel et effectif, un problème de comportement, de conduite, de rapport et on a privilégié d’autres problèmes : économiques, sociaux et autres, alors que le problème sexuel est un problème central dans la vie de l’individu et aussi dans la vie de la société et il englobe en fait tous les autres...toutes les autres pratiques et tous les autres comportements. » Abdelhak Serhane sur le site www.kelma.org

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