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Algérie du sud et ses peintres (L')

par Marion Vidal-Bué

( Livre )
Paris-Méditerranée
Collection Méditerranée pour mémoire
2003, 192 p., 62 euros

ISBN : 2842721756

« La production picturale inspirée par l'Algérie du Sud pendant la durée de la présence française, du fait de sa richesse et de sa variété, exigeait que lui fût consacré un volume entier. En effet, de nombreux artistes, fascinés par les paysages inviolés et les traditions humaines perpétuées, transposèrent par leurs recherches stylistiques une lumière incomparable et révélèrent des aspects passionnants de leur sensibilité créatrice.
Après une introduction exposant les grands thèmes abordés par les peintres du Sud, l'ouvrage présente successivement les lieux privilégiés : El Kantara, "la porte du désert" que célébra Fromentin; l'oasis de Biskra, destination favorite d'artistes venus du monde entier ; Bou-Saâda où Étienne Dinet trouva son accomplissement personnel et dont Maxime Noiré fit une station à la mode; Laghouat qui attira les peintres modernes ; Ghardaïa et le Mzab, territoire préféré de Maurice Bouviolle et de beaucoup d'autres; Ouargla et Touggourt ; le Sud Oranais et le Sahara occidental, plus secrets; le Hoggar, enfin, avec les nobles figures des Touareg qui captivèrent Paul-Élie Dubois avant nombre d'autres artistes. Comme pour Alger et ses peintres et L'Algérie des peintres, Marion Vidal-Bué n'a pas seulement puisé dans les collections publiques, elle a eu accès à de multiples collections privées ; elle a bénéficié, en outre, du concours des derniers protagonistes et témoins de la vie artistique dans l'Algérie de cette époque. Son livre comporte ainsi une majorité d'œuvres totalement inédites. Il est complété par un Dictionnaire biographique et une galerie de portraits d'artistes. » (présentation de l’éditeur)


« Pendant plusieurs années, le Sud algérien a attiré de nombreux artistes venus d’Europe et d’Amérique. Biskra fut un lieu de rendez-vous international très chic, très couru, dépassant largement la réputation actuelle de Marrakech, puisque les magnats les plus célèbres du monde passaient tout l’hiver dans ses illustres palaces. Pas seulement les magnats. Les plus grands peintres, écrivains, musiciens aussi. C’est de ceux-là qu’il s’agit dans le long travail de recherche de Marion Vidal-Bué, qui a entrepris d’englober un ensemble de leurs travaux en puisant à la fois dans les collections privées et publiques. Toute une société de peintres s’installait l’hiver non seulement à Biskra, mais aussi à Touggourt, Bou Saâda, Laghouat, Ouargla, Ghardaïa... Ils étaient déjà très connus : Marquet, Dinet, Fromentin, Gérôme, Dubois, Bouviole, Bridgman, Brown... Même Henri Matisse a été attiré par le Sud algérien, sa lumière, son exotisme, ses habitants. Certains n’ont plus jamais quitté les lieux : comme Dinet à Bou Saâda. Dans cet ouvrage, comme à son habitude, Marion Vidal-Bué, née à Alger dans une famille d’architectes, accompagne toutes les reproductions qui sont d’une qualité très rare, avec une mise en page extrêmement soignée, d’un texte d’une haute teneur érudite, sans jargon, fruit encore une fois de ses patientes recherches et de sa grande passion pour l’Algérie. La région des Ziban à elle seule, fournit ici un chapitre iconographique remarquablement abondant. Avec les tableaux de Bompard Le repas de l’hospitalité (1891), de Bridgman, Intérieur à Biskra (1881), de Leroy, Le Biskri et son fils (1908) et tant d’autres. En 1906, Henri Matisse est venu à Biskra après avoir séjourné à Constantine et El Kantara. La ville l’enchanta. Matisse a peint par la suite son fameux Nu bleu, souvenir de Biskra. Et ce tableau est devenu un "tableau culte" de l’art moderne. Nu bleu a suscité en effet beaucoup de polémiques. Des pour et des contre. Très novateur par sa technique, ses formes, ses couleurs, le tableau de Matisse a inauguré une nouvelle tendance de l’art moderne. Quand il a été acheté par le musée de Baltimore, on a vu des manifestants défiler dans les rues de la ville et à Chicago pour s’opposer à ce que Nu bleu soit montré au public. À Tolga, El Bordj, Chetma, Sidi Okba, Ouled Djellal, la beauté des oasis, la luxuriance des palmeraies, la lumière exquise, les vastes espaces, tout cela est reproduit dans des tableaux somptueux rassemblés ici par Marion Vidal-Bué. Ceux de Radavel, Cottet et Rey sur Tolga. Ceux de Cabanes, Hubert-Robert sur Sidi Okba (et sa grande mosquée). En 1913, le peintre Maxime Maufra a peint Soir saharien sur la grande place d’Ouled Djellal. Au fond de la place bordée de maisons à arcades, on aperçoit un grand minaret blanc qu’on a comparé à un Campanile de Venise. Autre merveille : la belle kouba (coupole) de Sidi Zarzour à Biskra a subjugué pas moins de trois grands peintres : Eugène Girardet, Emile Boivin et Gustave Pinal. » (Extrait d'un article d'Azzedine Mabrouki, El Watan, 24 juin 2003)

Sur la Toile

Un extrait de l’ouvrage



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