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Alger, blessée et lumineuse

par Daikha Dridi

( Livre )
Autrement
Collection Villes en mouvement
2006, 216 p., 19 euros

ISBN : 2746708396

La capitale algérienne à travers une série de portraits, pas toujours les plus attendus


Alger blessée, Alger renaît. Tandis que la décennie noire s'éloigne, une nouvelle société émerge tentant d'oublier la terreur sans renoncer à la justice, réussissant à se réapproprier un passé douloureux et glorieux, tournée résolument vers un avenir qu'elle espère radieux. Alger la Blanche est confrontée à des problèmes d'urbanisme sans précédents Alger la rebelle se réveille et lutte pour le respect des libertés fondamentales Aujourd'hui, elle offre un nouveau visage où l'envie de vivre se crie, se chante et s'affirme, plus forte que tout. Architecte, militant des Droits de l’homme, entrepreneur, enseignant, artiste, musicien, femmes avocat, chauffeur de taxi, éditrice ou directrice d'école toutes et tous dessinent un livre portrait époustouflant, bousculant les idées reçues sur une ville prête à retrouver enfin son pouvoir de fascination sur le monde.

« L’auteure démolit avec délectation l’image d’Epinal de sa ville. À la visite guidée du bastion 23, aux attraits rebattus, elle préfère une folle virée à bord d’un taxi urbain : des vieux quartiers aux nouveaux lotissements réellement riches prétendument résidentiels, le parcours renseigne sur Alger mieux que ne le ferait un traité de sociologie. L’"identité véritable" de la Capitale que l’on suppose enfouie sous l’amoncellement de ses péchés, son gigantisme rampant et sa face honteuse, lumpen, s’avère être un mythe total.

L’enquête sans concessions de Daikha Dridi découvre dans Alger une articulation originale entre l’ancien et le nouveau, entre le moderne et l’archaïque, entre une culture jeune tout ce qu’il y a de branché et un espace public étroit, oppressant, déchiré de gigantesques ouvrages d’art destinés essentiellement à faciliter le trafic automobile. La capitale est aussi provinciale que cosmopolite, aussi claire que déroutante. Elle est autrement complexe que cette cité statufiée sur un mont rocheux, regardant silencieusement la mer, et que n’ont affectée ni les inondations de 2001 ni le séisme de 2003 ni une guerre civile qui a multiplié dans ses rues les petits monuments commémoratifs.

Car sous son ciel bleu, c’est une ville meurtrie. Il y a à peine dix ans des voitures piégées y explosaient et, en représailles, des Algérois étaient fusillés sur la voie publique. Le passé d’Alger, c’est aussi cette guerre sans nom qui a fait d’elle une ravissante recluse, une belle pestiférée. Elle a jeté son ombre sur les conflits sociaux qui la secouent et, à travers elle, secouent toute l’Algérie. Elle a déterminé jusqu’à son évolution urbanistique. L’anarchie urbaine, explique Larbi Marhoum, architecte interviewé par l’auteure, date en partie de l’"époque des DEC" [Délégués exécutifs communaux], maires désignés qui ont transformé leurs municipalités en autant de fiefs personnels. Ce rappel de la guerre civile comme un "trauma algérois" n’a rien de sinistre. Il permet de comprendre le présent d’Alger, de démêler l’écheveau de ses contradictions. » (extrait d’un article de Yassin Temlali, Babelmed, 17 octobre 2006)



Photographies de Louiza Sid-Ammi - préface de Ghania Mouffok


Dans BiblioMonde

Un autre regard sur la capitale algérienne : Avoir 20 ans à Alger

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