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Afrique australe, de Kissinger à Carter (L')

par

( Livre )
Harmattan (L')
Langue d'origine : anglais
1993, 192 p., 16.8 euros

Auteurs : Barry Cohen et Howard Schissel - ISBN : 2858020361

Le rapport confidentiel commandé en 1969 par le secrétaire d'Etat Kissinger, rapport qui portait sur les options à privilégier par la Maison Blanche en fonction des intérêts américains en Afrique australe. Ce document a réorienté, depuis 1969, la politique américaine dans cette région, notamment à partir du tournant de 1975.


« Dans une lettre confidentielle datée du 10 avril 1969, Henry Kissinger avait commandé à une équipe composée de hauts fonctionnaires et de membres de la C.I.A. une étude spéciale sur l'Afrique australe. Cette étude "devait prendre en considération : 1) l'arrière-plan et les perspectives des principaux problèmes de l'Afrique australe, 2) les différents intérêts U..S. dans la région, 3) la gamme complète des stratégies et des options politiques possibles pour les Etats-Unis". Le document qui en est résulté, appelé Rapport Kissinger, a orienté la politique américaine récente sur l'Afrique australe. Au cours des dix dernières années, l'Afrique australe est passée du statut de zone secondaire à celui de zone essentielle pour la stratégie des Etats-Unis et des pays occidentaux. L'indépendance de l'Angola et du Mozambique, l'intensification des luttes de libération au Zimbabwe et en Namibie, le soulèvement des populations noires d'Afrique du Sud ont changé les données de la situation. Les intérêts économiques et stratégiques des Etats-Unis et de l'Europe sont aujourd'hui menacés avec ceux des minorités blanches. Ce livre ne décrit pas seulement I'évolution de la politique américaine de Nixon et Kissinger à celle de l'actuelle administration Carter; il analyse aussi les relations existant entre la France et l'Afrique du Sud. Pour la France, la vente récente de deux centrales nucléaires n'a été que le dernier élément d'une politique de coopération qui l'a vue devenir le plus gros fournisseur en armes du régime raciste. Voici la première étude d'ensemble sur la politique américaine et française en Afrique australe. » (présentation de l’éditeur)

Avec l’éclatement des guerres dans les ex-colonies portugaise, en 1974-1975, « les États-Unis doivent réviser leur politique en Afrique australe, définie en 1969 par le Conseil national de sécurité dans un rapport -enregistré sous le numéro 39-, où Henry Kissinger privilégiait la détente avec les régimes "blancs" et la "relaxation" des relations avec l'Afrique du sud. Il préconisait de diminuer les critiques publiques sur l'apartheid, une libéralisation sélective de l'embargo sur les armements, le relâchement des sanctions et " une rhétorique plus calme sur la question des Nations unies ". Les régimes "blancs" d'Afrique australe paraissaient suffisamment organisés pour se défendre seuls, tant sur le plan économique que militaire. Le maintien du statu quo, moyennant quelques ajustements mineurs, semblait suffire à la défense de la sécurité du monde occidental. Toute cette stratégie américaine s'effondre en 1974, en même temps que le "rempart" portugais. Il devient alors urgent de faire pression sur les pouvoirs blancs. Entre janvier et avril 1976, Kissinger met en place une "diplomatie globale". Profitant d’une visite à Lusaka, il lance un ultimatum public à Pretoria. Il rencontre le Premier ministre Vorster à Zurich, et lui enjoint de cesser le soutien de Pretoria à l'UNITA de Jonas Savimbi dans la guerre civile angolaise. Il lui demande d'user de toute son influence auprès du gouvernement " blanc " de Ian Smith pour obtenir que le régime rhodésien, s’ouvre à la majorité noire. En réalité, Henry Kissinger se livre à un marchandage : en échange des recommandations sud-africaines à Ian Smith, les États-Unis s'abstiendraient sur la question de la Namibie et de l'apartheid.

Mais l'opinion américaine, dans les dernières années de l'administration Nixon-Ford, rejette ce pacte tacite Lors d'un séjour, à l'automne 1976, comme chercheur associé au "Council on Foreign Relations" de New-York, j’avais pu constater le rejet unanime de l'héritage kissingérien sur les relations avec l’Afrique australe - après l'exposé liminaire de J.S Whitaker, l’animateur de la cellule "africaniste" du Council, et qui allait diriger deux ans plus tard le premier essai de synthèse sur la politique africaine des Etats-Unis. Dans le même temps, le "lobby" noir américain - concentré jusque là sur le combat pour les droits civiques – s’intéressait à un dossier de politique étrangère (…). Dans ce contexte, l'administration Carter, à partir de 1977, délaissant la politique de Henry Kissinger, exerça une pression sur Pretoria à la fois sur la Rhodésie, la Namibie et l'apartheid. Ce changement ne se fit pas sans friction. En mai1977, la rencontre entre le vice-président Mondale et le Premier ministre sud-africain Vorster, à Vienne, tourna au dialogue de sourds. » (extrait d’un article de Charles Zorgbibe, Géopolitique africaine)

Sur la Toile

Etats-Unis – Afrique du Sud, entre méfiance et amitié (Stephen Morisson, Géopolitique Africaine, 2001)

Dans BiblioMonde

Les crimes de guerre de monsieur Kissinger : Le vrai visage d’un homme, prix Nobel de la paix, ancien chef de la diplomatie américaine et passible d’être déféré devant le Tribunal international de La Haye pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité, et pour conspiration impliquant le meurtre, l'enlèvement et la torture. (par Christopher Hitchens)


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