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  Islande
Le président


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Le président de la république islandaise est Guðni Thorlacius Jðhannesson élu en 2016 avec 38,5 % des voix

Guðni Th. Jðhannesson, né en 1968, est un historien, enseignant à l'université de Reykjavik.

Le président est élu au suffrage universel direct à un tour (pour 4 ans), tout candidat doit disposer de mille cinq cents parrainages. Il n’a qu’un rôle représentatif. La constitution islandaise est calquée sur celle du Danemark et le président islandais, n’a pas plus de prérogative que le roi du Danemark. Dans les faits, Ó. R. Grímsson a donné à la fonction présidentielle un statut de conscience morale du pays, ce qui lui a valu des critiques de ses détracteurs, notamment à droite de l’échiquier politique.


Le chef de l’État et les récentes polémiques sur l’étendue de ses pouvoirs (par Jacques Mer, 2005)

Un « coup de théâtre » a ébranlé la vie politique islandaise lorsque, le 2 juin 2004, le Président de la République, Ólafur Ragnar Grímsson, usant d’un droit que lui reconnaît la Constitution, mais qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait utilisé jusqu’alors, a refusé de signer une loi (limitant la « concentration » dans les médias), adoptée sur proposition du Gouvernement par la majorité du Parlement (32 voix contre 24 et 6 abstentions). Son « veto » n’empêche pas dans l’immédiat la loi d’entrer en vigueur, mais entraîne obligatoirement la tenue d’un référendum (procédure jamais utilisée en Islande, sauf lors de la proclamation de l’Indépendance en 1944) : les électeurs sont alors amenés à se prononcer pour ou contre la loi visée, et à trancher le « conflit » opposant, d’une part le Président et, d’autre part, le Gouvernement et la majorité parlementaire.

Rendant le débat plus « pimenté », ce coup de théâtre s’est produit vingt-quatre jours avant la date normale de l’élection du Président de la République (et 24 heures avant la date limite de dépôt des candidatures), Ólafur Ragnar Grímsson ayant auparavant annoncé qu’il était candidat à sa propre succession (élu pour la première fois en 1996, il avait été réélu en 2000 et a donc déjà effectué deux mandats).

Pour mieux saisir les enjeux du conflit, nous présentons d’abord quels étaient le rôle et les fonctions « traditionnels » du Président, avant le 2 juin 2004.

La tradition, de 1944 au 2 juin 2004 : le Président, symbole de l’unité nationale

- Le sacre du suffrage universel

En 1944, lorsque la Constitution fut adoptée, il était hors de question d’instaurer une monarchie : l’Islande glorieuse du Moyen ge avait été une république, et la monarchie était liée à la domination étrangère. Toutefois, les Islandais voulurent insister sur le caractère de « garant de l’unité nationale » que serait le Président. On fit élire au suffrage universel un Président aux pouvoirs essentiellement symboliques (on emprunta beaucoup à la Constitution danoise). Par la suite, la pratique renforça cette situation et les divers Présidents s’abstinrent d’utiliser la totalité des pouvoirs « constitutionnels » (dont le veto). Le mandat est fixé à quatre années, mais est indéfiniment renouvelable, et la coutume veut qu’un Président fasse autant de mandats qu’il le souhaite (un sortant qui sollicite un nouveau mandat n’a généralement pas de concurrent).

L’élection se déroule de manière simple : tout citoyen muni de 1 500 « parrainages », est éligible. Le candidat élu est celui qui arrive en tête dans un scrutin à un seul tour.

Lorsqu’il y a plusieurs candidats, la campagne ne prend pas de signification politique, et c’est sur la personnalité propre des postulants que le citoyen fait son choix. Chacun des concurrents reçoit des soutiens de bords variés et se refuse à faire campagne sur des choix politiques, pour se présenter comme un « rassembleur », symbolisant l’unité de la nation.

- Des pouvoirs effectifs très limités : « un roi sans couronne ? »

Le texte de la Constitution mentionne que le chef de l’État désigne le Premier ministre. Or, il ne s’autorise aucune marge de manœuvre et nomme la personnalité qui a été choisie par les partis lors de conciliabules à l’issue des législatives.

La Constitution autorise le Président à utiliser le droit de veto à l’encontre d’une loi votée qu’il juge contraire à l’intérêt national : un référendum aurait alors lieu. Cette possibilité, source potentielle de conflits avec le Parlement, n’a jamais été utilisée entre 1944 et 2004. Les précédents Présidents avaient été l’objet de « pressions diverses » leur demandant d’user de ce droit de veto (et notamment Mme Vigdis Finnbogadóttir, lors de l’entrée de l’Islande dans l’Espace économique européen en 1993-1994), mais, soucieux de préserver l’unité nationale et d’éviter des conflits divisant le pays, ils avaient résisté à ces pressions et signé les lois votées par le Parlement.

- Un magistère moral et un symbole de l’unité nationale

La majorité des Islandais se montraient jusqu’ici satisfaits de la pratique traditionnelle. En effet, ils semblent attendre de la personnalité élue :

– qu’elle symbolise, au-dessus des rivalités idéologiques et d’intérêts, l’unité nationale et que, par sa formation, ses activités antérieures, éventuellement ses hobbies, elle révèle un lien profond avec la langue, la civilisation, la science, l’Université ou la recherche, l’histoire nationales;

– que le chef d’État représente brillamment son pays à l’étranger (mais sans initiatives de nature politique). En participant à de nombreuses réunions, le Président peut mettre en valeur divers thèmes (la lutte contre la pauvreté sur la planète, la protection de l’environnement notamment marin, la défense des cultures des « petites nations ») à l’écart des différends internationaux, et sur lesquels l’Islande a un message propre à délivrer.

Le débat récent : le droit de veto. L’élection du 26 juin 2004

Le Président Ólafur Ragnar Grímsson, en annonçant le 2 juin qu’il ne contresignerait pas la loi sur la concentration dans les médias, a justifié son geste et déclaré que la majorité ayant voté ce texte est allée contre l’opinion d’une majorité d’Islandais, pour des raisons purement politiciennes. Pour lui comme pour l’opposition, cette loi aurait des arrières pensées politiques : un des regroupements prévus implique le contrôle de grosses entreprises commerciales (Baugur, etc.), le groupe de médias Nordurljos (Northern Lights) comprenant lui-même des journaux, des stations de radios et de télévisions et diverses autres activités industrielles ou de services; de plus, ce groupe serait favorable à l’opposition de centre-gauche et, donc, susciterait une hostilité de l’actuel Premier ministre.

Certains des partisans de la loi répliquent en mettant en cause des liens de sympathie entre le Président et les dirigeants de Nordurljos.

L'élection présidentielle a eu lieu, dans ce contexte, le 26 juin, deux candidats apparemment peu connus du public ou à la personnalité discutée s’opposant à Ólafur Ragnar Grímsson (candidat à un troisième mandat) : Ástphór Magnússon, homme d’affaires, « pacifiste militant » et jugé par certains comme « marginal », qui avait recueilli 2,5 % à l’élection présidentielle de 1996; et Baldur Ágútsson, qui a fait fortune à l’étranger, est rentré récemment en Islande où il a compensé son manque de notoriété par d’importantes dépenses publicitaires vers la fin de la campagne.

S’ils souhaitaient marquer leur réserve ou leur désapprobation à l’égard du « veto » d’Ólafur Ragnar Grímsson, les Islandais avaient plusieurs possibilités : voter pour l’un des deux autres candidats (de préférence, Baldur Ágútsson, moins « controversé » que Astphor Magnusson), s’abstenir ou voter blanc ou nul.

Les trois possibilités furent utilisées : tout d’abord, 37,4 % des électeurs inscrits s’abstinrent de voter (ce qui, compte tenu de la pratique islandaise, est un chiffre considérable, ayant une signification politique : les législatives de 2003 avaient ainsi enregistré une abstention de 12,3 %, et les présidentielles de 1996 14 %). Parmi les 62,6 % de votants, il y eut un nombre relativement important de bulletins blancs ou nuls (essentiellement blancs : plus de 20,7 %) : environ 21,2 %, soit 13,3 % des « inscrits ». Ce phénomène a également une signification politique, car dans les élections présidentielles ou législatives, la part des votes blancs ou nuls parmi les votants est toujours comprise entre 1 et 2 %. Enfin, sur les suffrages exprimés en faveur d’un des trois candidats, si Astphor Magnusson stagnait autour de 1,9 %, Baldur Ágútsson obtenait 12,3 %, et le Président Ólafur Ragnar Grímsson, 85,6 %.

Au lendemain du scrutin, chacun des deux camps cria victoire. Le Président sortant se réjouit d’être réélu, faisant savoir que « de puissants intérêts et le plus grand organe de presse (le Morgunblaid ?) » avaient plus ou moins fait campagne contre lui et son usage du veto. Le Premier ministre insista de son côté sur le camouflet infligé à Ólafur Ragnar Grímsson, qui n’était plus soutenu que par quelque 42 % du corps électoral (90 662 voix en sa faveur sur 213 553 « électeurs inscrits »).

Une solution au « conflit » ?

En tout état de cause, le Parlement était convoqué pour le 5 juillet 2004 pour mettre au point l'organisation du référendum et en fixer la date.

Dans les derniers jours précédant cette session extraordinaire, le Gouvernement, après de sérieuses discussions entre les deux partis le composant, se mit d’accord sur une tentative de compromis, qui mettrait fin au conflit si le Parlement l’approuvait. Il déposa devant l’Althing une proposition de loi comportant les éléments suivants :

– la loi qui avait été « refusée » par le Président était abrogée. Dans ces conditions, le référendum n’avait plus de raison d’avoir lieu. David Oddsson déclarait ainsi faire un geste de bonne volonté face à la menace de crise institutionnelle grave, à l’issue incertaine, et qui diviserait la nation;

– par ailleurs, il déposait un nouveau projet de loi sur la « concentration dans les médias ». Ce texte comportait quelques amendements par rapport au texte abrogé; mais, surtout, il était prévu qu’il n’entrerait en vigueur qu’après les élections législatives de 2007. L’électorat islandais aurait la parole, à travers ces élections législatives, et pourrait « censurer » la majorité (sur l’ensemble de sa politique, et en particulier sur ce problème) l’ayant proposé. Mais surtout, si une nouvelle majorité sortait des urnes, elle pourrait « annuler » le nouveau texte;

Le Parlement, fin juillet, accepta ce compromis, et, à l’automne 2004, le long travail de « révision constitutionnelle » fut lancé par le Gouvernement, qui souhaite à ce sujet réunir un large consensus. Les experts et les partis en sont au stade de la rfélexion




Les anciens présidents

Le mandat n’est que de 4 ans, mais tous les présidents ont été réélus plusieurs fois.

Ólafur Ragnar Grímsson président de 1996 à 2016.
Il fut dans le passé un des dirigeants de l'extrême-gauche islandaise (il fut le président de l'Alliance du peuple de 1987 à 1995). Il est né en 1943, à Isafjordur dans le nord-ouest de l'Islande. Diplômé de sciences politiques, il a été professeur de sociologie à l'université d'Islande. Ministre des Finances de 1988 à 1991, il joua alors, selon ses partisans, un rôle actif dans le redressement financier du pays.
Du haut de sa fonction, il ne manque pas une occasion de rappeler les grands principes d'éthique (il avait critiqué l'opération DeCode) ou de protection de l'environnement. Ce qui provoque les critiques de ses adversaires qui estiment qu'il outrepasse son rôle (que l'usage depuis 1945 limite à des aspects protocolaires, même si la Constitution est moins « restrictive », mais lui vaut une grande popularité. En mai 2004, le président a, pour la première fois depuis 1944, refusé de signer une loi contre la concentration des médias. Sortant ainsi de son rôle strict de représentation, il s'est attiré les foudres des partis de droite siégeant au gouvernement, mais il reste très soutenu par la population.

Après sa réelection, le gouvernement de centre-droit annonça qu'il soumettrait au Parlement une révision de la Constitution, portant notamment sur le rôle du Chef de l'État.

Vigdis Finnbogadottir (1980-1996) : Elle fut la première femme au monde à avoir été élue chef de l’État au suffrage universel. Elle a toujours été très populaire, chacune de ses quatre élections a pris les allures d’un véritable plébiscite. Née en 1930, elle était professeur de français.

Kristján Eldjárn (1968-1980) :
Archéologue émérite et membre de la société littéraire.

Ásgeir Ásgeirsson (1952-1968)

Sveinn Björnsson (1944-1952)


Guðni Th. Jóhannesson

Olafur Ragnar Grimsson

Une biographie du président Grimsson (fr.)

Une biographie de l’ancienne présidente, Vigdis Finnbogadottir (fr.)



 
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