BiblioMonde

  Islande
Informations particulières


-Découvrir le pays
-Visiter le pays
-S'expatrier
-Faire des affaires
-Étudier le pays
-S'informer sur le pays
-Apprendre la langue

-Le nom du pays
-Le territoire
-La population
-L'immigration
-Les langues
-Données historiques
-Religions
-Le type d'État
-Le régime politique
-Le président
-Le gouvernement
-Les partis politiques
-L'armée
-Défense et sécurité
-Drapeau, emblème, hymne
-Le calendrier des fêtes
-Données économiques
-Le commerce extérieur
-La politique européenne
-Les relations extérieures
-La diaspora
-Les médias
-Données culturelles
-Le tourisme
-La francophonie locale
-Données écologiques
-Informations particulières

La chasse à la baleine : reprise (limitée) de la chasse commerciale à la baleine, par Jacques Mer (octobre 2006)



Le 17 octobre, le ministère des Pêcheries a publié une déclaration annonçant la reprise de la chasse commerciale à la baleine. L'Islande, en effet, a comme priorité absolue la préservation des richesses des océans. L'économie du pays en dépend pour près de deux tiers de ses exportations de marchandises. Un déséquilibre écologique en eaux islandaises aurait des conséquences dramatiques.
Les baleines faisant partie intégrante de l'écosystème marin, elles doivent être comprises dans une recherche approfondie, qui aide à jeter les règles d'une gestion rationnelle des ressources, fondée sur une approche multiespèces et une connaissance des interactions au sein de cet écosystème.
Le pays a pendant longtemps pratiqué la chasse à la baleine. Bien avant toute réglementation internationale, le Parlement avait toutefois interdit cette activité en 1915, après que, entre 1883 et 1915, des nations étrangères eurent multiplié les captures dans les eaux islandaises, au-delà du raisonnable. Entre 1948 et 1985, Reykjavik autorisa à nouveau cette chasse dans des limites étroitement fixées. Jusqu'à ce qu'en 1985 la Commission internationale de la baleine décrète un moratoire. Ce dont le pays s'affranchit par sa décision du 17 octobre 2006.
D'après les études présentées au Comité Scientifique de la Commission Baleinière Internationale (CBI), il y a d'importants stocks de certaines espèces de baleines, alors que d'autres espèces continuent d'être menacées. Reykjavik n'a pas l'intention de chasser des espèces de baleines menacées d'extinction. En revanche, on autorise la capture de petites quantités d'espèces abondantes. Ainsi on dénombre environ 70 000 petits rorquals (baleines de Minke), dans le milieu de l'Atlantique nord, dont quelque 43 000 dans les eaux islandaises, tandis que la population de rorquals communs atteindrait 25 800 unités. La chasse commerciale prévue pour la campagne 2006-2007 (s'achevant le 31 août 2007) ne portera que sur 30 baleines de Minke et 9 rorquals communs. À ces captures s'ajoutera pour 2007 celle de 39 baleines de Minke au titre de la « chasse scientifique », laquelle fait l'objet d'un programme pluriannuel s'achevant l'an prochain.
Au total, en 2007, les prises décidées par Reykjavik pour 2007 ne représenteront que 0,2 % du stock de baleines de Minke et 0,04 de celui de rorquals communs dans les eaux islandaises. On satisfait ainsi pleinement au principe de « développement durable ».

En outre, la « chasse commerciale » n'est en rien illégale, les Islandais s'étant simplement engagés en 2002 à ne pas y avoir recours avant 2006, en espérant qu'au sein de la CBI un consensus serait trouvé pour cette date entre les divers membres (pro-chasse et anti-chasse) sur la gestion des cétacés. Rien n'étant intervenu, les Islandais ont repris leur liberté le17 octobre (comme les Norvégiens, il y a quelques années).
Le Ministère des Pêcheries note enfin que plusieurs États chassent la baleine sur une échelle nettement plus importante que l'Islande. Tel est le cas des États-Unis, de la Russie, de la Norvège, du Groenland, et du Japon.

Un argumentaire détaillé (sur le site Internet mentionné) du Ministère islandais, en réponse à certaines questions, souligne que :


- Si les stocks de rorquals communs sont menacés en certains points du globe, ce n'est pas le cas dans le centre de l'Atlantique Nord et dans les eaux islandaises, où ces cétacés prospèrent (voir plus haut) : les instances scientifiques internationales le reconnaissent;

- La Commission Internationale Baleinière (CBI), réunie en juin, a fait un pas vers la reprise de la chasse commerciale à la baleine. Comme le proposaient le Japon et la Norvège, et le souhaitent de nombreux Islandais, elle a, à une courte majorité, adopté une résolution à portée « déclaratoire », recommandant que le moratoire soit levé, afin de rendre possible une telle activité. Elle a pris également acte du fait qu'elle n'arrivait pas à un consensus pour fixer elle-même le cadre d'une chasse commerciale fondée sur des critères scientifiques et respectant les principes du développement durable;

- L'Islande envisage de vendre à l'étranger une partie de la viande provenant de la chasse, qui pourra aussi être commercialisée sur le marché intérieur.
L'Islande ne considère pas, a priori, comme condamnable le commerce international des produits baleiniers. Mais le problème n'est pas là actuellement ;

- Les animaux chassés bénéficient de techniques réduisant, autant qu'il est possible, la pénibilité et la souffrance. 80 % des animaux meurent instantanément; le reste en quelques minutes ;

- Les Islandais, selon un sondage effectué en septembre, sont à 75 % favorables à la chasse; 10 % y étant opposés.

- La viande de baleine est saine et bonne pour la santé. Sa graisse est riche en acides Omega-3;

- Le Ministère considère que la reprise de la chasse ne devrait pas menacer les activités touristiques de whale-watching en plein développement depuis quelques années (NDLR : les environnementalistes et certains professionnels du tourisme ne partagent pas cet optimisme); une coexistence harmonieuse lui semble possible et souhaitable.

Le ministère des Pêcheries

« Le gouvernement islandais ne devrait pas mettre en cause la réputation de son pays en tant que destination de l'écotourisme au profit d'un seul homme d'affaires [Kristjan Loftsson]. Des centaines de milliers de gens viennent chaque année en Islande pour observer les baleines. Le gouvernement devrait réaliser que le nombre d'Islandais pouvant profiter des baleines vivantes est supérieur à celui de ceux qui peuvent profiter des cétacés morts » Joth Singh, directeur de la Protection de la faune et de l'habitat d'IFAW (le Fonds international pour la protection des animaux) Source : Actualités-News Environnements

 
© BiblioMonde.com