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Histoire de la langue


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Comme la plupart des langues d’Europe, le serbo-croate (devenue la BCMS) est une création qui s’insère dans un projet national. Celui de regrouper les Slaves du Sud en une seule entité politique.

Ce mouvement d’affirmation culturel et politique est né au milieu du XIXe siècle, au moment de l’éclosion des nationalismes un peu partout sur le continent. Faisant référence à de mythiques ancêtres illyriens, ce mouvement a pris le nom de Mouvement illyrien, son chef était Ljudevit Gaj, linguiste, journaliste et homme politique croate. La Croatie, est alors une simple province de la Hongrie, elle-même rattachée à l’Autriche. D’autres Slaves vivent plus au sud sous la domination ottomane. L’idée est de les regrouper dans une même entité politique. La création d’une langue à partir des divers dialectes proches est un premier pas vers la création d’une nation.

En 1850 à Vienne, un certain nombre d’intellectuels slaves du sud se sont mis d’accord sur un projet commun. Parmi eux, le Serbe Vuk Karadžić qui adaptera l’alphabet cyrillique cette nouvelle langue.

Comme base d’une langue commune aux Slaves méridionaux, le choix s’est porté sur le dialecte chtokavien ou štokavien (štokavski), le dialecte parlé à Dubrovnik (centre culturel important), dans une partie de la Slavonie, en Herzégovine, mais aussi dans la majeure partie de la Serbie, par les Serbes de Bosnie-Herzégovine et au Monténégro. En somme ce dialecte est parlé par la plupart des Croates et des Serbes ainsi que par les Bosniaques et par les Monténégrins.

En 1954, à Novi Sad, le serbo-croate est réaffirmé comme la langue commune des Serbes, des Croates, des Macédoniens et des Monténégrins. Les Slovènes et les Macédoniens ayant leur langue spécifique, comme les Bulgares autre peuple slave du Sud, mais non partie prenante du projet yougoslave.


Le serbo-croate est une création politique datant de l’époque où fut élaboré le projet d’union des Slaves du Sud. Son principal promoteur fut Josip Strossmayer (1815-1905) qui prônait le rapprochement des Serbes et des Croates dans un mouvement yougoslave. Il 1866, il fonde l’Académie Yougoslave de Zagreb qui deviendra l’Université de la capitale croate. Ses contemporains, le croate Ljudevit Gaj et le serbe Vuk Karadžić s’appliqueront à créer une langue serbo-croate (ou croato-serbe).

Ce type de démarche, au XIXe siècle, est commun à la plupart des pays d’Europe de la Norvège à l’Italie où le souci d’unification politique impliquait la création d ‘une langue commune, peu de pays en possédait une. En Italie, c’est l’italien parlé en Toscane qui fut choisi pour forger une langue standard qui a réussi à s’imposer au cours du XXe siècle. En Yougoslavie, le serbo-croate comporte encore des variantes régionales, mais permet une totale intercompréhension si les interlocuteurs veulent s’en doter la peine. S’il le veut, un Québécois peu facilement dérouter un Français par son vocabulaire ou ses expressions locales. S’il s’y applique, un Croate peu rendre son discours difficile à comprendre pour un Serbe : telle est la volonté politique qui prévaut depuis une décennie à Zagreb, comme à Belgrade. De la même façon, un Bavarois peut donner à un Allemand du Nord l’impression qu’il parle une langue étrangère, le Vénitien peu faire de même avec un Italien du Sud… Quand on ne veut pas se comprendre, on y parvient toujours.

Le serbo-croate a été déclaré mort avec la disparition de l’État pour lequel, il a été conçu, la Yougoslavie. Ses héritiers sont le croate, le serbe, le bosnien (ou bosniaque)... bientôt le monténégrin. Ces créations politiques ne sont que diverses facettes d’une même langue qui aura plusieurs noms, comme le flamand et le hollandais, les deux nuances du néerlandais.

Ljudevit Gaj (1809-1872)

Vuk Karadžić (1787-1864)

Josip Strossmayer (1815-1905)

 
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