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  Afrique du Sud
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La majorité de la population est noire

Les Noirs

Les Noirs d’origine bantoue représentent environs 75 % des Sud-Africains. Pour nier cette réalité, les Blancs seuls au pouvoir jusqu’en 1994, s’étaient efforcés de définir des ethnies et sous-ethnies afin de segmenter la population noire pour mieux la dominer.

Le terme de Bantou (Bantu en anglais) a été inventé par un philologue allemand en 1862, il a été utilisé par le régime d’apartheid pour désigner les Noirs. Il est aujourd’hui rejeté au profit de « Black » ou de désignations ethniques.

Par la suite, on a divisé la population bantoue en plusieurs groupes qui servirent à définir les catégories juridiques de l’apartheid :

- Le groupe des Ngunis (plus de la moitié des Noirs) : Zoulou (Zulu en anglais), Xhosa, Swazi, Ndebélé.

- Le groupe des Sothos (un tiers des Noirs) : Tswana, Sotho du Nord et Sotho du Sud (une division en trois sous-groupes contestée par beaucoup d’anthropologues).

- Les Tsongas, appelées aussi Shangaans.

- Les Vendas, petit groupe isolé à la frontière du Zimbabwé.

Des groupes ethnolinguistiques qui apparaîssent un peu artificiels quand on sait que plus des deux tiers du vocabulaire est commun à ces 9 langues. Pour ménager les susceptibilités de chacun (largement exploité à l’époque de l’apartheid) elle ont chacune le statut de langue officielle.
Plusieurs de ces groupes n’ont rien d’ethnique, ce sont des créations politiques relativement récentes, tel les Swazis, population formées à la fin du XVIIIe siècle par le chef Mswazi en regroupant sous sa conduite des populations diverses. C’est aussi le cas des Zoulous (Zulus) dont la nation a été fondée dans les années 1820 par le chef Chaka. Ces derniers forment le groupe le plus nombreux (12 millions) et le plus fortement attaché à son identité, à son roi (Goodwill Zwelithini) et à ses coutumes, mais de moins en moins à son chef politique M. Buthelezi et à son parti, l’Inkatha, autrefois quasi parti-unique du Zoulouland. Aujourd’hui de plus en plus de Zoulous votent pour l’ANC, une formation dont les principaux cadres (Mandela, Mbeki…) sont des Xhosas, le groupe traditionnellement rival des Zoulous. Actuellement, la moitié des Noirs vit dans des grandes villes éloignées de leur foyer « d’origine », parle l’anglais, voire l’afrikaans, plus souvent que leur langue « maternelle » et se considère Sud-Africains avant tout autre appartenance.

Les Noirs non-bantous : les Khoisans
Que l’on scinde en deux groupes : les Hottentots ou Khoïs et les Bochimans (Bushmen en anglais) ou Sans. Menacés d’instinction, ils ne sont plus que quelques dizaines de milliers. Ce sont les aborigènes de la terre sud-africaine, les premières populations que les Européens ont rencontrées en arrivant en Afrique du Sud (les Bantous vivaient plus à l’Est et plus au Nord). Les immigrants étant essentiellement des hommes, beaucoup ont épousé leur servante. C’était l’époque où les mariages interraciaux étaient autorisés et largement pratiqués. Ainsi est née une population de Métis que plus tard les descendants des hollandais rejèteront. Les derniers Khoisans (ceux qui ont échappé aux maladies des Européens et au métissage) vivent aujourd’hui dans les régions désertiques des confins de la Namibie et du Botswana.

Après avoir vécu plusieurs milliers d’années en Afrique australe, les Sans (Bochimans) ont frôlé l’extinction, du fait de la colonisation puis de l’apartheid, qui a perpétué la répression exercée à leur endroit. Aujourd’hui, le peuple San voit son avenir s’éclaircir grâce à l’acquisition de nouvelles terres à la lisière du Kalahari, où ils peuvent tirer bénéfice du tourisme et de la chasse. Un rebond fragile, mais réel, pour ceux que l’on appelle aussi les « hommes de brousse ».

Les Métis représentent près de 4 millions de personnes (soit près de 9 % de la population), ils sont le fruit de métissages des premiers immigrants européens avec les autochtones, mais aussi avec les esclaves importés par les hollandais de leur colonie d’Insulinde (l’actuelle Indonésie). Ces derniers sont appelés les Malais du cap. Au-delà des catégories inventées par la politique de ségrégation, la population dite d’origine européenne n’est pas exempte de métissage.

Au Cap, et dans sa région, où les Métis vivent presque tous, ils ont joui du droit de vote dès le XIXe siècle et jusqu’en 1956 (quand les Afrikaners sont parvenu à supprimer ce particularisme régional). Ils ne l’ont retrouvé qu’en 1984 pour élire des représentants sans pouvoirs, puis pleinement en 1994. la plupart des Métis ont rejeté l’appellation de « coloured » (imposé par l’apartheid) et l’ont remplacée par « so called coloured » ou « Brown People ».

Les Blancs

Ils se classent eux-mêmes en deux catégories, les Afrikaners et les autres (les anglophones). Cette distinction s’estompe aujourd’hui peu à peu dans les grandes villes.

« Au XVIIe siècle, le mot Afrikaander désignait les indigènes. Au début du XVIIIe, on a employé le terme Afrikaner pour parler des colons blancs nés en Afrique du Sud et les différencier ainsi des immigrants nés en Europe. Au XIXe siècle, le terme désignait les Sud-Africains de descendance hollandaise, tandis que Boer (« paysan » en hollandais) était réservé aux Afrikaners des républiques boers : l'État libre d'Orange et la République sud-africaine (le Transvaal). Au XXe siècle, alors qu'une grande partie de la population s'était installée dans les villes, le mot Boer finit par disparaître pour laisser place à nouveau à celui d'Afrikaner. » (Encyclopédie Hachette)

Les Afrikaners (littéralement les « Africains » en afrikaans) sont les descendants des premiers Hollandais arrivés dans la région du Cap au XVIIe siècle et des Allemands qui les ont suivis. Ils ont été rejoints par quelques centaines de familles françaises huguenotes chassées par la révocation de l’Édit de Nantes (les premiers huguenots sont arrivés au Cap en 1688).

Tous sont calvinistes et n’ont plus de relations avec leur métropole respective depuis environs deux siècles (pour les Hollandais, depuis que la Hollande a vendu sa colonie du Cap à l’Angleterre en 1814). Au XIXe, sous domination anglaise, ils n’étaient que des Boers (paysan en hollandais, un terme qui deviendra péjoratif) supportant mal la tutelle de Londres. En 1835, refusant l’abolition de l’esclavage ordonné par le gouvernement anglais en 1833, ils ont massivement émigré (le Grand Trek) vers l’intérieur du pays où ils se sont heurtés aux populations bantoues. Après avoir vaincu ces derniers, les voortrekkers ont fondé l’État libre d’Orange (1854) et la république du Transvaal(1852).

Un demi-siècle plus tard, pour prendre le contrôle de ces deux républiques, les Anglais ont déclenché la terrible guerre des Boers (1899-1902) qui failli bien faire disparaître le peuple Boer. Pour l’occasion Londres créa les premiers camps de concentration de l’histoire où étaient enfermés les familles des combattants Boers et leurs esclaves noirs. Le nombre de mort fut considérable pour la population de l’époque. Les survivants se considèrent comme des miraculés de l’Histoire et construisent toute une mythologie où le peuple afrikaners (c’est ainsi qu’on les appelle désormais) se perçoit à l’image des Hébreux, comme un peuple élu de Dieu, devant se défendre un fusil dans une main, une bible dans l’autre. Ayant fait la paix avec les Anglais, leur nouvel ennemi désigné est la majorité noire de la population. Pour éviter de la voir prendre sa place dans le pays, ils en mettent en place la ségrégation, puis l’apartheid (1949). Les Afrikaners représentent environ 60 % de la population blanche quand l’Afrique du Sud est devenue indépendante (en 1934) ils ont assez vite, par le jeu d’une « démocratie » réservée aux seuls Blancs, pris en main les rênes du pays. C’est ainsi que 8 % de la population a dirigé l’Afrique du Sud sans partage de 1948 à 1994.

Les autres blancs, dit anglophones, (appelés aussi Uitlanders, « étrangers » par les Afrikaners) représentent un peu plus de deux millions de personnes. Ils descendent des Britanniques arrivés au XIXe siècle, des populations d’Europe centrale (Hongrie...) ou orientale (Lituanie...), notamment des juifs, qui sont arrivées à la fin du siècle et au cours du suivant. Puis, plus récemment de Grecs (aujourd’hui 90 000) ou de Portugais d’Afrique fuyant la décolonisation (200 à 600 000 selon les estimations)…

Les Asiatiques
Ce sont surtout des Indiens venus des Indes à l’époque où la colonie du Cap et les Indes appartenaient au même empire britannique.

Les Indiens : un peu plus d’un million de personnes (soit 2 à 3 % de la population) concentré dans la province du Kwazoulou-Natal et en particulier à Durban où ils représentent plus de 40 % de la population. Très urbanisés, ils occupent localement beaucoup de postes important de la vie économique.

Les Chinois : quelques dizaines de mille installés depuis plusieurs générations.

Bibliographie

L'invention du Hottentot : Histoire du regard occidental sur les Khoisan (XVe-XIXe siècle)


Les Bushmen dans l’histoire (les Boshimans)

Ndebele par Margaret Courtney-Clarke


Durban. Les Indiens, leurs territoires, leur identité

L'Afrique du Sud des Afrikaners

Espaces arc-en-ciel : Identités et territoires en Afrique du Sud et en Inde

Homme bochiman

Les Bushmen dans l’histoire (les Bochimans, en français)

Le Chant des Bushmen-Xam : Poèmes d'un monde disparu, une anthologie de poèmes anciens des Bochimans du Cap

Femme zouloue

Un site sur les Zoulous (angl.) : histoire, coutumes, tourisme… belle présentation, mais contenu limité.

Famille afrikaners

Le mémorial huguenot en Afrique du Sud (angl.) propose un historique et une liste des familles (il peut être contacté en vue de recherches généalogiques).

Les mythes afrikaners par Paul Coquerel (7 pages à télécharger en pdf)


Femme hindoue (Durban)

À lire :
L'Afrique du Sud et ses populations, une étude de Youssef Courbage, in Population et Sociétés n° 354, février 2000, l'INED. L’article peut être téléchargé gratuitement sur le site de l’INED.

 
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