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Yordan Raditchkov

Un des grands écrivains bulgares du XXe siècle (1929-2004)

Yordan Raditchkov est né en 1929 dans une famille de paysan, à Kalimanitsi (ou Kalimanica), village du nord-est de la Bulgarie - aujourd'hui englouti sous les eaux d'un barrage. Il fait ses études secondaires à Berkovitza. Il commence à écrire comme correspondant en province de différents journaux, avant de s’installer à Sofia. Pendant des années, il séjourne et parcourt la campagne bulgare qui inspirera beaucoup de ses écrits qui témoignent des profonds changements subits par la Bulgarie rurale après la Seconde guerre mondiale.

Son premier livre apparut dans 1959, c’est un recueil de nouvelles, Le Cœur bat pour les hommes. Humeur féroce (1965), Aquarium (1967) et La Barbe du bouc (1967)… autant d’occasion de jeter un regard ironique, voire grotesque sur la réalité. En 1971, il reçoit le prix Dimitrov, l'une des plus hautes distinctions littéraires bulgares, mais le dramaturge verra plusieurs de ses pièces interdites dans pays. Au théâtre, à partir des années 1970, s'illustrent Jordan Radickov, qui, alliant traditions populaires et satire, a créé un nouveau style de comédie, proche du théâtre de l'absurde (Pagaille, Paniers).

« Mêlant une écriture proche de celle de la fable à un goût évident pour le paradoxe et même pour l'absurde ou pour le fantastique, Raditchkov s'était largement inspiré de son village d'origine et des mœurs paysannes pour alimenter ses récits » (Le Monde, 22 janvier 2004). « Raditchkov lui-même a trouvé le nom pour décrire son univers : c’est le monde de "l'agitation" chaotique. Chacun des personnages est crispé par un geste, un histoire, une obsession qui le meut de sorte que rien ne peut changer son trajectoire :… Ils se croisent, ils échangent des histoires, pour repartir dans tous les sens. » (extrait de la préface d'Ivaylo Ditchev pour L'Herbe folle)

Yordan Raditchkov est auteur de deux romans, de scénarii de films (pour le studio national), de nombreuses nouvelles et récits de voyages (dans les pays scandinaves et en Sibérie) et de six pièces. Son œuvre, internationalement reconnue, a été traduite dans une vingtaine de langues. En 1991, Il a été élu député sur une liste socialiste, mais il a rapidement démissionné. Il est mort à Sofia en janvier 2004. Ce sont sans doute ses contes qui perpétueront le mieux le souvenir de son œuvre. Ses maîtres était Alphonse Daudet et Guy de Maupassant.

« On a pu le comparer à Garcia Marquez par la magie qui imprègne son univers. Celle qu'il traque et recrée par son verbe est intrinsèque à l'homme, elle n'existe que par le regard et le verbe de l'homme et elle est liée à la vie paysanne : elle a disparu de notre monde moderne trop riche en objet de toutes sortes pour stimuler encore notre imagination. Pour nombre de personnages et de ses récits, la parole est une arme dans toutes les situations : contre l'ennui, contre l'embarras, contre l'angoisse, contre l'incompréhension, et plus ils sont embarrassés, inquiets, moins ils comprennent la situation qu'ils vivent, et plus la parole est fantaisiste, délirante et en même temps lourde de sens. » (extrait d'une préface de Marie Vrinat, sa principale traductrice en français)

Sur la Toile

Un entretien avec l’auteur

Jordan Radickov : à la recherche de la magie perdue, un article de Marie Vrinat-Nikolov


-> Jordan Radickov


- L'herbe folle et autres récits
- Nous les moineaux
- Récits de Tcherkaski (Les)
- Barbe de bouc (La)
- Souvenirs de chevaux
- Le Chapeau melon
- Janvier, suivi de Lazarista

 
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