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Varlam Chalamov

Écrivain russe (1907-1982) qui passa 22 ans de sa vie au goulag dont il tira de terribles récits

Né à Vologda en 1907 dans une famille aisée ruinée par la révolution de 1917. Varlam Tikhonovitch Chalamov est le dernier des cinq enfants d'un ecclésiastique privé de ses fonctions par le nouveau régime. Après ses études secondaires, en 1924, il fuit la misère et trouve du travail près de Moscou. En 1926, devenu ouvrier, il a accès à l'université. À Moscou, il fréquente les bibliothèques, les cercles futuristes et constructivistes. Il commence à écrire.

En 1929, il est arrêté dans une imprimerie clandestine qui diffusait le Testament de Lénine (document dans lequel, Lénine exprimait ses réticences sur le choix de Staline comme successeur). Il passe deux ans dans un camp de travail à Vichéra, nord de l’Oural, où il rencontre sa femme. En 1931, à Moscou, il publie ses premières œuvres.

En 1937, Varlam Chalamov est condamné à cinq ans de bagne pour « activité contre-révolutionnaire trotskiste ». Il est envoyé en Kolyma, dans cet Extrême-Orient soviétique. Dans des conditions inhumaines, il travaille dans différentes mines, d'or en particulier. Il n'est en fait libéré de sa peine qu'en 1951, mais reste assigné à résidence à Kolyma. Il écrit de la poésie.

Quand il rentre à Moscou en 1954, après une absence de dix-sept ans, c'est pour se faire chasser par sa femme et par sa fille, qui l'accuse d'être « un ennemi du peuple ». L'année suivant, Varlam Chalamov entreprend la rédaction des Récits de Kolyma. Dès sa libération, Chalamov rencontre Pasternak qui lui confie en 1954 et 1955, en deux fois, le manuscrit de Docteur Jivago, il en est l'un des premiers lecteurs.

Varlam Chalamov est officiellement réhabilité en 1956, il s’installe à Moscou, rompt avec Pasternak, fait la connaissance de sa seconde femme, O.S. Neklioudova. Les Récits de Kolyma, refusés en URSS, paraissent à l'étranger en 1960, mais il ne perçoit aucun droit d'auteur. Isolé et malade, Varlam Chalamov est mort en 1982, aveugle et sourd, dans un hôpital psychiatrique où il a été transféré contre son gré. De son vivant, il n'a publié dans son pays que quelques recueils de poèmes. Son œuvre commence a être connu en France à partir de 1969 grâce à Maurice Nadeau qui édite ses premières traduction chez Denoël.

« Amitiés avec Pasternak, Soljénitsyne ou Nadejda Mandelstam durent peu. Car l'homme qui juge que l'auteur de L'Archipel du Goulag est un "porte-parole du classicisme" et qu'il "ne connaît rien ni ne comprend ce qu'est le camp", est sombre, taciturne. Il écrit beaucoup, des poèmes, une autobiographie, des essais, un "antiroman"; et, de 1954 à 1972, les Récits de la Kolyma. Des parties du livre sont diffusées clandestinement et hors du contrôle de l'écrivain. Une première édition paraît, en russe, à Londres en 1978. » (extrait d’un article de Patrick Kéchichian, Le Monde, 10 octobre 2003)

« Au moyen des Récits de Kolyma, Chalamov s'est frayé un chemin -un chemin de croix-, à travers des contrées inexplorées, vers des abîmes insoupçonnés de l'âme humaine, jusqu'à une "planète" froide, ainsi que les détenus surnommaient Kolyma ("Kolyma, Kolyma, ô planète enchantée :/L'hiver a douze mois, tout le reste c'est l'été") peuplée d'extraterrestres squelettiques, plus morts que vifs, et réduits en esclavage au nom d'un principe empreint d'une monstrueuse ironie : "Le travail est une question d'honneur, de gloire et d'héroïsme." » (extrait d’un article d'Éric Naulleau, Le Matricule des Anges , septembre 1996)


Sur la Toile

Son œuvre

Une biographie de Varlam Chalamov : Première partie - deuxième partie - troisième partie par Elena Pavel (Regards sur l'Est, 2002)


- Récits de la Kolyma
- Vichéra
- Essais sur le monde du crime
- Mes bibliothèques
- Tout ou rien
- Correspondance avec Alexandre Soljenitsyne et Nadejda Mandelstam
- Années 20 (Les)
- Quatrième Vologda (La)

 
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