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Roberto Bolaño

Poète et romancier chilien (1953-2003), un des écrivains latino-américain les plus admirés de sa génération.

Né en 1953 à Santiago du Chili, il a fuit son pays en 1974 grâce à un militaire de sa famille. Roberto Bolaño a beaucoup erré : au Mexique où son père était boxeur, en France, en Belgique, en Italie, au Portugal, en Suède... avant de s'installer à Blanès, un village situé près de Barcelone, avec son épouse catalane et ses enfants.

« Il farfouille avec jubilation les recoins obscurs de l'histoire chilienne, de l'Espagne où il s'est finalement installé. Après une petite bombe lancée il y a quelques années, La Littérature nazie en Amérique, il porte avec Étoile distante, Amuleto et Nocturne du Chili trois nouveaux coups secs et sonnants dans les plaies boursouflées du sous-continent. Points convergents de ces trois textes explosifs, la violence, la terreur politique, mais surtout l'alliance naturelle de la littérature et du mal. Obsession récurrente dont Bolaño n'a pas l'exclusivité, mais qu'il décline avec une puissance extraordinaire. » (Florence Gaillard, Le Temps, 1er juin 2002)

« Héritier hétérodoxe de Borges, de Cortazar, de Artl, d’Onetti, à la fois poète et romancier, il saisit à bras le corps la littérature et l’histoire de sa génération, et est passé maître du brassage des registres, situations et personnages. » (Christian Bourgois)

« Tenant la bride courte à ses phrases, il ne cède jamais aux complications sémantiques et préfère à tout lyrisme l'humour né du décalage entre le ciel supposé des poètes et la réalité terrestre, faite de pas mal de désastres. La langue de Bolaño, sa façon de construire des textes à la fois déroutants, pleins de scintillements et infiniment proches, sont une manière de résister au mal, à l'adversité, à la médiocrité. » (extrait d'un article de Raphaëlle Rérolle - Le Monde, 14 juin 2002)

« En 2001, Bolaño a eu le sort que la vie réserve parfois aux écrivains : il a vécu une histoire qu'il aurait dû écrire. Un autre auteur, l'Espagnol Javier Cercas, peine à écrire un roman sur la guerre civile. Il y raconte comment un romancier phalangiste aurait été sauvé par un Républicain et comment lui, Cercas, cherche obsessionnellement la trace de ce fantôme républicain. Mais il reste bloqué dans son enquête et dans l'écriture de son livre. Il apprend alors que Bolaño a peut-être rencontré, dans sa vie errante, celui qu'il cherche. Le Chilien lui dit ce qu'il sait. Surtout, il le débloque : Cercas peut achever son ouvrage et lui donner un sens grâce à leur entretien, qui figure dans son roman. Depuis, les Soldats de Salamine (Actes Sud) ont fait de lui un auteur célèbre. Et beaucoup d'Espagnols ne connaissent Bolaño qu'en tant que personnage du best-seller d'un autre. Il s'en amuse et confirme que les choses se sont bien déroulées telles que Cercas les écrit, puis ajoute : "Ce n'est pas le premier livre dans lequel j'apparais. En Amérique du Sud, des jeunes ont fait de moi une sorte de Jack Kerouac chilien. J'apparais dans leurs histoires, comme une mascotte. Il ne faudrait pas que je devienne un personnage." » (extrait d’un article de Philippe Lançon, Libération, 26 juin 2003)

Il a reçu en 1997 le prix le plus important de son pays, le Prix Herralde en 1998, et le Prix Romulo Gallegos, le plus prestigieux d’Amérique latine, en 1999.

Malade, il attendait une greffe du foie quand il est mort à Barcelone le 17 juillet 2003. Il est mort en exil, mais n'a jamais cessé, dans ses œuvres, d'évoquer le Chili et plus largement l'Amérique latine.

Parmi ses publications

 La littérature nazie en Amérique latine  (Christian Bourgois, 2003)

 Des putains meurtrières  (Christian Bourgois, 2003)

Nocturne du Chili (Christian Bourgois, 2002)

Étoile distante (Christian Bourgois, 2002)

Amuleto (Les Allusifs, 2002)


Ouvrage sur l'auteur

Astres noires de Roberto Bolaño


-> Roberto Bolano


- Nocturne du Chili
- Étoile distante
- Amuleto
- Littérature nazie en Amérique (La)
- Des putains meurtrières
- Monsieur Pain

 
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