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René Gallissot

Historien, spécialiste du Maghreb colonial

Engagé à gauche, appartenant à la génération intellectuelle de la guerre d’Algérie, René Gallissot a enseigné à l’université d’Alger à l’Indépendance en 1962. Il revient pour Mai 68 à la Sorbonne, passe de l'université de Vincennes à l’Institut Maghreb-Europe de l’Université de Paris VIII.

René Gallissot est professeur émérite à l’université de Paris VIII. Il a dirigé l’ouvrage Mouvement ouvrier, communisme et nationalismes dans le monde arabe (Éditions de l’Atelier, 1978); il est aujourd’hui le directeur de la série Maghreb du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier (Le Maitron).

« En 1957, René Gallissot débarque au Maroc pour les besoins d'une thèse sur le patronat européen durant le protectorat. (...) Gallissot parcourt le pays de long en large et remonte jusqu'à M'hamid El Ghazlane, la même semaine où Feu Mohammed V, faisait un voyage dans la région.

Le jeune chercheur, venu comprendre sans jamais prétendre avoir tout compris, gardera de ce premier périple marocain, une impression qu'il répète à l'envie et à ce jour. Il soufflait un vent de démocratie sur le Maroc, évoque-t-il, avec un sentiment de nostalgie pour sa jeunesse vadrouilleuse qu'il n'a jamais quitté. Une démocratie joyeuse et exubérante. C'était en effet la toute première période de décantation. Avant que ne suivent les réglages d'intérêts, les clivages partisans et les affrontements politiques. Gallissot vivra la même expérience en Algérie, en 1962, l'année de l'indépendance. (...)

René Gallissot est un érudit, mais pas un rond de cuir, un de ces rats de bibliothèques dont l'univers cognitif se limite aux archives historiques et autres documents de première ou énième degré. Tout historien qu'il soit, tout normalien qu'il fut, Gallissot est un Maghreb-Trotter qui privilégie la communication directe et le travail de terrain. Il a su entretenir sa fibre militante de prime jeunesse, pour en faire une source énergie renouvelable et un motif de motivation renouvelée. Quarante ans de bougeotte intellectuelle et physique l'ont beaucoup servi pour la connaissance des hommes et la mise à jour des idées.

Durant ces quatre décennies chargées d'histoire immédiate, il a été là où il le fallait, quand il le fallait. Dire qu'il s'est arrangé pour accompagner le sens de l'Histoire, serait vaniteux. Mais sa proximité des faits se faisant et des hommes agissant, reste une manière d'humaniser la recherche historique, une manière de la sortir des travées poussiéreux des dépôts d'archives et des rayonnages aseptisés des bibliothèques. Sans pour autant manquer aux fondements, toujours les mêmes, de la méthode historique. La démarche dynamique de Gallissot l'a amené à être la cheville ouvrière d'une série de séminaires sur les faits saillants et les visages marquants du passé, mais aussi du présent, des pays du Maghreb. » (extrait d'un article d'Abdellatif Mansour, Maroc-Hebdo)



Parmi ses œuvres

La république française et des indigènes (L'Atelier, 2007)

 Algérie : Engagements sociaux et question nationale  (L'Atelier, 2007)

Le Maghreb de traverse (Bouchène, 2000)

 Mehdi Ben Barka, de l'indépendance marocaine à la tricontinentale  (Eddif, 1997) : Sous la direction de René Gallissot et Jacques Kergoat


 Pluralisme culturel en Europe  (L'Harmattan, 1994) : Sous-titre : Culture(s) européenne(s) et culture(e) des diaporas. Sous la direction de René Gallissot.

 Ces migrants qui font le prolétariat (Méridiens-Klincksieck, 1994) : Avec N. Boumaza et G. Clément.


 Les quartiers de la ségrégation. Tiers-monde ou Quart-monde ?  (Karthala-Institut Maghreb-Europe, 1995) : Sous la direction de B. Moulin et R. Gallissot.

Maghreb-Algérie : classes et nation (L’Arcantère, 1987)


- Mehdi Ben Barka, de l'indépendance marocaine à la tricontinentale
- La République française et les indigènes
- Algérie : engagements sociaux et question nationale

 
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