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Pierre Poivre

Voyageur, botaniste et administrateur colonial (1719-1786)

Né en 1719, à Lyon (France), dans une famille de commerçant aisée, Pierre Poivre a fait ses études à Paris, au séminaire des Missions étrangères. En 1741, il s'embarque pour la Chine pour participer à son évangélisation. Pendant deux ans, Pierre Poivre séjourne à Canton où après un séjour en prison, il devient un protégé du vice-roi qui l'autorise à visiter l'intérieur du pays. Il s'installe ensuite en Cochinchine.

Sur le chemin du retour en France, Pierre Poivre est blessé (il perd un bras) et capturé par un navire anglais (1745). Pendant son séjour à Batavia, il découvre la culture de la girofle et de la noix muscade. En 1746, à Pondichéry, il fait la connaissance de Bertrand François Mahé de la Bourbonnais et gagne l'île de France (aujourd'hui l'île Maurice) en 1753, où il fait acclimater des muscadiers et des girofliers, transportés clandestinement, en les confiant à Jean Baptiste Christian Fusée-Aublet (1720-1778) directeur du jardin d'essai de l'île de France.

Pierre Poivre est de retour à Lyon en 1756 et est reçu dans différentes académies. En 1766, il est nommé intendant des îles de France (l'archipel des Mascareignes). Il débarque à Port-Louis en 1767 avec sa toute jeune femme, Françoise. Bernardin de Saint-Pierre, de passage dans l'île en tombera amoureux et pensera à elle en écrivant Paul et Virginie.

En 6 ans, Pierre Poivre impulse un véritable développement des futures îles de la Réunion, Maurice et même des Seychelles où il organise des plantations. Il créé dans sa propriété de Mont-Plaisir, le fameux jardin de Pamplemousse, l'un des plus beaux jardins botaniques du monde. Pierre Poivre, au nom prédestiné, a introduit à Bourbon (Réunion) : le giroflier, le letchi, l’anis étoilé, l’avocatier du Brésil... À l'île de France (Maurice), il a introduit l’imprimerie, a acclimaté le giroflier, la muscade, le poivre, la cannelle... C'est lui qui brise le monopole du commerce des épices tenu par les Hollandais.

Pierre Poivre est de retour à Lyon en 1772 avec sa femme et ses deux filles. Il y meurt en 1786. Son œuvre colonisatrice reste dans les mémoires, mais on sait aussi qu'il a critiqué l'esclavage et les outrances du colonialisme.


- Mémoires d'un botaniste et explorateur

 
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