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Pierre George

Géographe (1909-2006), un des maîtres de la géographie française au XXe siècle

Né en 1909 à Paris, Pierre George a fait des études d'histoire et de géographie (agrégé), il a enseigné dans divers lycées (Montpellier, Charlemagne à Paris, Lakanal à Sceaux...), puis fait sa carrière à la Sorbonne où il entre en 1948. Il y est professeur de géographie humaine jusqu'en 1977. Ce qui ne l'empêche pas de partir souvent enseigner à l'étranger (Tunisie, Brésil, Argentine, Canada, Venezuela, Mexique (son dernier poste, en 1984).

Il soutient sa thèse sur La Région du Bas-Rhône en 1934. Membre du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, il adhère au Parti communiste en 1936. Son intérêt pour l'Union soviétique. il publie en 1945, une Économie de l'URSS, le premier ouvrage important en français sur ce pays. 1951, il publie avec le démographe Alfred Sauvy, une Introduction à l'étude géographique de la population dans le monde. il signe de nombreux titre de la collection Que sais-je ?. Pierre Georges est aussi à l'origine de plusieurs collections aux PUF, La France de demain, L'Europe de demain et Magellan. En 1965, il publie la Géographie active (PUF) où il montre en quoi les géographes, par leur capacité d'analyse des « situations », peuvent contribuer à un meilleur aménagement des territoires. Une idée qui sera reprise et développée par Yves Lacoste.

« Il avait, très vite après une thèse régionale classique soutenue à vingt-quatre ans, introduit dans sa discipline le rôle des rapports sociaux et de leur évolution dans la construction des espaces, aux diverses échelles. Sa Géographie sociale de la France, sortie aux Éditions sociales internationales sous le Front populaire, a contribué à orienter nombre de lycéens vers la géographie, dans la perspective d’agir à travers elle, dotée de l’analyse marxiste, pour rendre plus humains les milieux de vie.

Après la libération, à travers la collection Orbis qu’il ouvrit aux Presses universitaires de France, il entreprit, par sa Géographie de l’URSS (1947), son Introduction à l’étude géographique de la population du monde et les deux volumes (Géographie physique et humaine et les États) d’une Géographie de l’Europe centrale (1954) écrite avec Jean Tricart, de faire jouer cette analyse avec celles d’autres facteurs  : conditions naturelles, ressources, techniques d’exploitation... Parmi les ouvrages qu’il y fit éditer, l’Étude des pays de la rive sud de la Méditerranée, par Jean Dresch, allait initier aux conflits générés par la domination colonialiste. » (extrait d'un article de André Prenant, L'Humanité, 9 octobre 2006)

« Dès ses premiers cours à la Sorbonne (Institut de géographie) en 1948, Pierre George donna à la géographie une tout autre dimension, en accordant une importance fondamentale au plan mondial à ce qu'il appelait les "systèmes économiques et sociaux", ceux du système capitaliste et ceux du système socialiste. Dans l'ambiance de l'époque, ses cours suscitaient grand intérêt. On pouvait bien évidemment y reconnaître l'influence du marxisme, mais Pierre George ne s'y référa jamais explicitement, pas plus qu'aux « luttes de classes ». Ces cours furent largement diffusés dans l'opinion par une série de petits Que sais-je ? : Géographie sociale du monde, Géographie industrielle du monde, etc. Dans les années 1950 et 1960, Pierre George orienta pour leurs sujets de thèse le choix de ses meilleurs étudiants - alors plus ou moins marxistes - vers l'étude des différents types de phénomènes urbains ou de diverses grandes industries.(...)

Pour Pierre George, qui s'était éloigné progressivement du Parti communiste, la crise de 1968 aura de profondes conséquences. Il ne comprend pas l'agitation étudiante et se tient à l'écart des différents courants qui agitent le milieu des géographes, y compris de ceux qui se réclament de lui. Outre un Dictionnaire de la Géographie (1970) dont il dirige la réalisation, les livres que Pierre George publiera après 1968 traitent non sans nostalgie surtout de la "perte de repères dans le monde actuel". » (extrait d'un article d'Yves Lacoste, Le Monde, 19 septembre 2006)

En 1980, Pierre George a été élu membre de l'Académie des Sciences Morales et Politiques, dans la section Histoire et Géographie, au fauteuil laissé vacant par le décès de Marcel Dunan. Son dernier livre est Le Temps des collines, en 1995.


- Dictionnaire de la géographie

 
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