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Peter Handke

Écrivain de langue allemande, de réputation internationale

Né 1942 à Griffen dans une famille de petits paysans autrichiens. Sa mère est d'origine slovène. Il n'a pas de père connu. Sa mère se marie. C'est son beau-père (un alcoolique qu'il déteste) qui lui donne un nom et quatre frères et sœurs. Son enfance est marquée par la guerre.

Il commence à écrire à l'âge de 16 ans. Lorsque la maison d'édition Suhrkamp accepte son premier roman Les Freulons (1965), il interrompt ses études de droit qu'il était sur le point de terminer et mènera dès lors une existance d'écrivain indépendant.

En 1966, instantanément, il devient célèbre par le succès de sa pièce de théâtre Outrage au public et par le scandale qu'il provoque en attaquant les principes esthétiques du Groupe 47, un cercle d'écrivains et de critiques qui, jusque-là, dominait incontestablement la littérature de langue allemande d'après-guerre.

« Le paradoxe de l'étonnant parcours de Handke au firmament littéraire réside en ceci que cet auteur à la célébrité internationale, qui avait fait en 1966 une entrée provocante avec sa pièce Outrage au public et le coup d'éclat de son discours agressif au congrès du Groupe 47, alors la plus prestigieuse organisation d'écrivains en Allemagne, ne semble plus aspirer aujourd'hui qu'à effacer sa réputation initiale en se gommant lui-même de plus en plus dans ses textes, tout en n'écrivant qu'au plus serré de son expérience.
Promptement accusé par ses adversaires, de ne chercher que sa propre publicité, Handke, tel un personnage des films de son ami Wim Wenders (dont il a été plusieurs fois le scénariste, de Faux mouvement aux Ailes du désir), arpente à présent les chemins de l'Europe ou se baigne dans ses fleuves, homme sans adresse, solitaire, à la recherche d'une vérité essentielle, qui serait l'être même du langage dans l'immédiateté de la sensation. » (extrait d'un article de Michel Contat, Le Monde, 9 décembre 1988)

Il multiplie les écrits, romans, pièces de théâtre, essais et obtient presque tous les grands prix littéraires autrichiens et allemands. Il signe des scénario de films pour le réalisateur Wim Wenders, lequel adapte plusieurs des romans d'Handke. Il a vécu à Salzbourg, à Düsseldorf, à Berlin. En 1991, il s'installe à Chaville, près de Paris.

« C'est en des termes polémiques que l'écrivain autrichien Peter Handke, d'origine slovène par sa mère, exprimait lui aussi son point de vue sur Mitteleuropa : "L'Europe centrale : c'est une notion qui n'a pour moi qu'un sens météorologique. J'y ai bien pensé pendant mes longues promenades dans les Alpes juliennes. Lorsque j'étais dans le sud des Alpes et que je regardais les nuages qui couronnaient les sommets, je songeai à l'Europe centrale comme à un pays sis de l'autre côté, où tombait la pluie et où sévissait le brouillard. Je me disais : tu vois, toi tu es du nord, et dans le karst le vent souffle, le soleil brille, il y a des pins et des figuiers... L'Europe centrale - terme que je n'emploierais jamais avec une connotation idéologique - c'est une chose qui est liée à des phénomènes de climat." Handke réglait ainsi ses comptes, à sa manière, avec tout ce qui l'avait contraint de quitter l'Autriche et d'émigrer à Paris. » Predrag Matvejevitch
l'article complet

La crise yougoslave lui font redécouvrir ses racines slaves. En 1991, il prend position contre l'indépendance de la Slovénie dont il est originaire. En 1996, il prend l'opinion publique occidentale à rebrousse-poils en soutenant sans réserve pour le peuple serbe. Il quitte l'Église catholique pour protester contre la position du Vatican dans le conflit.

« Peter Handke, pro-serbe convaincu, accuse l'OTAN de perpétrer un "nouvel Auschwitz" en Yougoslavie. "L'OTAN est désormais parvenue à un nouvel Auschwitz", a-t-il déclaré dans une interview au quotidien allemand Sueddeutsche Zeitung. "À l'époque, il s'agissait de robinets de gaz et d'exécutions d'une balle dans la nuque, aujourd'hui, ce sont des computer-killer à 5000 mètres d'altitude", poursuit-il. La morale, a encore déclaré l'écrivain et dramaturge, est "devenue dans cette guerre un autre mot pour désigner l'arbitraire". Peter Handke revendique haut et fort son enrôlement dans la cause serbe. "Étre pro-serbe représente pour moi une distinction honorifique", déclare l'écrivain… » (La République des lettres, 1999)

Parmi ses œuvres


Milos Sobaïc (La Différence, 2001) : Un essais sur le peintre yougoslave.

Par une nuit obscure je sortis de ma maison tranquille (Gallimard, 2000) Le pharmacien de Taxham, faubourg de Salzbourg, raconte à l'écrivain-narrateur l'étrange voyage qui l'a mené à l'improviste, à l'aventure, des mois durant, depuis l'Autriche jusqu'en Andalousie. Parti solitaire et muet, il en est revenu éveillé et serein, après un parcours apparemment arbitraire qui fut en somme initiatique. Jamais le grand écrivain autrichien n'a sans doute mieux allié le romanesque à la poésie. À propos du livre

Bienvenue au conseil d'administration (Gallimard, 1998)
Des textes parodiques (écrits dans différents styles, juridique, Far-West, à la Kafka…) ayant tous pour sujet la mort violente.

Préparatifs d'immortalité (L'Arche, 1998)

Mon année dans la baie de Personne (Gallimard, 1997)
Voyage intérieur, somme de souvenirs et d'expériences du présent, tentative de décrire le banal et le quotidien.

L'Heure ou nous ne savions rien l'un de l'autre (L'Arche, 1997) : Pièce de théâtre : Le « personnage » principal de cette pièce est une place publique. Une place comme celle qui se trouve devant le Centre Commercial du Mail sur le plateau de Vélizy, à laquelle Handke a dédié ce texte. Mais cela pourrait être n'importe quelle place, et par conséquent les individus qui la traversent sont des plus divers.

Les gens déraisonnables sont en voie de disparition (L'Arche 1997) : Pièce de théâtre dans laquelle le personnage principal prend tout à coup conscience qu'il joue quelque chose qui n'existe pas et que « c'est ça la différence. C'est ça le désespoir ».

Outrage au public et autres pièces parlées (L'Arche, 1997)

Encore une fois pour Thucydide (Bourgois, 1996)
Impressions de voyage, scènes de la vie quotidienne : en Yougoslavie, au Japon, en France.

Un voyage hivernal vers le Danube, la Save, la Morava et la Drina (Gallimard, 1996)


L'Absence (Gallimard, 1993)
Quatre personnages anonymes, une femme, un soldat, le joueur et le vieil homme, réunis par l'aventure de l'espace quotidien le découvrent au fur et à mesure qu'il s'étend devant eux : le plus proche devient un paysage lointain, un terrain vague devient l'immensité, une étendue dénudée le désert.

Essais sur la journée réussie (Gallimard, 1993) : Une journée peut être vaste comme le monde, longue comme le temps même, elle se dispose alors, à son rythme, selon sa propre « ligne de beauté et de grâce » (…). Mais la réussir c'est réinventer toute la poésie du monde et faire que l'histoire n'ait pas été, comme au premier jour. Cette journée réussie toujours en suspens, on ne cesse de la voir en filigrane à travers toutes les autres.

Voyage au pays sonore, ou, L'art de la question (Gallimard, 1993)

Le vent et la mer (Bourgois, 1992)
Recueil de pièces radiophoniques (des feuilletons) écrites par l'auteur pour la radio allemande entre 1968 et 1970.

Espaces intermédiaires (Bourgois, 1992)
Entretiens en avril 1986, entre Peter Handke et un critique suisse, Herbert Gamper.


J'habite une tour d'ivoire (Bourgois, 1992)
Recueil de textes et d'articles (réflexions, critiques, satires, pamphlets, etc.) publiés entre 1965 et 1971.
Essai sur la fatigue (Gallimard, 1991)
Analyse de diverses formes de fatigue en relation avec l'insomnie, le couple, les amis et l'Autriche natale mal dénazifiée de l'auteur. S'il est une fatigue qui creuse les êtres, s'il est aussi une « mauvaise » fatigue oisive, celle des tueurs survivant de l'extermination, il en est une tout autre forme aussi qui tout au contraire les fait clairvoyants.

Gaspard (L'Arche, 1990)

Le recommencement (Gallimard, 1989)

La chevauchée sur le lac de Constance (L'Arche, 1989) : Pièce en un acte pour cinq femmes et trois hommes. Un moment du quotidien où des personnages, réunis dans une maison, parlent de tout et de rien.

Après-midi d'un écrivain (Gallimard, 1988)


L'histoire du crayon (Gallimard, 1987) : Notes écrites entre 1976 et 1980, dans lesquelles vie quotidienne et création littéraire se confondent.


Poème à la durée (Gallimard, 1987)

Le chinois de la douleur (Gallimard, 1986)


La leçon de la Sainte-Victoire (Gallimard, 1985) : Seconde tranche d'une tétralogie entre Lent retour et Histoire d'enfant. Une réflexion à partir des toiles de Cézanne et de la montagne qu'elles représentent, constituant un petit traité sur l'écriture, la philosophie, la peinture.

Le pupille veut être tuteur (L'Arche, 1985)

Histoire d'enfant (Gallimard, 1983 - 2001) : roman.

L’angoisse du gardien de but au moment du penalty (Gallimard, 1982), roman.

Lent retour (Gallimard, 1982) : Premier volet d'une tétralogie. Le héros « consentant et désemparé » est un géologue qui se rend en Alaska, puis retourne en Europe via San Francisco et New York.

Le Poids du monde (Gallimard, 1980).

La Femme gauchère (Gallimard, 1978 - 1980) : « Sans raison », sous le coup d'une illumination qu'elle n'expliquera pas, la femme de ce récit demande à son mari de s'en aller, de la laisser seule avec son fils de huit ans. La voici, désormais, « libre », bien que le mot, trop grand, trop précis, ne soit pas prononcé, ni pensé peut-être. Avec la simplicité déroutante que nous lui connaissons, Peter Handke impose puissamment à l'enchaînement des faits et gestes insignifiants de la vie quotidienne une dimension universelle et tragique.

L'heure de la sensation vraie (Gallimard, 1977) : Une errance parisienne, une pérégrination-inventaire.

Le non-sens et le bonheur (Bourgois, 1975)
Tentative poétique de « retrouver le langage des sentiments quotidiens ».

Faux-Mouvement (Bourgois) : Script d'un film réalisé en 1974 par Wim Wenders : le voyage que Wilhelm Meister - il ne porte pas par hasard, le nom du personnage de Goethe - entreprend à travers l'Allemagne. Du Nord au Sud. Il voudrait devenir écrivain.


Le colporteur (Gallimard, 1969) : Une sorte de roman policier dans le style du « nouveau roman ».

Les frelons (Gallimard, 1983) : Une chronique campagnarde. Die Hornissen (titre original).


Sur la Toile

Les pièces de théâtre d'Handke publié chez l'Arche.

Peter Handke, fauteur de troubles (Lionel Richard, Le Monde Diplomatique, mai 1996)


- Histoire d’enfant
- Angoisse du gardien de but avant le penalty (L')
- Femme gauchère (La)
- Recommencement (Le)
- J'habite une tour d'ivoire
- Voyage hivernal vers le Danube, la Save, la Morava et la Drina
- Leçon de la Sainte-Victoire (La)
- Malheur indifférent (Le)
- À ma fenêtre le matin

 
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