BiblioMonde

Miguel Torga

Écrivain portugais (1907-1995), poète, romancier, dramaturge, essayiste et médecin.

Miguel Adolfo Correira da Rocha (son vrai nom) est né en 1907 à São Martinho da Anta, petit village de la privince de Trás-os-Montes, nord-est du Portugal. Il connaît l'enfance difficile des familles paysannes pauvres.

« ... pour ne pas rester au patelin à bêcher j'ai fait des choses extraordinaires (...) Je suis allé à Porto comme serveur, puis au séminaire. À treize ans je suis allé au Brésil travailler dans un terrain défriché, j'ai coupé la plante du café, j'ai été gardien de vaches et de taureaux et, même, chasseur de serpents » (Michel Torga)

Michel Torga passe une partie de son adolescence au Brésil puis rentre au Portugal pour y suivre des études de médecine. À partir de 1933, il exerce dans sa province natale puis ouvre un cabinet à Coimbra : tout au long de sa vie, il mènera une double carrière de médecin ORL et d'écrivain.

« C’est bien d’être à la fois médecin et poète, on peut donner deux fois. Les jeunes viennent me voir parce que j’écris des vers, les vieux parce que je peux les soigner, et nous sommes tous gagnants. Eux parce qu’ils ne sentent plus seuls au monde, et moi aussi finalement. » (Miguel Torga, En franchise intérieure)


C’est en 1928 que le jeune médecin Adolfo Rocha publie son premier recueil de poèmes, Ansiedade, sous le pseudonyme de Miguel Torga (Miguel est un hommage à Cervantès et à Unamuno, quant à torga, c’est une variété de bruyère connue pour sa résistance).


Poète, nouvelliste, romancier, diariste, essayiste, auteur dramatique, il a exercé la médecine, durant toute sa vie active, à Coimbra. Résistant de la première heure au salazarisme, exilé de l’intérieur, il a enrichi la langue et la littérature portugaises dans une œuvre maintes fois censurée et saisie, entièrement auto-éditée.

« Miguel Torga est devenu classique de son vivant, en raison de la portée, de la diversité et de l’originalité de son œuvre, à l’image de l’un de ses aphorismes : L’universel, c’est le local moins les murs. Ce sont 94 nouvelles, 2 romans et le grand récit romanesque de sa Création du monde, les 16 volumes du Journal, 3 pièces de théâtre, 2 volumes d’essais et conférences, 15 recueils poétiques et les 700 poèmes inclus dans l’édition originale du Journal. Depuis longtemps, des "fadistes" chantent Miguel Torga, plusieurs de ses ouvrages ont été mis en onde, en scène et en images, et chacun a été régulièrement attendu et commenté, voire guetté, sous le régime de Salazar que cette œuvre subversive indisposait particulièrement. Aussi a-t-elle valu à Miguel Torga de connaître l’arsenal complet des exactions politico-policières : arrestation, emprisonnement, saisies, privation de passeport, mise sous surveillance. » (Claire Cayron, sa traductrice en français)

En 1939, les autorités font saisir la quatrième des « six journées » composant son roman autobiographique, la Création du monde. L'ouvrage restera interdit de publication pendant plus de trente ans. Emprisonné puis libéré, le romancier choisit de rester au Portugal. Miguel Torga voulant tout contrôler, son œuvre a été entièrement publiée à compte d'auteur. Ce qui ne l’empêcha pas d’atteindre une certaine notoriété et, à partir des années 1970, de recevoir de nombreux autres prix, au Portugal et à l'étranger. Il a reçu en 1976 le Grand Prix Internationel de Poésie et en 1985 le Prix Camões (le Goncourt portugais). Miguel Torga est mort à Coïmbre en 1995. Beaucoup le considèrent comme le plus portugais des écrivains du XXe siècle, le véritable écrivain national, chantre du Portugal profond. Il a été découvert en France au cours des années 1990, principalement grâce aux traductions de Claire Cayron et à son éditeur José Corti.

Parmi ses œuvres

Requiem pour moi (La Brèche, 2000)

Arche (José Corti, 2000)

De la peine de mort (Sables, 1999)

La Création du monde (Flammarion, 1999)

Vendange (José Corti, 1999)

Lapidaires (José Corti, 1999)

Rua (Tout sur le Tout, 1988 - Corti, 1997)

En chair vive : pages de Journal (José Corti, 1977 - 1993 - 1997)

Portugal (José Corti, 1996)

L’Universel, c’est le local moins les murs (William Blake, 1994)

Contes et nouveaux contes de la montagne (José Corti, 1994)

Senhor ventura (José Corti, 1991)

Poèmes ibériques (José Corti, 1990)

À la proue d’un navire de roc (Tout sur le Tout, 1986)

En franchise intérieure (Aubier-Montaigne, 1982)


Sur la Toile

Une page sur l’écrivain (port.)

Biographie et bibliographie portugaise (port.)

Un recueil de poésie (port.)

D’autres poèmes en musique… (port.)


- Création du monde
- Vendange
- Contes et nouveaux contes de la montagne
- Poèmes Ibériques
- Portugal
- Arche
- En franchise intérieure
- En Chair vive
- Senhor Ventura
- Rua
- Sésame, pour la traduction
- L'Universel c'est le local moins les murs
- Requiem pour moi
- Orphée rebelle

 
© BiblioMonde.com