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Michael Pollak

Sociologue et Historien (1948-1992)

Né à Vienne en 1948, chargé de recherches au , à l’Institut d’histoire du temps présent et au Groupe de sociologie politique et morale, ses travaux portaient sur l'histoire et la sociologie de la culture et des sciences contemporaines. Il s’est notamment consacré à l’analyse de l’identité sociale en situation extrême.

« Le prix et l'originalité de la démarche de Michael Pollak, sociologue-historien qui dominait trois cultures (la germanique, la française et l'anglo-saxonne), c'est sa capacité à maîtriser une triple dialectique : le couple engagement/objectivité, la dualité approche empirique/ambition de théorisation et l'articulation entre la connaissance scientifique et le champ sociopolitique. L'épicentre dans cette quête intellectuelle est la recherche de l'identité. » (extrait de la présentation d'Une identité blessée)

« Je pense qu'il avait choisi la France, pour y faire sa thèse, parce qu'il pensait qu'il pourrait y accomplir dans des recherches empiriques les dispositions critiques qui, dans la tradition allemande, s'exprimaient sur un mode plus spéculatif. Ou, plus précisément, parce qu'il croyait y découvrir, réalisée ou en train de se réaliser, une possibilité réelle d'échapper à l'alternative mortelle, sans cesse réaffirmée dans le fameux débat de méthode si typiquement germanique, entre la philosophie critique indifférente à la recherche empirique qu'incarnait l'Ecole de Francfort, et la sociologie positiviste, bureaucratisée et soumise aux attentes bureaucratiques, que Paul Lazarsfeld s'efforçait d'imposer à l'échelle de l'univers. » (extrait d'un article de Pierre Bourdieu, 1992)

Parmi ses publications

L'Expérience concentrationnaire. Essai sur le maintien de l'identité sociale (Anne-Marie Métailié, 2000).

Une identité blessée : études de sociologie et d'histoire (Anne-Marie Métailié, 1993) préfacé par François Bédarida.

Vienne 1900 (Julliard, 1984 - Gallimard, 1992)

Les homosexuels et le sida : Sociologie d'une épidémie (Anne-Marie Métailié, 1988). « Ce travail sur les modes de vie homosexuels et les conséquences sociales du sida s'inscrit naturellement dans son œuvre sociologique qui est traversée par une interrogation sur l'identité et l'affirmation de soi dans des moments difficiles voire extrêmes. Dès 1982, après deux décennies de libération sexuelle, son premier article sur l'homosexualité masculine souligne les difficultés qu'il y a à s'affranchir de la socialisation exclusivement hétérosexuelle. La plupart des homosexuels restent soumis à une gestion schizophrène de leur vécu, une source majeure de souffrance produite par la coupure relativement forte entre affectivité et sexualité : On ne naît pas homosexuel, on apprend à l'être. » (Marie-Ange Schiltz, sa collaboratrice pour les enquêtes Gai Pied hebdo)


- Vienne 1900
- Identité blessée (Une)

 
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