BiblioMonde

Mário de Carvalho

Né en 1944 à Lisbonne, Mário de Carvalho milite depuis ses études de droit au sein du Parti communiste. Appelé sous les drapeaux, il est emprisonné plus d’un an pour propagande révolutionnaire. En 1972, il s’exile en France, puis en Suède. Il rentre au Portugal après la Révolution des œillets et devient avocat.

« J'ai publié mon premier livre en 1981, puis un deuxième et un troisième. Pendant ce temps, la profession d'avocat m'ennuyait de plus en plus. Les tribunaux me fatiguaient, je subissais les conflits, les histoires de famille. Au fur et à mesure, je suis passé à cette autre activité. Cela va faire cinq ans maintenant que j'écris et que j'ai laissé tomber la profession d'avocat.

Je me sens curieux et j'aime me disperser. Je transpose le cinéma dans le roman et le roman dans le cinéma. Je trouve essentiel de diversifier mon activité. Mais je place le roman par-dessus tout même si cette écriture me semble la plus difficile, la plus compliquée à réussir. J'y travaille pendant deux, trois ans et même plus. Le roman demande une grande discipline par rapport à la langue, les situations et les personnages. De plus, il m'impose des responsabilités très lourdes, en particulier à l'égard de la littérature puissante de mon pays. Pourtant, c'est la forme d'écriture la plus importante et la plus noble à mes yeux. » (Mário de Carvalho, entretien avec l’auteur, fnac.net, mars 2000)

« Mário de Carvalho en est l’un des représentants les plus fascinants. Avocat durant vingt ans, il ne pratique plus depuis dix ans mais a gardé son bureau, dans les quartiers populaires de la Praça do Chile. Un canapé miteux, quelques exemplaires de ses livres sur une étagère impersonnelle. Son diplôme d’avocat dans un cadre doré. Après avoir divorcé tous ses amis, il est content d’avoir quitté le métier. "J’ai vu défiler le pire de la nature humaine, envie, haine, esprit de vengeance. Ça me dégoûtait et m’ennuyait. Et toute cette bureaucratie…" (…) Mário de Carvalho essuie ses lunettes sur sa veste vaguement fripée, plisse des yeux ironiques. "J’appartiens à une génération autrefois très mobilisée qui doit accepter que les choses ne se soient pas construites à la manière de nos rêves." Sa fille journaliste revient du Brésil où elle a rencontré des Portugais qui y vivent comme de nouveaux colonialistes. "Le monde de Jules Verne était rond, facile, expliqué. Le nôtre n’est fait que d’incertitudes."
À la suite du tremblement de terre de 1755, qui fit 40 000 morts le jour de la Toussaint, une querelle agita l’Europe intellectuelle, dont on retrouve les traces dans Candide de Voltaire : s’agissait-il d’un châtiment divin ? Existait-il un Dieu qui puisse frapper de la sorte ses fidèles au moment où ils célébraient son culte ? En 1988, un incendie détruisait dix-huit immeubles du vieux quartier du Chiado. Lídia Jorge en fait le point culminant de Un jardin sans limites. Ne survivent que des familles d’albinos, de monstres, de bossus. "J’en parle comme d’un crime, oui. C’est le symbole du mensonge au cœur de la cité." Quasi une paraphrase de Pessoa, lisboète intranquille : "Je suis arrivé à Lisbonne, mais non à une conclusion. » (extraits d'un article d'Isabelle Falconnier, L'Hebdo, 26 avril 2001)


Mário de Carvalho écrit pour le cinéma, la radio, le théâtre, les journaux…

Sur la Toile

Mario de Carvalho le facétieux (Raphaëlle Rérolle, Le Monde, 17 mars 2000)

Interwiew de Mario de Carvalho : « la réalité n'a pas suivi nos songes ». En trois romans, Mario de Carvalho s'est imposé dans le paysage littéraire portugais comme un auteur incontournable. Léger, volontiers ironique, il retrace avec bienveillance son parcours (lire ses propos et écouter la voix de l’auteur sur fnac.net)

Parmi ses œuvres

Un dieu dans le souffle du jour (Christian Bourgois, 2002)

Le Fond des choses (Gallimard, 1999) : un roman qui se moque gentiment du Parti communiste, dont de Carvalho est membre depuis 1965

Les Sous-lieutenants (Gallimard, 1996) : un recueil de nouvelles qui consacre son auteur comme un des grands écrivains portugais de sa génération.

Le Jeune Homme, la forteresse et la mort (Gallimard, 1992) : son premier roman.



- Jeune homme, la forteresse et la mort (Le)
- Sous-lieutenants (Les)
- Fond des choses (Le)
- Un dieu dans le souffle du jour

 
© BiblioMonde.com