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Marc Riboud

Photographe français (1923-2016), l'auteur de quelques-unes des photos les plus célèbres du XXe siècle comme celle d'une jeune femme tenant une fleur face aux baïonnettes des soldats, lors de la marche pour la paix au Vietnam en 1967.

Né en 1923 à Lyon, Marc Riboud a abandonné son premier métier d'ingénieur en 1950 pour la photographie. En 1953, il rentre chez Magnum, la célèbre agence de photo-journalisme dont il sera longtemps le vice-président, puis le président en 1975. Il y reste jusqu'en 1980. Marc Riboud a parcouru le monde, particulièrement l'Inde, la Chine, le Vietnam, les États-Unis, le Moyen-Orient,. Ses clichés sont les réactions spontanées de ses rencontres. Il a publié plusieurs livres, dont Femmes du Japon 1951, Visages du Vietnam du Nord 1970, Vues de Chine 1981, Gares et trains 1983.

« Mon début a été lent. J'étais intimidé par le milieu de Magnum et particulièrement par les personnalités de Cartier-Bresson, de Capa et de Chim, qui étaient pour moi lourdes de signification et d'enseignement. J'avais le sentiment d'une grande distance entre eux et moi, je ne savais pas voyager comme eux, je ne connaissais rien du photo-journalisme. Mais j'avais en même temps un fort réflexe d'indépendance. Mon premier acte, dès que j'ai été accueilli à Magnum, a été de quitter Paris et la France pendant deux ans. J'ai eu très peu de contacts avec les autres photographes. Je connaissais un peu leur style, qui n'était pas seulement une façon de photographier, mais une manière de vivre. Comme tu dis, l'idée de chercher à me distinguer d'eux, par ce qu'on appelle aujourd'hui une personnalité photographique, ne me serait pas venue à l'esprit. D'ailleurs personne n'utilisait ce terme. Quand on se rencontrait, on ne parlait pas des "belles photos" qu'on avait faites, mais des pays qu'on avait vus, des personnages rencontrés. On se passait des adresses, des noms de bistrots, on se racontait nos aventures. Il est vrai que Cartier-Bresson et quelques autres avaient de fortes tendances pédagogiques, je dirais même moralisatrices. Ils exerçaient inconsciemment une pression morale, non seulement pour le travail photographique, mais pour tout le reste, jusqu'à la manière de ranger ses appareils dans sa sacoche. Puisque je les respectais, j'ai été amené à être influencé par eux, ce que je ne regrette pas. Mais j'avais aussi le réflexe de ruer dans les brancards, comme je l'avais eu par rapport à ma famille, quand j'étais parti dans le maquis ou quand j'avais quitté le métier d'ingénieur. (…)

Mais on est attiré par le danger, comme on est attiré par les belles femmes. C'est physiologique. Je me trouvais à Hong Kong en 1968, j'étais marié et j'avais deux jeunes enfants, quand les Vietnamiens ont lancé l'offensive du Têt. J'ai tout de suite pris l'avion pour Saigon, et je me suis retrouvé à Hué. Un jour, à l'aéroport militaire de Da Nang, il y a eu un appel pour Khe San, qui était encerclé, tu t'en souviens. Quelle tentation de sauter dans l'avion pour Khe San ! J'avais mes appareils, j'étais en pleine forme, pourquoi ne pas aller à Khe San ? Finalement je n'ai pas pu... » (Marc Riboud, deux extraits d'un long entretien avec Frank Horvat)

Sur la Toile

Un site consacré au photographe


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- Demain Shanghaï : Shanghai Tomorrow
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