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Manoel de Oliveira

Cinéaste portugais

Manoel de Oliveira est le plus vieux cinéaste encore en activité, il est né en 1908. Manuel Cãndido Pinto de Oliveira de son vrai nom, est le fils d'un industriel de Porto, la ville à laquelle, il est resté fidèle toute sa vie. Son film, Porto de mon enfance (2001) en est la meilleure illustration.

Il fait ses études secondaires en Galice dans un collège tenu par des jésuites réfugiés en Espagne après leur expulsion du Portugal par la République instaurée en 1910. Il évoque cette période dans Voyage au début du monde.

Ensuite, il travaille à la bonne marche de l'usine paternelle (textile et passementerie) et à l'entretien des vignobles familiaux. Dans les années 1930, il réalise une série de documentaires, mais il se fait surtout connaître du public pour ses exploits sportifs… Il a été champion du Portugal de saut à la perche et coureur automobile. Il s'intéresse au cinéma, tout en rêvant de devenir acteur comique. Tout en continuant, pour vivre, à s'occuper des affaires familiales (il prend la succession de son père), il aborde la fiction dans les années 1940, mais continu à faire des documentaires. Après Aniki-Bobo, il attendra vingt ans pour réaliser son second long métrage, Acte de printemps (1961).


Manoel de Oliveira attendra surtout la fin de la censure salazariste pour prendre à corps sa carrière de cinéaste, l'âge où d'autres prennent leur retraite. Comme pour rattraper le temps perdu, il enchaînera ensuite les films. Sa reconnaissance internationale est encore plus tardive : à partir de 1985, ses films sont finalement admis dans la sélection officielle du festival de Cannes. Au milieu des années 1990, il est enfin connu du grand public. Le cinéaste est alors octogénaire.



Il passera à une forme plus longue au début des années 40 avec Aniki-Bobo. Il lui faudra attendre vingt ans pour réaliser son second long métrage, Acte de printemps (1961).

adaptant Madame Bovary dans le Val d'Abraham (1993), qui lui ouvre un plus large public. Cela lui permet de tourner pour la première fois (le Couvent, 1995) avec des stars internationales comme Catherine Deneuve et John Malkovitch.



Sa filmographie

Douro faina fluvial (1931) : le premier documentaire du cinéaste. La fiche du film (port.).

Houille blanche (Hulha branca, 1932) : un documentaire.

Statues de Lisbonne (Estatuas de Lisboa, 1932) : un documentaire. Une fiche (port).

Le Portugal fait déjà des automobiles Portugal (já faz automóveis, 1938) : un documentaire. La fiche.

Miramar, plage des roses (Miramar, praia das rosas, 1938) : un documentaire. la fiche.

Famalicão (1939) : un documentaire. La fiche.

Aniki-Bobo (1942) : le premier film de fiction de Oliveira, émouvante et tragique chronique de la vie d'enfants des quartiers populaires, inspiré de Meninos milionarios de Rodrigues de Freitas. La fiche -Commander la vidéo.


Le Peintre et la ville (O pintor e a cidade , 1956) : à partir des œuvres du peintre Antonio Cruz. La fiche (port.).

Le cœur (O coração, 1958) : un documentaire inachevé.

Le Pain (O pão , 1959) : un documentaire. La fiche (port.).

La Chasse (A Caça, 1963) : un court métrage.

Acte du printemps (Acto da Primavera, 1963) : un film inspiré de la représentation populaire du Mystère de la passion de Francisco Vaz de Guimarães (XVIe siècle). La fiche.

Le Passé et le présent (O Passado e o Presente, 1971) : une comédie, d'après la pièce de Vincente Sanches. La fiche (port.).

Bénilde ou la Vierge-mère (Benilde ou a Virgem Mãe, 1975) : une adaptation de la pièce de José Régio. La fiche (port.).

Amour de perdition (Amor de Perdição, 1978) : le chef-d'œuvre d'Oliveira, inspiré du roman homonyme de Camilo Castelo Branco. La fiche (port.).

Francisca ( 1981) : une adaptation du roman d'Augustina Bessa Luís, Fanny Owen. La fiche (port.).

Lisbonne culturelle (Lisoa cultural, 1982) : un documentaire. La fiche (port.).

1983 - Nice... À propos de Jean Vigo  : un documentaire en référence au documentaire de Jean Vigo, À propos de Nice (1929). La fiche (port.).

Le Soulier de satin (O Sapato de Cetim, 1985) : l'adaptation de la pièce de de Paul Claudel. La fiche.

Mon Cas (O Meu Caso, 1986) : d'après O meu Caso de Jose Regio, et Beckett et Le Livre de Job. La fiche (port.).

Deprofondis (1987) : un film inspiré d'un conte d'Agustina Bessa-Luís, et des poèmes de José régio, Antonio Nobre, et Fernando Pessoa.

Les Cannibales (Os Canibais, 1987) : une tentative d'opéra ubuesque, d'après Alvaro de Carvalhal. L’action se déroule au XIXe siècle dans la haute société portugaise : un riche vicomte mangé par des membres de sa belle-famille. Une fiche sommaire (fr.) - une autre (port.) Commander la vidéo.

Non, ou la vaine Gloire de commander (Non, ou a vã Gloria de Mandar, 1990) : une impressionnante fresque sur les défaites du Portugal. La fiche - Commander le DVD ou la vidéo.

La Divine Comédie (A Divina Comédia, 1991) : un films faisant appel à la Bible, à Dostoïevski, à José Régio et à Nietzsche. une fiche (it.) - Une autre (port.).

Le Jour du désespoir (O Dia do Desespero, 1992) : les derniers jours de l'écrivain Camilo Castelo Branco. La fiche (port.).

Val Abraham (Val Abraão, 1993) : réalisé à partir du livre d’Agustina Bessa-Luís, une adaptation de Madame Bovary pour le Portugal qui le fait connaître du grand public. Ce film est une pensée sur l’amour, plus particulièrement sur la difficulté pour le XXe siècle de sortir du romantisme. Un commentaire - Commander le DVD ou la casette.

La Cassette (A Caixa, 1994) : Dans un quartier pauvre, un vieil aveugle vient de se faire voler pour la seconde fois sa cassette à aumônes. L'affaire provoque un conflit violent car son gendre et ses amis vivent à ses crochets. La tragédie, par l'ironie du destin, libèrera au moins sa fille de la charge familiale qui pesait sur elle. D'après la pièce de Prista Monteiro. Commander la vidéo.

Le Couvent (O Convento, 1995) : le premier films de Oliveira avec des stars internationales comme Catherine Deneuve et John Malkovitch. Sénario d'Agustina Bessa-Luis (d'après son roman Les Terres du risque). Un commentaire - Commander la vidéo.

En une Poignée de Mains Amies (1996) : un court métrage réalisé avec Jean Rouch. La fiche (port.)

Party (Party, 1996) : le film met aux prises un couple (Michel Piccoli et Irène Papas) et un autre (Leonor Silveira et Rogerio Samora) à l'occasion d'une garden-party donnée dans une riche demeure des Açores, puis, cinq ans plus tard, lors d'une nouvelle rencontre au même endroit. Les dialogues sont d'Agustina Bessa-Luís. Commander la vidéo -

Voyage au début du monde (Viagem ao Principio do Mundo, 1997) : D'origine portugaise, Afonso est venu au Portugal pour jouer dans un film. Il se rend dans le village qu'avait quitté son père 60 ans plus tôt, accompagné de son metteur en scène Manoel. Au cours du trajet s'entrecroisent deux récits : celui de Manoel évoquant sa propre enfance, et celui que fait Afonso des tribulations de son père. Un scénario original du cinéaste. - Une fiche (it.) - Commander la vidéo.

Inquiétude (Inquiétude, 1998) : d'après Les immortels de Helder Prista Monteiro, Suzy de Antonio Patricio, et Mère d'un fleuve de Augustina Bessa-Luís. Une fiche sommaire (fr.).

La Lettre (A Carta, 1999) : un film inspiré du roman de madame de La Fayette, La Princesse de Clèves transposé dans le Paris d'aujourd'hui - une fiche du film (fr.) - une autre (fr.) une autre encore (esp.) - un commentaire (fr.) - Commander le DVD ou la vidéo.

Parole et Utopie (Palavra e Utopia , 2000) : la vie du jésuite Antonio Vieira, à travers ses sermons, une figure majeure de l'histoire religieuse du Portugal. une critique - à propos du film (fr.) - une autre fiche (it.).

Je rentre à la maison (Vou para Casa , 2000) : une réflexion sur la vieillesse. Fiche technique et critique - une autre - La critique du Monde - Commander le DVD ou la vidéo.

Porto de mon enfance (Porto da minha infância) (2001) : le cinéaste évoque son passé à travers l'histoire de sa ville natale, Porto. Petit film (62 minutes), un faux documentaire en forme d'hommage à la ville où il a quasiment toujours vécu. À propos de ce film - une autre fiche - l'affiche du film.


Le principe de l'Incertitude (O Principio da Incerteza , 2001) : d'après le livre d'Agustina Bessa-Luís - Le site officiel (port.-angl.) - Fiche (fr.) - La critique du Monde - Celle de Chronic'art.


Sur la Toile

Le seigneur de Porto : Rencontre avec Manoel de Oliveira, doyen des cinéastes (Télérama, septembre 2002)

Un numéro de la revue Camoens consacré au cinéaste : résumé des articles (fr.)

Entre révolte et contemplation

Manoel de Oliviera dossier de l'Institut Camões (port.).

L'apothéose d'Oliveira (fr.)

Biographie (port.)

Oliveira se meut , le mouvement de caméra chez oliveira par Michel Manuel (fr.).

Dans BiblioMonde : des livres sur le cinéaste

Manoel de Oliveira sous la direction de Jacques Parsi.

Manoel de Oliveira par Yann Lardeau, Jacques Parsi et Philippe Tancelin.

Conversation avec Manoel de Oliveira par Antoine de Baecque et Jacques Parsi.


- Conversation avec Manoel de Oliveira
- Angelica
- Cannibales (Les)
- Lisbonne Culturelle

 
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