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Madeleine Rebérioux

Historienne (1920-2005), spécialiste de la IIIe république et militante pour les droits de l'homme

Née en 1920 à Chambéry sous le nom d'Amoudruz, Madeleine Rebérioux a été militante communiste dès 1946. Elle sera exclue du PCF en novembre 1969 pour gauchisme, après avoir participé à la fondation de la revue d’extrême-gauche Politique aujourd’hui.

Madeleine Rebérioux est « née dans une famille savoyarde très laïque qui s'illustra par sa résistance au nazisme, élève en classe préparatoire au lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, sévrienne à Paris sous l'Occupation, jeune enseignante au lycée de Mulhouse, Madeleine Amoudruz épousa un homme du Berry, Jean Rebérioux, militant communiste dont elle était fière. Ces dimensions privées doivent être ici rappelées tant les lieux, les appartenances, les identités comptèrent pour Madeleine Rebérioux, au moins autant que les convictions politiques et les positions académiques. Ses quatre enfants et ses passions militantes multiples ne l'empêchèrent pas non plus de réussir une carrière universitaire complète à une époque où l'accès des femmes à l'enseignement supérieur restait une exception. » (extrait d'un article de Vincent Duclert, Le Monde, 9 février 2005)

Madeleine Rebérioux est surtout connue pour son engagement anticolonialiste : elle membre active du comité pour la défense des libertés en Algérie et signe l'Appel des 121. Professeur d'histoire au lycée Marcellin-Berthelot de Saint-Maur en région parisienne, en 1945, elle participe à la constitution d'un comité contre la guerre d'Algérie. Elle est témoin direct des événements du 17 octobre 1961 à Paris. Madeleine Rebérioux milite ensuite contre la guerre au Vietnam (1965-1969). Elle a été présidente de la Ligue des droits de l'homme de 1991 à 1995. Fidèle à ses idéaux, elle a fait de la paix entre les Israéliens et les Palestiniens son dernier combat.


Ancienne élève de l'École normale supérieure de Sèvres, agrégée d'histoire et de géographie, devient docteur d'Etat en sciences humaines après une thèse sur « Jaurès, la SFIO, et la société française au tournant du siècle ». Professeur de lycée de 1945 à 1961, elle est assistante puis maitre-assistante à La Sorbonne (1962-1969), avant d'être professeur à l'université de Paris VIII-Vincennes (jusqu'en 1988), devenue l'université de Saint-Denis.

Madeleine Rebérioux se spécialise dans l'histoire sociale, culturelle et politique de la IIIe République. Ses travaux portent essentiellement sur le socialisme, le syndicalisme et la classe ouvrière. Elle présidait d'ailleurs la Société d'études jaurésiennes qui entreprend la publication des écrits de Jean Jaurès aux éditions Fayard : 17 volumes sont à paraître d'ici 2008, à raison de deux volumes par an, sous sa coordination éditoriale et celle de Gilles Candar. De 1972 à 1981, Madeleine Rebérioux a été directrice de la revue Le Mouvement social et vice-présidente du musée d’Orsay (1981-1987).

« Elle eut ainsi de nombreux élèves, futurs chercheurs réputés et d'esprit anticonformiste, de Chantal Martinet-Georgel à Michèle Riot-Sarcey, de Patrick Fridenson à Gérard Noiriel, de Gilles Candar à Christophe Prochasso... En même temps, elle travailla avec les plus grands historiens de sa génération, Maurice Agulhon, Jean-Jacques Becker, Colette Chambelland, Georges Haupt, Jean-Marie Mayeur, Michelle Perrot, Rolande Trempé, Lucette Valensi, Pierre Vidal-Naquet... Elle les mobilisa pour la plupart, comme ses élèves, dans sa chère Société d'études jaurésiennes (SEJ) qu'elle avait cofondée et qu'elle présida à partir de 1982. Son séminaire de l'EHESS, qui fut aussi son dernier lieu d'enseignement au début des années 1990, témoigna de cette rencontre rare entre les personnes, les savoirs et l'histoire en train de se faire. » (Vincent Duclert)

« Spécialiste du socialisme français, militante des droits humains, Madeleine Rebérioux a marqué son temps par sa rigueur scientifique dans la recherche universitaire, son humanisme et ses engagements passionnés. Elle était connue dans les milieux associatifs et politiques pour son attention à l’histoire vivante, pour ses engagements anti-colonialistes vigoureux et pour ses réflexions sur les nouvelles formes de citoyenneté qui régissent les rapports entre les hommes et les femmes dans la société et au travail. » (RFI, février 2005)

Madeleine Rébérioux est décédée à Paris en février 2005.


Parmi ses publications


 Socialisme et utopies de Babeuf à Jaurès  (La Documentation française, 2000), écrit avec Chantal Georgel et Frédéric Moret

 Parcours engagés dans la France contemporaine  (Belin, 1999)

 Contribution à l'histoire du mouvement social français  (L'Harmattan, 1997), écrit avec Victor Fay

 Jaurès et les intellectuels  (Éditions du Patrimoine, 1994)

 Jaurès et la classe ouvrière  (Éditions du Patrimoine, 1994)

 Jean Jaurès, la parole et l'acte  (Gallimard, 1991)

 La République radicale, 1899-1914  (Le Seuil, coll.Points, 1975)

Sur la Toile

Quelques réflexions sur le problème Israël-Palestine


- Droits de l'Homme. Combats du siècle
- La République radicale, 1899-1914

 
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