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Madeleine Giteau

Historienne d'art, spécialiste du Cambodge et du Laos

Docteur d'État en Études Indiennes, professeur émérite de l'Université de Paris III, Madeleine Giteau a séjourné au Cambodge de 1946 à 1970 et a été pendant dix ans conservateur du Musée Royal des Beaux-Arts de Phnom Penh (1956-1966), au titre de l'École Française d'Extrême-Orient (EFEO). Ses recherches sur l'iconographie du Cambodge post-angkorien, du XIVe siècle à nos jours, l'ont incitée à s'intéresser à l'art qui s'est épanoui, au Laos, à cette même époque qui a vu l'éclosion de la culture lao.

Née en 1919, « son enfance à Nantes, dans une famille de marins originaire du Croisic, est bercée par les cartes postales qu'envoie son oncle, receveur des Postes à Pnomh Penh. L'agrégation d'histoire et l'Ecole des Chartes étant, sous Pétain, interdites aux femmes, elle passe une simple licence d'histoire et, jeune professeur, part en 1946 pour le pays de ses rêves. Sur le bateau qui l'emmène, Madeleine Giteau fait la connaissance de l'ancien conservateur des monuments d'Angkor, Henri Marchal. Alors à la retraite, il sera rappelé, deux ans plus tard, pour procéder à la restauration d'une galerie d'Angkor Vat, l'un des temples les plus majestueux du site d'Angkor qui, comme son nom ne l'indique pas, fut à la fois une ville et un ensemble de sites sacrés. Avec Henri Marchal, Madeleine Giteau passe son premier mois angkorien.

Il lui faut comprendre les inscriptions en sanscrit et en vieux khmer qui sont gravées, comme autant d'énigmes, sur les bas-reliefs, les stèles et les statues. Madeleine Giteau rentre donc en France en 1951 pour se former à ces langues anciennes, à l'Ecole du Louvre. De retour à Pnomh Penh, elle doit attendre 1956 et la nomination à l'école française d'Extrême-Orient d'un directeur plus ouvert d'esprit que ses prédécesseurs, pour se voir confier la direction du musée de Pnomh Penh. Les femmes, à l'époque, ne sont pas considérées comme naturellement candidates à ce type de poste, sauf quand leurs publications savantes sont reconnues, ce qui est le cas de la jeune femme. Madeleine Giteau a 38 ans.
Pendant dix ans, elle enrichit le musée, tout en conseillant les autorités khmères sur la création de musées provinciaux et en enseignant l'archéologie à l'université de la capitale. Elle a comme étudiants Monique, la future épouse du roi Sihanouk, qui vit toujours actuellement avec son royal mari à Pnomh Penh, et plusieurs futurs dirigeants khmers rouges, tel que Ieng Sary, futur beau-frère de Pol Pot, "à l'époque un jeune play-boy, se souvient-elle, antipathique et infatué de lui-même".

En 1974, alors que le Cambodge, victime de sa proximité avec le Vietnam en guerre contre les Etats-Unis, s'enfonce dans la confusion, Madeleine Giteau soutient, à Paris, sa thèse sur l'iconographie du Cambodge post-angkorien, devient docteur d'État et enseigne à la Sorbonne. Ses nombreux ouvrages, dans la lignée de la prestigieuse École française d'Extrême-Orient, font autorité pour tout ce qui concerne l'art et la civilisation de l'Asie du Sud, car "l'ancien royaume khmer, rappelle-t-elle, couvrait le Cambodge actuel, une grande partie de la Thaïlande et le sud du Laos". » (extrait d'un article de Anne Parlange, Le Télégramme de Brest, 4 avril 2001)

En 1985, Madeleine Giteau prend sa retraite, mais elle est à nouveau solicité en 1990 pour la réinstalation de l'EFEO dans un Cambodge en ruine. Elle y retourne encore en 2000 pour une expertise.


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