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Lokenath Bhattacharya

Poète et romancier bengali (1927-2001)

Il est né à Bhatpara, au Bengale. Son père enseignait le sanskrit. Lokenath Bhattacharya a fait des études de lettres à Vishva Bharati (Shantiniketan), l'université fondée par Rabindranath Tagore, puis à Calcutta et à Paris. Il fut particulièrement remarqué par le poète belge, Henri Michaux qui le fit découvrir en Europe. Homme d'une grande modestie, mélomane averti, admirateur de la littérature française (hormis Michaux, il a traduit Descartes, Rimbaud, Char...), il fut également le directeur du Livre (National Book Trust) en Inde de 1982 à 1985. Ensuite, il s’installe définitivement en France. Il y publie notamment Pages sur la chambre (Fata Morgana, 1976 et 1987), livre qui sera suivi d'une vingtaine d'autres, dont La descente du Gange (Christian Bourgois, 1993), Danse de minuit (éditions du Rocher, 1998) et Où vont les fleuves (Le bois d'Orion 1998) auxquels a été décerné le prix France Culture 1999.

Il est mort accidentellement en avril 2001 lors d’un séjour en Égypte, son véhicule ayant plongé dans le Nil.

« Je suis natif du Bengale, de l'Inde. C'est un pays très spécial. Je crois qu'il est unique. Il y a une dualité inimaginable dans des apparences de langue, de dialecte, dans la musique, les gestes, les réflexes... Un geste dans le nord peut dire oui, et dans le sud le contraire. L'Inde rend les gens différents, on est imprégné d'autre chose.
J'ai vécu presque ma vie entière là-bas. Je ne suis en France que depuis quelques années. Je viens de Bhattpara, qui a la même racine que Bhattacharya et veut dire maître. J'appartiens à une famille qui jusqu'à mon père a enseigné le sanskrit. C'est une famille très traditionnelle. Mon père était un professeur connu, il enseignait dans un collège de Calcutta mais il avait aussi des élèves du monde entier, désirant apprendre le sanskrit. Il était un spécialiste de grammaire et rhétorique sanskrites. Cette langue est une chose énorme. J'ai fait mes études à Shantiniketan, l'université fondée par Tagore. » (début d’un entretien avec l’auteur, pour le matricule des anges, lire la suite)

« Auteur notamment de La Descente du Gange, Le Sacrifice du cheval et Les Marches du vide, Bhattacharya a construit une oeuvre discrète et d'une rare beauté où la violence charnelle se mêle à une inoxydable ferveur prophétique. Depuis Pages sur la chambre (1976), ses recueils sont autant de variations sur l'exploration des infinis. Attentif aux êtres, aux choses, mais aussi obsédé par le silence, Bhattacharya cherche dans la langue une réponse à ce qui le hante : la perception d'une réalité à jamais fuyante. L'attente, l'inachèvement, l'impuissance, l'interrogation face au destin sont des thèmes récurrents. Cet univers parfois noir, surtout flamboyant, à l'essence métaphysique, a fait de lui, selon ses propres mots, "le cousin bengali d'Henri Michaux". Ce dernier le lui a du reste bien rendu. C'est grâce à l'auteur de Connaissance par les gouffres que son oeuvre s'est fait connaître en France et à l'étranger. "Je lui dois tout", reconnaissait dernièrement Batthacharya. » (Le Matricule des Anges, avril 2001)

Sur la Toile

À propos de l’auteur par Joël Vernet, la République des lettres, 1994

Dans BiblioMonde

Lokenath Bhattacharya : Un ouvrage sur l'auteur, par Marc Blanchet

France Bhattacharya , son épouse


- Dictionnaire français-bengali
- Danse de minuit
- Sacrifice du cheval (Le)
- Où vont les fleuves ?
- Danseur de cour (Le)
- Meurtre d'un chien (Le)
- Est-ce le chemin de Bhaironghât ?
- La représentation commence à sept heures et demie

 
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