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Lion Feuchtwanger

Écrivain allemand (1884-1958) connu pour ses romans historiques et son opposition aux nazis

Né en 1884 à Munich, Lion Feuchtwanger a étudié la littérature allemande et la philosophie à l'université de Munich. Il s’est également intéressé aux cultures grecque et indienne. En 1908, Il fonde le magazine culturel Der Spiegel (qui fera paraître 15 numéros). Il débute comme critique de théâtre, puis comme dramaturge (il écrira 18 pièces) et metteur en scène.

En 1912 Il épouse Marta Löffler. Le couple voyage en Suisse et en Italie, puis le sud de la France (1912-1913). En 1914, Lion Feuchtwanger est surpris à Tunis par la déclaration de guerre mondiale. Il est fait prisonnier, mais réussit à s'échapper et rejoint Munich.

Dans années 1920, il se range parmi les pacifistes et les antimilitaristes. Il continue sa carrière théâtrale en collaboration avec Bertolt Brecht, mais se fera surtout connaître pour ses romans historiques. Son roman Le Juif Süss, paru en 1925, connut un grand succès et fut traduit en une vingtaine de langues. Ce livre dénonçait l'antisémitisme ; Lothar Mendes réalisa son adaptation cinématographique en 1934, mais cette version fut malheureusement moins connue que le film de Veit Harlan, réalisé en 1940 dans le cadre de la propagande nazie, qui reprenait le thème du juif Süss à des fins de propagande antisémite.

En 1933, Lion Feuchtwanger séjourne aux États-Unis quand Hitler arrive au pouvoir. Goebbels le déclare « ennemi du peuple allemand », le prive de la nationalité allemande et de son diplôme de doctorat;confiscation de ses biens à Berlin (maison et manuscrits). Lion Feuchtwanger rentre en Europe pour s'installer en France. Il trouve asile à Sanary-sur-mer dans le sud de la France comme beaucoup d'exilés allemands.

En 1935 Il participe au 1er congrès international des écrivains pour la défense de la culture à Paris. Puis Il co-édite avec Bertold Brecht et Willi Bredel, Das Wort, la plus importante publication antifasciste des écrivains allemands en exil. En , 1937 Lion Feuchtwanger se rend à Moscou.

« Il devient l'un des chefs de file des intellectuels allemands qui luttent contre le nazisme : sa maison devient le point de rencontre de l'intelligentsia allemande en exil : outre Bertolt Brecht, Franz Werfel ou Walter Benjamin, on y rencontre aussi Heinrich et Thomas Mann ou René Schickelé. Incarcéré à deux reprises au camp des Milles, près d'Aix-en-Provence, où le régime de Vichy retient sans distinction tous les ressortissants d'Europe centrale, qu'ils soient nazis ou antinazis, il parvient à s'évader et à rejoindre les États-Unis, où il finit ses jours en 1958. Grand admirateur du siècle des Lumières et des valeurs de la Révolution française — l'un de ses romans les plus importants est consacré à Jean-Jacques Rousseau —, il reste l'une des figures les plus flamboyantes d'une littérature qui se veut citoyenne et ne capitule pas devant les coups que l'Histoire porte à la démocratie et aux Droits de l'Homme. » (extrait du site de Jean-Claude Capèle, un de ses traducteurs en français)

Le Diable en France est l'unique récit autobiographique de Lion Feuchtwanger, rédigé après son arrivée aux États-Unis. Il y raconte son internement en 1940 au camp des Milles, installé en toute hâte par les autorités françaises dans une tuilerie désaffectée proche d'Aix-en-Provence; il évoque les humiliations que la France a fait subir à ces Allemands et ces Autrichiens antinazis qui avaient, en 1933, choisi notre pays comme terre d'asile. D'où la cruelle désillusion éprouvée par ces intellectuels de gauche, fervents admirateurs des valeurs humanistes de la France. D’origine juive, de Lion Feuchtwanger préfère fuir l’Europe via le Portugal.

En 1940, il s'installe à Pacific Palissade en Californie, où il publie Exil. En 1948, Il sollicite la nationalité américaine qui lui sera refusée en raison des liens qu’il a pu avoir avec le courrant communiste. Il mourra 10 ans plus tard d'un cancer de l'estomac à l'hôpital du Mont Sinaï de Los Angeles.


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- Guerre de Judée (La)
- Fils (Le)
- Jour viendra (Le)
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- Simone
- Sagesse du fou (La), ou, Mort et transfiguration de Jean-Jacques Rousseau

 
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