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Kiril Kadiiski

Poète bulgare, figure la plus marquante de sa génération

Né en 1947 à Kustendil (en Thrace, Bulgarie), Kiril Kadiiski est le fils d'un instituteur idéaliste opposé au régime communiste. Il a fait des études de lettres achevées en 1971, puis débuté une carrière de journaliste. Il a longtemps travaillé aux éditions Narodna Kultura où il était plus particulièrement chargé des traductions de la poésie française. Il traduit Apolinaire, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé, Cendrars... mais aussi Molière et Hugo en bulgare.

À plusieurs reprises, au cours des années soixante–soixante-dix, Kiril Kadiiski est en conflit avec l’Union des écrivains bulgares. En 1969, il est exclu du Komsomol pour soutien aux « idée occidentale ». Cette liberté d’esprit et d’expression lui vaut le chômage, la censure d’une bonne partie de son premier livre, La Lampe, puis l’interdiction de publier. En 1979, il devient néanmoins rédacteur en chef de la section poésie et théâtre de Narodna Kultura, la maison d'édition nationale. Parallèlement, il fait paraître une douzaine de livres en samizdat entre 1979 et 1989

Après 1989, Kiril Kadiiski crée une revue d'art et de littérature, Nov Zlatorog, puis une maison d'édition du même nom. Récompensé par de nombreux prix nationaux et internationaux, il est aussi le traducteur en bulgare de Villon, Molière, Baudelaire, Verlaine, Mallarmé, Rimbaud, Apollinaire, Cendrars... Membre correspondant de l'Académie Mallarmé, il a publié dans son pays une anthologie de référence de la poésie française : De Villon à Vian. En 2002, il a obtenu le prestigieux prix Max Jacob étranger. Il est membre cofondateur de Cap à l'Est, mouvement des poètes francophones dont le siège est à Bratislava.

Depuis 2003, Kiril Kadiiski dirige à Paris le Centre culturel bulgare.


« Il y a trois villes dans ma vie, les trois piliers sur lesquels repose mon existence : Kustendil, que je considère comme ma ville natale, même si j'ai passé mes cinq ou six premières années dans un village voisin; Sofia, où j'ai vécu les meilleures années de ma jeunesse, celles de mes études, où, avec la poétesse Maria Meranzova, nous avons fondé une famille, élevé nos enfants et où nous voyons aujourd'hui avec bonheur grandir nos petites-filles ; et Paris, la ville de rêve de nombreux artistes, où ma poésie a été traduite et acceptée, où j'ai trouvé amis et camarades d'idées, la ville où j'aime venir à l'automne pour y travailler loin de mes soucis quotidiens. (…)

Mon enfance s'écoula sur les berges de la Struma, le Strymon des Anciens, où le roi Lycurgue accueille, puis chasse de son fameux aiguillon Dionysos et ses bacchantes déchaînées, venus conquérir la Thrace. Quel manque de perspicacité ! Comment ce roi n'a-t-il pas compris que le vin était un don des dieux ? Cela n'a pas empêché les bacchanales de se poursuivre jusqu'à ce jour sur ces terres puisque les Bulgares, probablement les seuls dans le monde chrétien, réussissent à déguiser le dieu antique sous les habits d'un saint orthodoxe, certes un peu enivré ! Eh oui, mon enfance ne fut guère différente de celle que vécurent les enfants du temps des dieux aux pieds de bouc. L'enfance de l'homme ressemble toujours en quelque chose à l'enfance de l'humanité. » (extrait d’un entretien avec Kiril Kadiiski sur RFI, Courrier international, 11 déc. 2003)


Parmi ses œuvres traduites en français


Choix de poèmes (Belfond, 1991), adaptation par Alain Bosquet

Plume de phénix et autres poèmes (Librairie bleue, 1993), adaptation par Nicole Laurent-Catrice

La ville noctambule (Librairie bleue, 1998), adaptation par Alain Bosquet et Marie Vrinat

Sonnets (Fata Morgana, 2000), traduction Sylvia Wagenstein

Les Cinq saisons et autres poèmes traduction Marie Vrinat, adaptation par Jean Orizet (Le Cherche-Midi, 2001)

Temps de sable , traduction Sylvia Wagenstein (L'Esprit des Péninsules, 2001)



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