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Joseph Winckler

Écrivain autrichien originaire de Carinthie qui développe un discours très critique à l'égard de son pays.

Né en 1953 à Kamering, un hameau de vallée de la Drave, dans les Alpes de Carinthie, cette région du sud de l’Autriche qui forme le socle électoral de Jörg Haider. « Je hais trop mon pays pour le quitter », dit ce fils de paysans, élevé dans un fief de l’obscurantisme sous la haute surveillance de l’Église catholique. À dix-sept ans, la lecture de Jean Genet le délivre de sa culpabilité homosexuelle. Il partage sa vie entre son village natal qui constitue le décor principal de la plupart de ses livres, et l'Italie, notamment ses séjours à Rome.

Il est l'auteur de huit romans et d'un essai consacré à Jean Genet. Ses premiers livres forment une trilogie, La Carinthie sauvage (formée de trois récits non traduit en Français : Spécimen humain, Le Laboureur de Carinthie, Langue maternelle) où il développe une vision très critique de son terroir d'origine. Devenu un des écrivain les plus récompensés de son pays, il est aussi un des plus critique envers la société autrichienne.

« Winckler est très tôt confronté à l'hostilité du monde rural qui l'entoure : dans son récit, Le serf, sont dévoilées la brutalité, l'arriération mentale des paysans, leur haine envers les juifs, les homosexuels et tout ce qui n'est pas conforme aux rituels orchestrés par l'église catholique. L'homosexualité de Winckler est donc ressentie comme une provocation majeure, une manière de transgresser l'ordre phallocratique établi, que symbolisent vraiment à ses yeux son père et les autorités religieuses. En mélangeant les niveaux de réalité, en déplaçant les limites de la sexualité, Winckler brouille le discours dominant. Dans un style halluciné, réfractant ses fantasmes d'auto-destruction, où la force des images se répandant à grands flots traduit un sujet, un "je" qui n'est plus une grandeur fixe, il retrouve les accents d'un H.H. Jahnn qui, lui aussi, fait exploser le langage dans ses récits polyphoniques et débouche sur la solitude. Winckler nous livre des images de désespoir, de cauchemar, quelquefois surréalistes. » (extrait d'un article de Joël Vincent, Prétexte)


Parmi ses œuvres

Quand l’heure viendra (Verdier, 2000) , titre original : Wenn es soweit ist. Évoque avec une noirceur cruelle les miséreux des bas-quartiers de Rome. Un réquisitoire baroque contre l'obscurantisme produit par le catholicisme italien.

Cimetière des oranges amères (Verdier,1998), titre original : Friedhof der bitteren Orangen.

Le Serf (Verdier, 1993) , titre original : Der Leibeigene

Shmashana (MEET,1999) traduit par Éric Dortu.


- Quand l'heure viendra
- Serf (Le)

 
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