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José Maria Eça de Queiroz

Le grand romancier portugais du XIXe siècle (1845-1900)

On le présente souvent comme le Balzac ou le Flaubert portugais, toujours est-il que Borges le tenait comme « l'un des plus grands écrivains de tous les temps ».

Né à Povoa de Varzim, petite ville du Nord du Portugal, en 1845, José Maria Eça de Queiroz (ou Queirós) est le fils illégitime d’un magistrat, élevé par ses grands-parents. Il ne sera reconnu par ses parents qu’à l’occasion de son mariage en 1886.

Il étudie le droit à l’université de Coïmbre, puis est brièvement sous-préfet de Leiria. Un voyage en Orient (octobre 1869 - janvier 1870), Malte, Égypte et Terre Sainte, lui permet d’assister à l’inauguration du Canal de Suez et introduit dans ses horizons culturels, encore romantiques, de nouvelles réalités qui changeront plus tard son écriture. Adversaire du romantisme, il est l'initiateur du réalisme littéraire au Portugal.

En 1872, il entre dans la diplomatie et est nommé consul à Cuba l’année suivante. En 1874, il est en poste à Newcastle et à Bristol jusqu’en 1888, année où il devient consul à Paris. Il vit en France jusqu'à sa mort, en 1900, à Neuilly-sur-Seine, au 38, avenue du Roule.

Écrivain du dernier tiers du XIXe siècle, il inaugure le réalisme portugais en réaction contre le romantisme. ). Dans sa conférence « A Nova Literatura » (1871), Eça expose sa thèse du « réalisme comme art ». Admirateur de Flaubert, il trouve un ton très personnel, quelque peu cynique, en une prose à la fois élégante et idiomatique, internationale et unique.

« Le romancier appartenait à la "génération de 70", ce cénacle de l'université de Coimbra, où il avait étudié le droit. Autour du poète Antero de Quental, on y refaisait le monde, on devisait de Proudhon et de Taine, on admirait Garibaldi et soutenait la Commune de Paris. En 1871, au cours des conférences du casino de Lisbonne, Eça avait fait une allocution sur le "réalisme comme nouvelle forme de l'art". Mais les "vaincus de la vie", comme ils s'appelaient, étaient loin d'imposer leurs vues.

Les années passant, Eça a suivi le cours fatal des choses; diplomate, il voyagea ; en 1886, fit un mariage aristocratique et mourut finalement sans avoir pu élaborer Scènes de la vie portugaise, son projet de roman intégral à la manière de la Comédie humaine. Mais jamais il ne renia ses idéaux, ni n'oublia la cruauté des convention sociales : ses parents, mariés plus tard, le tinrent à l'écart pendant toute sa jeunesse. Consul à La Havane, n'avait-il pas pris le parti des coolies chinois exploités ? Et, lors de la recondamnation de Dreyfus, il avouait avoir perdu son "vieil amour latin pour la France". A Paris, où il vécut ses dernières années, Eça ressentait la nostalgie d'un Portugal bucolique. Il ne s'agissait pas d'une réaction, juste d'un retour impossible, comme un regret. » (extrait d’un article de Sean James Rose, Libé, 18 mars 2000)

« Mes romans sont français comme moi en presque tout, sauf un fond sincère de tristesse lyrique, un goût dépravé pour le fado et le juste amour de la morue. » (l'auteur)

Observateur impitoyable fustigeant le vice et l'hypocrisie, souvent intellectuellement proche d'un certain anarchisme, Eça de Queiroz fut aussi vigoureusement critiqué par ceux aux dépens de qui il exerçait son ironie qu'admiré dans le monde entier. Son œuvre se compose essentiellement de romans et de nouvelles, où le réalisme descriptif - proche de celui de Zola - s'allie à une inépuisable verve satirique.

Sur la Toile

Eça de Queiroz l'acide : Sous le prétexte de décrire l'ascension sociale de son héros, le grand romancier portugais se livrait, à la fin du siècle dernier, à un jubilant exercice iconoclaste (Patrick Kéchichian, Le Monde, 28 décembre 1998)

L’album de photo de la vie et l’œuvre de l’écrivain (fr.)

Eça à l'étranger - Les 25 ans derniers
Traduction et critique (fr.)

La fondation Eça deQueiroz (Fundação Eça deQueiroz)

Gustave Flaubert,
par José Maria Eça de Queiros
(fr.) Gazeta de Notícias (Brésil). 1880

Une page sur la vie de l’écrivain (fr.)


Eça et la Lisboa d'autrefois (fr.)

Parmi ses œuvres

Le Mystère de la route de Sintra ( La Différence, 1991), écrit en 1870.

Une Singulière Jeune Fille Blonde (L'ge d'Homme, 1983 - Gallimard, 1997), la nouvelle titre a été écrite en 1874, les autres entre 1874 et 1897

Le Crime du Padre Amaro ( La Différence, 1985 – 2000), écrit en 1875, puis remanié jusqu’en 1880.

La Relique (Arléa, 1992 - Nouvelles Éditions Latines, 1999), écrit en 1877.

La Question de L'Orient : Chroniques de Londres (L'Harmattan, 1994), écrit en 1877-1878.

Tragédie de la Rue des Fleurs (Metaillé, 2000), écrit en 1877-1878 et publié seulement en 1980.

Le Cousin Bazilio : Épisode domestique (La Différence, 1989), écrit en 1878.

Son Excellence : Le Comte d'Abranhos (La Différence, 1998), écrit entre 1871 et 1880.

La Capitale (Actes Sud, 2000), écrit en 1878 et publié en 1905.

Les Maia (1956 - Chandeigne/UNESCO, 1996 - 2000), écrit et publié en 1888.

L'Illustre Maison Ramires (La Différence, 1996 - 1999), écrit en 1894 et publié en 1900.

202, Champs Élysées ( La Différence, 1991 – Gallimard-Folio, 2000), publié en 1901

Le Mandarin (La Différence, 1985 - 1991)

Portraits de Princes (Atlantica, 1997)

Lettres de Paris (Banco Pinto Sotto Mayor, 1997), traduit par Pierre Léglise-Costa (édition bilingue), écrites entre 1888 et 1900.

Écrits sur La France (L'Harmattan, 1998), écrits entre 1888 et 1900.

Alves Et Cie. (La Différence, 2000), publié en 1925.




- Maia (Les)
- Crime du Padre Amaro (Le)
- 202 Champs-Elysées
- Alves et Cie
- Capitale (La)
- Cousin Bazilio (Le)
- Relique (La)
- Singulière jeune fille blonde (Une)
- Son Excellence
- Mystère de la Route de Sintra (Le)
- Illustre maison de Ramirès (L')
- Portraits de princes
- Tragédie de la rue des fleurs (La)
- Mandarin (Le)
- Écrits sur la France
- Question d'Orient (La) : Chroniques de Londres, 1877-1878

 
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