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José Cardoso Pires

Romancier portugais (1925-1996)

Né à São João do Peso, près de Castelo Branco (Bas-Beira), fils d'un officier de marine, il a passé son enfance à Lisbonne. José Cardoso Pires fait d’abord des études de mathématiques (1944) avant de se tourner vers la littérature dans le cadre d’une collaboration avec le supplément littéraire du quotidien brésilien O Globo. Il exerce divers métiers comme vendeur ou interprète (anglais-portugais) pour une compagnie d’aviation. Il s’exile un temps (1959-1961) à Paris, puis au Brésil. À son retour au Portugal, il devient directeur littéraire dans différentes maisons d'édition. Au cours des années 1969-1971, il s'exile une nouvelle fois, à Londres, il enseigne la littérature lusophone au King’s College. Rentré à Lisbonne, José Cardoso Pires reprend la direction de la revue Almanaque (fondée en 1959) et et participe à la création de la Société des écrivains portugais. 1968 dirige supplément littéraire du Diário de Lisboa, il en deviendra directeur adjoint en 1974. Très critique envers la dictature de Salazar, il écrit une longue nouvelle Son Excellence le dinosaure (Dinossauro Excelentíssimo) qui dissèque tous les mécanismes du régime de l’État nouveau. Cette nouvelle parait simultanément à Londres et à Paris (dans la revue Esprit) en 1972. Elle ne sera publiée au Portugal qu’après la Révolution des œillets. José Cardoso Pires est l'auteur de nouvelles, de contes, de théâtre et de plusieurs romans. Il a obtenu le prix Camilo Castelo Branco en 1963, pour L'invité de Job, une critique acerbe des guerres coloniales et du régime de Salazar. En 1995, il est victime d'un accident cérébral, il meurt en 1998.

« Marqué par les manières efficaces, par l'art du discours direct américain, par des romanciers comme Steinbeck, Caldwell, Hemingway... et aussi par Roger Vailland, José Cardoso Pires s'est tenu à l'écart du néoréalisme, même si les préoccupations sociales et politiques sont très présentes dans son oeuvre. » (Patrick Kéchichian, Le Monde, 24 mai 1991)

« Il s’est fait le romancier d’une Lisbonne peu conforme aux stéréotypes que nous proposent depuis quelques années les invitations au voyage des magazines, une Lisbonne à contre-jour, celle des quartiers populaires de Graça et de la place du Campo de Santana, celle de l’avenue Almirante Reis ou des caves de l’avenue de Rome, une Lisbonne un peu suspendue dans la lumière des années 60/70, une Lisbonne des bars et des tavernes, comme celle qu’il décrit au début de La République des corbeaux où un Corbeau-Tavernier devient l’emblème de la ville : "Le corbeau en question s’appelle Vincent. On lui a donné un nom de saint, ce qu’il affectionne au plus haut point, mais il ne s’en montre guère reconnaissant. Il vit dans une des dernières gargotes de Lisbonne, de celles qui, jadis, en plus du vin, vendaient du charbon, du pétrole et des petits fagots de genêts, mais il y a longtemps de cela, c’était à l’époque des fourneaux portatifs et des lampes de cheminée, et, en ce temps-là, lui-même n’était pas encore né.". » (extrait de la notice du Carrefour des littératures)

Sur la Toile

Un site sur l'écrivain : vie et œuvre (port.)

Un autre dossier sur l'auteur (port.)


Parmi ses œuvres

Lisbonne, Livre de bord (Gallimard, 1998)

La république des corbeaux (Gallimard, 1992)

Alexandra Alpha (Gallimard, 1991)

Ballade de la plage aux chiens (Gallimard, 1986)

Le Dauphin (Gallimard, 1970)

L'Invité de Job (Gallimard, 1967 - Autrement, 2000)


- Invité de Job (L')
- Ballade de la plage aux chiens
- Alexandra Alpha
- Lisbonne, Livre de bord
- Dauphin (Le)
- République des corbeaux (La)

 
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