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James Darmesteter

Linguiste spécialiste de l'iranien ancien (1849-1894)


Né à Château-Salins en 1849, frère du linguiste Arsène Darmesteter, James Darmesteter, (Château-Salins 1849-, étudie le sanscrit sous la direction d'Hauvette-Besnault, un des derniers élèves d'Eugène Burnouf et la grammaire comparée auprès de Michel Bréal à l'École des Hautes Études dont il devient directeur en 1892. Sous l'impulsion de Bréal, il se spécialise dans l'étude de l'iranien ancien qu'il professe au Collège de France où il est nommé, en 1885, à la chaire de langue et de littérature perse. On lui doit notamment une traduction qui fait autorité du livre sacré des vieux Persans, le Zend-Avesta, et de nombreuses études sur les religions de l'Iran ancien.

En 1882, il avait succédé à Renan au Secrétariat de la Société asiatique, poste qu'il conservera jusqu'à la fin de sa vie. On lui doit les derniers remarquables rapports annuels sur l'activité de la Société contenant un tableau de la production orientaliste française. James Darmesteter est mort à Maisons-Laffitte en 1894.

« Philologue brillant et historien passionné, il était inscrit dans la grande euphorie scientiste du siècle. Mais autant que ses travaux, sa vie même se présente comme une passerelle entre les cultures : juif et Français, ses origines et son parcours reflètent la problématique de l'intégration des minorités et de l'assimilation culturelle. Après avoir reçu une éducation hébraïque traditionnelle, il s'est d'abord complètement détaché de la communauté juive, adoptant une carrière au service de l'Etat laïc et refusant toute obligation religieuse. Profondément républicain et patriote, il voua un véritable culte à Jeanne d'Arc et à la Révolution, rédigea un manuel scolaire d'histoire patriotique et de nombreux articles passionnés, jusqu'à tomber dans l'excès à la fin de sa vie : dans les années 1890, qu'il vécut comme celles d'une décadence pour le pays, il évolua vers un conservatisme moral et politique qui donna à son patriotisme une teinte nationaliste. » (extrait du résumé du mémoire de maîtrise d'Aurélie Darbour, sous la direction de Patrick Cabanel, 1999, Université de toulouse-Le Mirail)



 
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