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Henri Heine

Poète et journaliste allemand (1797-1856), il joua le rôle de médiateur culturel entre la France et l'Allemagne

Né en 1797 à Düsseldorf sous le nom de Harry Heine, dans une famille de la bourgeoisie juive locale, Henri (ou Heinrich) Heine a fait des études de commerce en vu de reprendre le négoce de drap de son père. Mais, celui ayant fait faillite, le jeune Heine s'oriente vers des études de droit, mais aussi d'histoire et de littérature à Bonn, puis à Göttingen et à Berlin (1821). C'est son riche oncle Salomon qui subvient à ses besoins et l'aidera tout au long de sa vie. En 1817, il publie ses premiers poèmes dans une revue de Hambourg. Il écrit ses premiers articles dans la Rheinisch-Westfälischer en 1822, il y dénonce la paupérisation des ouvriers berlinois en ces débuts de révolution industrielle. En 1824, il publie un essai Sur la Pologne où il dénonce la domination de la noblesse et les discriminations subies par la population juive. En 1825, il se convertie au protestantisme et change son prénom en Heinrich, afin d'avoir accès aux profession juridiques réservées aux chrétien. En 1824, il publie Voyage dans le Hartz, un essai critique et satirique notamment sur la ville de Göttingen et son université. L'interdiction du livre en Basse-Saxe ne fait qu'accroître sa notoriété. En 1825, il est docteur en droit, mais n'obtient pas l'autorisation de devenir avocat. Il décide de se consacrer à l'écriture.

En 1826, il fait paraître un premier volume de Tableaux de voyage chez Julius Campe, un éditeur de Hambourg. L'année suivante, le second volume critiquant le despotisme et faisant l'éloge de Napoléon, fait de lui le chef de file de la jeunesse libérale. Mais le risque de poursuites judiciaires l'oblige à s'exiler quelques mois en Angleterre en 1927. Il y découvre les dégâts sociaux de la révolution industrielle. Désormais auteur à succès en Allemagne, il signe des articles dans des journaux libéraux bavarois. Mais, Heinrich Heine se heure vite à la xénophobie de certains libéraux allemands et au conservatisme du royaume de Bavière. En 1831, le troisième volume de ses Tableaux voyage est interdit en Prusse. Il décide d'émigrer à Paris, pôle d'attraction des libéraux de toute l'Europe. Il y demeurera jusqu'à sa mort.

Très vite, Henri Heine fréquente les principales personnalités de la vie intellectuelle parisienne, notamment les saint-simoniens, mais aussi les républicains. Il propose des chroniques régulières à l'Allgemeine Zeitung d'Augsbourg qui les lui paye confortablement (1831), mais ses textes les plus virulents sont censurés. Il écrit aussi pour des revues littéraires françaises. En 1833, il publie De la France, recueil traduit de ses articles censurés, et, en 1835, De l'Allemagne, un panorama de la culture allemande qui ne connaît qu'un succès médiocre. La même année, ses écrits sont interdit dans tous les États allemand, comme ceux d'autres auteurs libéraux. Ruiné, sa popularité au plus bas, il reprend en 1840 ses chroniques pour Allgemeine Zeitung. Ses articles seront repris en 1854 dans Lutèce.

En 1848, son état de santé se dégrade fortement. Heine est septique vis à vis de la révolution, il ne croit pas en le suffrage universel. Sa vision de l'histoire s'assombrit. Il continue à écrire des fables, des poèmes, des essais qui finissent par bien se vendre. Ses œuvres complètes sont publiées en douze volumes aux éditions Lévy de 1855 à 1857. Il meurt en février 1856 et repose au cimetière Montmartre. (source : Patricia baudouin, présentation à Lutèce)

Sur la Toile

Un site sur l'écrivain (all.)


- Lutèce
- De l'Allemagne

 
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