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Guillaume Apollinaire

Poète français (1881-1918)

Né à Rome en 1881, Apollinaire de Kostrowitzky est le « fils d’une grande dame polonaise et d’un militaire italien (sinon de l’évêque de Monaco, comme il l’affirmait volontiers), Guillaume (ou Wilhelm) fit ses études dans divers collèges de Monaco, Cannes et Nice, villes dans lesquelles sa mère tentait de renflouer sa fortune au casino. Déjà attiré par la poésie, le jeune homme vint à Paris en 1898, mais n’y demeura que peu de temps. Contraint de travailler pour vivre, il avait dû accepter, en effet, une situation de précepteur en Allemagne. De retour à Paris, il vécut d’abord d’un modeste emploi dans une banque, avant de se lancer dans le journalisme et de compiler d’innombrables travaux de librairie, parmi lesquels on trouve surtout des ouvrages érotiques (Les Mémoires d’un jeune Don Juan, 1905).

Ami de Jarry, Rousseau, Max Jacob et Picasso, il avait fondé, entre temps, une revue, Le Festin d’Ésope où parurent les œuvres les plus audacieuses de l’époque. En 1909 paraît L’Enchanteur pourrissant, vieille légende modernisée où s’affirme avec bonheur le prodigieux talent d’artiste de la prose qui caractérise ce poète. L’année suivante voit l’impression de L’Hérésiarque et Cie, contes fantastiques dont la vigueur de traits annonce les premiers poèmes d’Apollinaire, parus en 1911, sous le titre de Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée. En cette même année 1911, un bref séjour à la Santé trouvera un écho, en 1913, dans les plus beaux poèmes d’Alcools, son chef-d’œuvre lyrique.

La guerre vint l’arracher à sa tâche de poète et de critique d’art. Apollinaire, de nationalité étrangère, s’engagea dans l’artillerie, puis dans l’infanterie, et fut grièvement blessé à la tête en mars 1916. Rentré à Paris, il publia encore Le Poète assassiné (1916), assista à la représentation de son drame surréaliste, Les Mamelles de Tirésias (1918) et mourut le 9 novembre 1918, de la « grippe espagnole » et des suites de sa blessure. Calligrammes, recueil des poèmes écrits par Apollinaire dans les tranchées, parut peu de temps après. » (Notice du Dictionnaire des auteurs français, Seghers, 1961).


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