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Gilles Perrault

Écrivain et journaliste de gauche, Gilles Perrault est connu pour Le pull-over Rouge, un livre qui a pesé en faveur de l’abolition de la peine de mort en France dans les années 1970, puis pour Notre Ami le roi, un ouvrage qui a provoqué un net assouplissement de la dictature marocaine d’Hassan II dans les années 1990. Il est aussi, pendant la même période, un militant actif contre l’extrême droite en France.

Gilles Perrault, Jacques Peyroles de son vrai nom, est né en 1931 en Normandie. Il a fait des études à l'Institut d'études politiques de Paris. En 1956, il fait son service militaire dans les parachutistes en Algérie. De cette expérience, il en tirera un livre Les Parachutistes. Devenu avocat, il évoluera ensuite vers la gauche et se rapprochera du Parti communiste.

L’auteur écrit beaucoup, des romans, des romans policiers mais surtout plusieurs livres d’investigations historiques sur la Résistance française durant la seconde guerre mondiale, publiés chez Fayard. Ce sont ces livres qui le feront connaître. Il deviendra un auteur à succès avec Le pull-over rouge où l’écrivain se fait aussi journaliste et avocat, puis avec Notre ami le roi, un ouvrage qui va provoquer un refroidissement des relations avec le Maroc, mais permettra de sauver de nombreux condamnés enfermés dans les bagnes du Maroc.

Il intervient dans politique français à la fois comme militant anti-extrême droite (il est membre fondateur de Ras l’front) et comme partisan d’une Europe des régions. Il est un temps proche des nationalistes basques et figure sur la liste « Régions et peuples solidaires » conduite par l’indépendantiste corse Max Siméoni aux élections européennes de 1994.

Plus récemment, il participe au combat contre la dictature Ben Ali en Tunisie en créant un Groupe de travail sur la Tunisie, GTT auquel participe Mgr. Jacques Gaillot, l'éditeur François Gèze, le professeur Albert Jacquard, universitaire…



Parmi ses œuvres

Checkpoint Charlie  (Fayard, 2009) : quatre années d’intenses combats croisés, au temps du Mur de Berlin.

 L’ombre de Christian Ranucci  (Fayard, 2006) : L’affaire du pull-over rouge 1974-2006

Le soldat perdu (Agnès Viennot, 2003) : roman

 Les jardins de l’observatoire  (Fayard ,1995 puis Le livre de poche, 1996) : L’histoire d’engagement dans la Résistance, notamment celle de ses parents. Une minutieuse enquête sur la façon dont les uns et les autres traversèrent la guerre.

 Les gens d’ici  : Sainte-Marie-du-Mont, village du bord de la Manche, a vu défiler l'histoire de France : débarquement en l'an 900 des Vikings, la guerre de Cent Ans, les guerres de religion, les révolutions, l’Occupation, l’arrivée des Alliés sur la plage baptisée depuis Utah Beach... Alternant tableaux historiques et croquis d’aujourd'hui.

 Notre ami le roi  (Gallimard, 1990) : Un réquisitoire contre le régime du roi Hassan II et la complaisance de la France à son égard.

 Le dérapage  (Mercure de France, 1987 et réédité en Folio, 1989) : Il s’agit d’un huis clos entre un avocat et son client qu’il a réussi à faire acquitter, convaincu de son innocence. Il a employé tous les moyens, même le faux témoignage pour le disculper et il y est parvenu. L’homme emmène son avocat dans l'appartement de ses parents assassinés, là où s'est déroulé le drame. Tout se passe en une nuit pleine de rebondissement. Ce roman a été adapté (librement) au cinéma (Un crime, de J. Deray, avec Alain Delon).

 Le pull-over rouge  (1978) : Un livre, sous forme de contre-enquête, sur l'affaire Ranucci, l’avant-dernier guillotiné de France dont la culpabilité demeure sujette à caution. Minutieusement, Gilles Perrault explore un dossier bourré de contre-vérités, une instruction menée à la va-vite, des auditions de témoins contradictoires… il parviendra à faire naître le doute de la culpabilité de l’accusé. Ce livre a contribué à faire évoluer l’opinion publique française vers l’abolition de la peine de mort.

 La longue traque  (Fayard, 1975) : Raconte un épisode demeuré obscur de la Résistance, l'histoire de Roland Farjon, résistant, issu d'une puissante famille de Boulogne-sur-Mer, apparenté par sa femme au général de Gaulle et retrouvé mort noyé sans que l’on sache s’il avait été exécuté pour trahison ou s’il s’était suicidé.


 L’Orchestre rouge  (Fayard, 1964) : Le livre porte le nom du réseau de résistants communistes qui réussit à s'infiltrer au cœur de la machine nazie. Dans la postface de l'édition augmentée de l'Orchestre rouge (1989), Perrault explique comment il a eu accès aux archives de la DST pour écrire son livre. Ce livre lui a été commandé par Constantin Melnik, ancien de la DST devenu directeur de collection chez Fayard.


 Les parachutistes  (Le seuil, 1963) : Un ouvrage tiré de l’expérience de l’auteur durant la guerre d’Algérie, une véritable apologie de a mystique « para » qui est encore aujourd’hui un des fondements idéologiques de l’extrême droite française. L’auteur s’en est, depuis, radicalement démarqué. En 1997 il écrivait « Je pensais [que cette guerre m']inscrivait dans la lignée des parachutistes de la France libre. Absurdité confondante, naturellement, sottise absolue ! Les bérets rouges de la France libre libéraient leur pays occupé, tandis que nous, nous allions opprimer un peuple aspirant à l'indépendance » Gilles Perrault, le Goût du secret, Arléa, 1997.


Sur la Toile

Un week-end chez Gilles Perrault : un reportage de Chris Kutschera


Sa position à propos du procés Papon




- Notre ami le roi
- Le pull-over rouge
- Un homme à part
- Les Parachutistes
- L’ombre de Christian Ranucci

 
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