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Emir Kusturica

Cinéaste yougoslave, devenu serbe
Deux fois lauréat de la Palme d’Or au Festival de Cannes.

Né en 1954 à Sarajevo, à l'époque de la Yougoslavie socialiste, dans une famille musulmane, Emir Kusturica a fait ses études de cinéma à Prague. De retour au pays, il travaille à Sarajevo pour la télévision.
Son film Café Titanic, tiré d’une nouvelle d'Ivo Andrić, remporte le premier prix du Festival de la télévision yougoslave (1980). C'est aussi l'année de son premier long métrage de cinéma Te souviens-tu de Dolly Bell ? coécrit avec le poète bosniaque Abdulah Sidran (Lion d’or de la première œuvre à la Mostra de Venise et prix de la critique du Festival du film international de São Paulo).

En 1985, son second film Papa est en voyage d'affaires, toujours avec Abdulah Sidran pour co-scénariste, évoque l’arbitraire politique du régime de Tito. Il remporte la Palme d’or au Festival de Cannes. Emir Kusturica n'a que 31 ans. Cette révélation lui ouvre les portes des studios américains où il tourne Arizona Dream, alors que débute le conflit yougoslave. Ce film obtient l’Ours d'Argent au Festival de Berlin en 1993. Rentré en Yougoslavie, le conflit lui inspire Underground, bouffonnerie désespérée qui lui vaut une seconde Palme d’or à Cannes (1995). En même temps, le cinéaste, reniant ses origines bosniaques se rapproche du régime de Slobodan Milosevic, qu'il soutiendra jusqu'au bout. La Vie est un miracle (2004) évoque le conflit bosno-serbe du point de vue d’un Serbe de Bosnie, chassé de ses terres par les Bosniaques.

Emir Kusturica se déclare aujourd'hui serbe. En 2005, il s'est fait baptiser orthodoxe, et comme tout nouveau converti a tendance à faire de la surenchère dans l'affirmation de sa nouvelle identité nationale. Pour son adaptation du Pont sur la Drina, il a construit, près de Višegrad, une partie de la ville décrite par Ivo Andrić, destiné à devenir un musée d'une identité serbe idéalisée.


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