BiblioMonde

Desmond Tutu

Prélat sud-africain noir, prix Nobel de la paix

Né en 1931, à Klerksdorp dans le Transvaal, Desmond Tutu fait ses études à Johannesburg. Il songe d’abord devenir médecin, mais les études sont trop coûteuses pour ses parents. Il enseigne pendant trois ans (1954-1957) au Collège Bantou Normal, mais fini par démissionner pour protester contre la mauvaise qualité de l’éducation dispensée aux noirs.

Desmond Tutu s’oriente vers la théologie. Il est ordonné pasteur de l’église anglicane en 1961. Il devient l'aumônier de Fort Hare, l'université réservée aux Noirs dans le bantoustan du Ciskei, ou une grande partie des leaders actuels ont fait leurs études. et obtient une maîtrise en théologie au King’s College de Londres en 1966. De retour en Afrique du Sud, il est professeur de théologie, avant de passer encore trois ans en Angleterre (de 1972 à 1975) où il est vice-directeur d’un institut de théologie.

En 1975, Desmond Tutu est le premier Sud-africain noir à être nommé doyen du diocèse de Johannesburg. De 1976 à 1978, il occupe le poste d’évêque du Lesotho et, en 1978, il devient le premier secrétaire-général noir du Conseil œcuménique sud-africain. En 1986, il est nommé archevêque de l'église anglicane du Cap, une nomination qui a fait grand bruit. Desmond Tutu s'acharne à dénoncer avec beaucoup de vigueur les violations des droits de l'homme en font déjà un homme célèbre, honni des dirigeants de l'apartheid.

« Dès lors, l'évêque au visage rayonnant n'a qu'une seule idée en tête : mobiliser les églises membres du Conseil dans une action pacifique commune en faveur de l'égalité raciale. Il organise des protestations contre la ségrégation et des campagnes de boycottage dont celle du charbon sud-africain, il milite pour des écoles communes ainsi que pour l'abolition des pass-laws qui réglementent les déplacements de la population noire… Et devant son auditoire, il s'érige autant en pourfendeur des "blancs" soutenant l'apartheid que de ses frères "noirs" enclins à la vengeance. Bref, sa pastorale s'appuie essentiellement sur l'appel évangélique à l'Amour du prochain, au pardon et à la réconciliation. Et c'est en juste reconnaissance de son inlassable combat pacifique qu'il reçoit en 1984 le prix Nobel de la paix... » (extrait d’un article de Fraternet)

L’archevêque Tutu, qui représente une autorité morale, était un des personnages clé dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud.

En 1995, « Nelson Mandela, dont il est très proche, lui demande de diriger les travaux de la Commission. Il le fera avec la rigueur qui l'a toujours caractérisé, ne mâchant ni ses mots ni ses critiques, y compris vis-à-vis de ses amis. C'est ce qui l'a amené à dénoncer le montant, exorbitant, selon lui, du salaire des députés du Parlement et le commerce des armes que le nouveau pouvoir sud-africain a développé. C'est avec la même rigueur qu'il ne ménage aucune des parties impliquées dans le rapport final de la Commission. » (extrait d’un article d’Anne Dissez, L’Humanité, 30 Octobre 1998)

Les travaux de la Commission ont étés publiés en octobre 1998.


Sur la Toile

Desmond Tutu : sans réconciliation, pas de paix et de stabilité (un entretien avec l’Humanité, 30 Avril 1997)

Apartheid en Terre Sainte par Desmond Tutu (traduit du Guardian, 29 avril 2002)


- Il n'y a pas d'avenir sans pardon

 
© BiblioMonde.com