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Désiré Charnay


Explorateur et photographe français (1828-1915)


Claude-Joseph-Le-Désiré Charnay, dit Désiré Charnay, est né en 1828 à Fleurie (Rhône) dans une famille aisée de négociants en vins et de banquiers. Il fait des études de Lettres à Paris, puis séjourne en Allemagne et en Angleterre pour y apprendre des langues étrangères. Il prend très tôt le goût des voyages. En 1850-1851, il enseigne le français dans un collège de la Nouvelle Orléans. Il est de retour à Paris en 1853 où il s’initie à la photographie. En 1857, il soumet au ministère de l'Instruction publique, le projet d'un tour du monde photographique dont la première étape serait le Mexique. Le projet est accepté, il s’embarque en avril 1857 avec deux collaborateurs. Après une escale à Boston, ils arrivent à Veracruz en novembre 1857. Le pays est en pleine guerre civile. Désiré Charnay s’installe à Mexico et organise une expédition vers le Yucatan, via l’Oaxaca. Au retour, soupçonné d’espionnage, il est arrêté par des soldats qui brisent tous ses clichés et anéantissent plusieurs mois de travail (1858). En 1859, il repart en expédition : Oaxaca où il rencontre Benito Juarez, puis le Yucatan et les marais du Tabasco… Il est de retour en France en 1861 et fait paraître son ouvrage fameux Cités et ruine américaines en 1863 assorti d’une introduction de Viollet-le-Duc.


« Après huit mois aux États-Unis et au Canada, le voilà fixé pour trois ans au Mexique, où il entretient, à Mexico, des activités commerciales de photographe portraitiste et paysagiste, tout en préparant ses expéditions vers les sites historiques : Mitla, Uxmal, Teotihuacán, Palenque...
Ambitieux, Charnay a choisi d'opérer avec des plaques de verre grand format. Sa caravane crapahute avec deux tonnes de matériel à travers les espaces vierges. Les températures extrêmes, l'humidité, la poussière, le poussent à tester des procédés expérimentaux parfois désastreux. Dans le meilleur des cas, il exécute une huitaine de négatifs par jour, chaque reproduction demandant facilement trois essais successifs. Un travail colossal. En couronnement duquel, en 1859, les militaires mexicains l'arraisonnent, et, le prenant pour un espion (peut-être pas entièrement à tort), détruisent la totalité de ses plaques et de ses notes. Il recommence. » (extrait d’un article d’Ange-Dominique Bouzet, Libération, 28 février 2007)

« Charnay est surtout photographe lors de son premier voyage au Mexique. Et archéologue lors des suivants, ramenant 1 600 objets (certains exposés au Quai Branly) et des centaines de moulages de bas-reliefs, statues, etc. L'archéologue était - est toujours - jugé fantaisiste. "Il collait ses convictions à ce qu'il voyait, ce n'est pas très scientifique", explique Adam Sellen. Il n'admettait pas qu'une civilisation aussi sophistiquée soit aussi ancienne. Aujourd'hui, les spécialistes de l'époque précolombienne, plus que ses portraits d'Indiens, vantent la valeur documentaire de ses images. Car Charnay a vu des sites désormais disparus.

Ainsi, une tête immense sculptée dans la roche, à Izamal, est introuvable. Pillages, dégradation ? Dans son récit, Charnay donne une piste : "Les ruines vont se détériorant chaque jour : les Indiens hâtent cet anéantissement déjà trop rapide, et, poussés par une superstition des plus bizarres, ils accourent par bandes des plus lointains villages et s'emparent de ces petites pierres taillées en brique qui composent les mosaïques, persuadés qu'entre leurs mains elles se changeront en or. »
(extrait d'un article de Michel Guerrin, Le Monde, 13 février 2007)

En 1863, Désiré Charnay est photographe de l’expédition de la Compagnie de Madagascar qui s’attarde surtout aux Commores et à la Réunion, faute d’avoir eu l’autorisation du roi malgache de visiter l’intérieur de la Grande île. Au cours de la décennie suivante Désiré Charnay n’effectue ni voyage ni reportage photographique. Il retourne au Mexique vers 1877, puis en Amérique du Sud (Montevideo, Argentine, traversée des Andes jusqu’à Valparaiso. Il publie son récit à son retour à Paris. En 1878, son projet d’expédition dans le Pacifique sud est accepté. Parti de Marseille, il débarque d’abord à Java en juin 1878. Quelques semaines plus tard, il est à Melbourne, puis à Brisbane. En 1880, c’est une nouvelle expédition qui le conduit à nouveau au Mexique, pour des fouille archéologique. Avec Léon Méhédin, Désiré Charnay est considéré comme l’un des précurseur de l’archéologie mexicaine. Se fondant sur les chroniques indigène, il localise Tollan, la capitale mythique des Toltèques et prouve que le monde précolombien avait bien connu la roue… Il est de retour à Paris en 1882. Ses récits de voyage et ses conférences connaissent un grand succès tant en France qu’aux États-Unis. Il est considéré, à l’époque comme un grand américaniste. En 1885, il fait paraître Les anciennes villes du Nouveau Monde où, pour les besoins du récit, il mélange des anecdotes de ses différents voyages.

En 1893, il est à Chicago pour l’exposition universelle. En 1894, il renonce à une expédition qui l’aurait conduit en Arabie, mais en 1895, s’embarque pour le Yémen, mais reste bloqué à Aden. L’administration locale ne l’autorisant à pays à explorer l’intérieur du pays. Il ne fera plus de voyage lointain, mais gardera l’habitude de passer l’hiver à Alger. Il est mort en 1915 à Paris et repose au Père Lachaise.


- Voyage au Mexique

 
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