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Claude Lévi-Strauss

Ethnologue et philosophe (1908-2009), l'un des grands penseurs du XXe siècle, l'un des fondateurs de la pensée structuraliste

Né en 1908, dans une famille française séjournant à Bruxelles, Claude Lévi-Strauss a été élevé en France. Il a fait des études de philosophie (agrégation en 1931) et s'est tourné ensuite vers l'ethnologie. Il a un temps milité au parti socialiste.

En 1934, le directeur de l'École normale supérieure lui propose de partir enseigner la sociologie à l'Université de São Paulo. Claude Lévi-Strauss accepte et il s'installe au Brésil en 1935. De 1935 à 1939, il organise et dirige plusieurs missions ethnographiques dans le Mato Grosso et en Amazonie. Il rencontre les populations indiennes nambikwaras, caduvéos et bororos, et mène ses seules enquêtes de terrain. C'est le récit de ses voyages à l'intérieur de ces sociétés dites « primitives » qu'il racontera, en 1955, dans le livre qui l'a rendu célèbre, Tristes Tropiques.

Claude Lévi-Strauss rentre en France en 1939, il est mobilisé sur la ligne Maginot. Après l'armistice, il est révoqué de son poste d'enseignant en raison des lois anti juive. En 1941, il réussi à quitter la France pour les États-Unis en compagnie d'André Breton. À New York, il enseigne dans divers établissement, notamment à l'École libre des hautes études de New York dont il contribue à la fondation. Et découvre les travaux d'anthropologie de Roman Jakobson. Il a alors l’idée d’appliquer le concept de structure aux phénomènes humains : la parenté. Il s'attache alors à une réflexion théorique sur les systèmes matrimoniaux et il en fera le sujet de sa thèse, qui paraîtra en 1949 : les Structures élémentaires de la parenté. De 1945 à 1947, il est conseiller culturel auprès de l'ambassade de France à Washington.

De retour en France, en 1948, il publie Vie familiale et sociale des Indiens Nambikwara. En 1949, Claude Lévi-Strauss devient sous-directeur du musée de l'Homme, puis directeur d'études à l'École pratique des hautes études, chaire des religions comparées des peuples sans écriture. En 1952, il publie Race et Histoire, puis en 1955, Tristes Tropiques et, en 1958, Anthropologie structurale, un recueil d'articles qui définissent son projet scientifique.


Il est nommé professeur au Collège de France, chaire d'anthropologie sociale, qu'il occupe de 1959 à sa mise à la retraite en 1982. En 1960, il fonde le laboratoire d'anthropologie sociale et, en 1961 avec Emile Benveniste et Pierre Gourou la revue L'Homme qui s'ouvre aux multiples courants de la discipline et à l'approche interdisciplinaire.

Ses travaux sont à l'origine d'une refondation de l'anthropologie dont il expose les principe dans Le Totémisme aujourd'hui (1962) et la Pensée sauvage (1962) et les deux tomes de l'Anthropologie structurale (1958 et 1973). Claude Lévi-Strauss est, avec Emile Benveniste et Georges Dumézil, le fondateur du structuralisme français dont l'influence rayonne durablement dans les sciences humaines.

L'application de ces principes est décliné sur plus de 2000 pages dans les quatre volumes des Mythologiques : Le Cru et le Cuit (1964), Du miel aux cendres (1967), l'Origine des manières de table (1968), et l'Homme nu (1971). Le structuralisme dont il se fait le théoricien influencera tous les domaines de la recherche : aussi bien chez les philosophes, les sociologues, les historiens que chez les spécialistes de l'histoire des religions ou les critiques littéraires.

Il est élu en 1973 à l'Académie française. Il continue à publier après sa retraite en 1982 : Le Regard éloigné (1983), Des symboles et leurs doubles (1989), puis Regarder Ecouter Lire (1993), et poursuit la quête des mythologies avec les "petites mythologiques" - La voie des masques, La potière jalouse, Histoire de Lynx. En mai 2008, une partie de son œuvre est publiée dans la Bibliothèque de la Pléiade. Son centenaire, le 28 novembre 2008, est l'occasion d'un célébration nationale en France.

« Claude Lévi-Strauss est surtout connu pour avoir introduit en anthropologie une méthode empruntée au domaine de la linguistique : le structuralisme. Il ne s'agit plus d'étudier des phénomènes sociaux, les systèmes de parenté ou les mythes par exemple, comme des entités indépendantes ayant une signification propre, mais comme les éléments d'un système organisé, dont les liens seraient révélés par les différences et non les points communs, et d'en tirer des structures de pensée inconscientes communes à tous les êtres humains. » (extrait d'un article de Fabrice Demarthon, Le Journal du CNRS, novembre 2008)

« Le structuralisme n'est pas responsable des abus qu'on commet si souvent en son nom. Que nous soyons linguistes, historiens, ethnologues, nous travaillons tous dans des domaines bien délimités. Le structuralisme sainement pratiqué n'apporte pas un message, il ne détient pas une clé capable d'ouvrir toutes les serrures, il ne prétend pas formuler une nouvelle conception du monde ou même de l'homme; il se garde de vouloir fonder une thérapeutique ou une philosophie. Nous nous considérons plutôt comme des artisans laborieux, penchés sur des phénomènes trop menus pour exciter les passions humaines, mais dont la valeur vient de ce que, saisis à ce niveau, ils pourront peut-être un jour faire l'objet d'une connaissance rigoureuse. » (Claude Lévi-Strauss, Le Monde, 13 janvier 1968).

Des livres sur l'auteur

Claude Lévi-Strauss par Catherine Clément

Le Siècle de Lévi-Strauss


- Tristes tropiques
- Oeuvres
- Saudades do Brasil
- Loin du Brésil

 
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