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Blaga Dimitrova

Poètesse et romancière bulgare (1922-2003)

Née en 1922 à Biala Slatina (Bulgarie), Blaga Dimitrova (Блага Димитрова) a passé son enfance à Veliko Tirnovo dans une famille de musiciens. Elle commence à écrire à l’âge de huit ans. Lycéenne à Sofia, elle se fait remarquer par ses poésies. En 1945, elle sort diplômée en littérature slave de l’université de Sofia. Elle est envoyée à Léningrad par le nouveau régime pour se perfectionner. À l’Institut des jeunes écrivains, elle soutient une thèse intitulée « Maïakovski et la poésie bulgare » (1951). Ses poèmes de l’époque évoquent résistance et la construction du socialisme.

Tout en exerçant des fonctions de rédactrice au sein d'éditions pour la jeunesse, elle écrit des poèmes, romans et essais et traduit du grec ancien, du polonais, du russe, du suédois, de l'allemand et du vietnamien. Sur le plan politique, elle milite contre la guerre du Vietnam où elle s’est rendu à de nombreuses reprises entre 1966 et 1972. À l’époque paraît L'Enfant qui venait du Viêt-nam où elle évoque sa fille adoptive. Mais elle se sent peu à peu étrangère au régime communiste. Sa poésie se fait plus intimiste. En 1966, elle publie son premier roman Voyage vers soi. Peu à peu, elle se fait critique pour « apolitisme » ou pour « modernisme ».

« Engagement civique croissant : il arrive un moment où se taire ne suffit plus. Blaga Dimitrova écrit un roman sur les années staliniennes, Face, qui est publié mais aussitôt retiré des librairie : elle est violemment attaquées. Elle parle librement devant des correspondants étrangers : nouvelles attaques. Elle intervient en faveur de la minorité turque persécutée : la presse l’accuse de "trahison de la patrie". » (Tzvetan Todorov, extrait de la préface de La Mer interdite, Est-Oust)

« Alors que ses livres sont censurés et interdits, sa popularité grandit : les lecteurs font l'apprentissage de la liberté dans ses poèmes. Dans les années 1980, elle participe à la fondation du Club pour la démocratie, premier lieu de contestation ouverte.

Après la chute du mur de Berlin, Dimitrova se trouve (brièvement) propulsée sur le devant de la scène politique, avant de revenir à l'écriture : enfin libérée, non seulement des illusions de jeunesse ou de la censure, mais aussi de l'obligation de défendre une cause. Elle écrit, entre autres, nombre de brefs essais, analyses aiguës de la condition des hommes (et des femmes) modernes. » (extrait d'un article de Tzvetan Todorov, Le Monde, 10 mai 2003)

En 1991, Blaga Dimitrova appuie la grève de la faim des quelque 39 députés qui refusent de signer la nouvelle Constitution. En 1992, elle est élue vice-présidente de la République de Bulgarie, en même temps que l‘ex-dissident, Jeliou Jelev, devient président. Mais déçu de la politique, elle donne sa démission dès 1993. À la fin de sa vie, elle s’occupe d’œuvres humanitaires, notamment comme présidente de la fondation Raïna Kabaivanska, structure d'aide et d'encouragement aux orphelins qui manifestent un don particulier.

Blaga Dimitrova, décédée en mai 2003 à l’âge de 81 ans, est l’auteur de plus de trente recueils de poésie (dont, en traduction française, Qui veille sur la cigogne aveugle, 1990, et La Mer interdite, 1994), de sept romans, de quatre pièces de théâtre, de nombreux essais. Elle a obtenu le prix du Pen-club polonais pour sa traduction de Pan Tadeusz de Adam Mickiewicz ainsi que de nombreuses autres distinctions internationales pour son œuvre de traductrice.

Parmi ses œuvres

 L'Enfant qui venait du Viêt-nam  (Le Seuil, 1973, 1982)

 Déviations  (Rousseau, 1994), traduction de Tchavdar Arnaoudov

 La Mer interdite  (Est-Ouest internationales, 1994), traduction de Véra Marinova, Armand Monjo


- La mer interdite

 
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