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Bernard Kouchner

Médecin et homme politique

Né en 1939 à Avignon, Bernard Kouchner d'un père médecin. Lui-même sera médecin gastro-entérologue à l'hôpital Cochin (Paris). Étudiant en médecine, il a milité au Parti communiste. En mai 1968, il est l'animateur du comité de grève de la faculté de médecine de Paris. Il part ensuite au Biafra (Nigéria) avec le Secours médical français (SMF) qu’il contribue à transformer en Médecins sans frontières (MSF), en 1971. Il enchaîne ensuite les missions : Jordanie (septembre noir), Liban, Syrie, Kurdistan, Tchad, Erythrée, Vietnam, Cambodge, Thaïlande, Uruguay, Pérou (tremblement de terre), Guatemala (tremblement de terre), Salvador, Honduras. En 1979, il lance « Un bateau pour le Vietnam ». La même année, il entre en conflit à la tête de l’organisation humanitaire avec Claude Malhuret et quitte MSF pour fonder Médecins du monde en 1980. Jouant sur les médias, il devient vite le plus médiatique des french doctors. Les missions se multiplient, en Ouganda, au Liban, au Tchad, en Erythrée, au Soudan, en Afghanistan, au Salvador, au Bangladesh...

En 1988, il est secrétaire d'État chargé de l'Insertion sociale, puis chargé de l'Action humanitaire du gouvernement Michel Rocard (Socialiste), puis, en 1991, du gouvernement Édith Cresson (socialiste). En 1992-1993, il est ministre de la Santé du gouvernement Pierre Bérégovoy (Socialiste). Il tente à plusieurs reprises de se faire élire député, sans succès. De 1994 à 1997, il est député européen sur une liste socialiste. En 1998, il quitte le Parti radical de gauche pour adhérer au Parti socialiste.

En 1997-1999, il est secrétaire d'État chargé de la Santé du gouvernement Lionel Jospin (socialiste), puis ministre chargé de la Santé du même gouvernement de 2001 à 2002. En 2002, la rédaction d'un rapport commandé par la société Total, crée la polémique, Bernard Kouchner est suspecté de minimiser certains aspects de la dictature birmane.

En 2002, il est nommé professeur titulaire de la chaire « santé et développement » du Conservatoire national des arts et métiers-CNAM.

Il est de ceux qui font évoluer la notion de le « droit d'ingérence » lancée en 1979 par Jean-François Revel, en un « devoir d'ingérence ». Mais, farouchement atlantiste, Bernard Kouchner n'est pas toujours d'une grande lucidité. En 2003, il est, au nom des droits de l'homme, une des rares personnalités françaises à approuver l'intervention américaine en Irak.

En février 2007, il rejoint l'équipe de campagne de la candidate socialiste Ségolène Royal tout en prônant un rapprochement avec le centre de François Bayrou. Il aurait pu être, avec Michel Rocard et Daniel Cohn-Bendit, un des personnages clé d'une nouvelle formation politique du centre gauche... En mai 2007, il accepte le poste de ministre des Affaires étrangères du gouvernement François Fillon (conservateur), poste qu'il n'avait jamais pu obtenir dans un gouvernement de gauche. Le transfuge saura-t-il imposer ses vues d’homme de gauche, face à un président Sarkozy dont les compétences en politique étrangère sont très limitées ?


- Deux ou trois choses que je sais de nous

 
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